Fondé sur l’hypothèse de la répartition de la population, au nord les maronites et au sud les druzes, ce régime partage le pays en deux districts (caïmacanat), celui du nord administré par un maronite et celui du sud par un druze. Les heurts sont inévitables entre les deux communautés et culminent avec les massacres de 1860.
En mai 1860, un incident entre druzes et chrétiens déclenche les massacres. Les chrétiens sont tués au Liban, dans l’anti-Liban et jusqu’à Damas, ville dans laquelle 5000 chrétiens sont massacrés le 9 juillet. Cet événement conduit les puissances européennes à intervenir, avec à leur tête Napoléon III. Celui-ci, pour des raisons humanitaires et religieuses mais également politiques et d’expansion territoriale, envoie en Syrie mi-août un corps expéditionnaire français de 7000 soldats, sous le commandement du général de Beaufort d’Hautpoul. Mais les troupes françaises doivent limiter leur intervention au littoral et à la montagne libanaise en raison des oppositions des Turcs et de la Grande-Bretagne : tous deux craignent que l’intervention française en Syrie ne provoque des revendications d’indépendance dans l’Empire ottoman. La réaction britannique de protéger l’intégrité territoriale de l’Empire ottoman s’explique par les intérêts qu’elle détient en Syrie mais également par sa volonté de défendre son empire colonial des volontés d’indépendance, notamment en Inde. Les troupes françaises quittent le Liban le 5 juin 1961.
Dans le même temps où sont présentes les troupes françaises au Liban, des négociations diplomatiques sont entamées pour résoudre la crise. Elles s’achèvent le 9 juin 1961 à Constantinople par la signature d’une convention entre le grand vizir Ali Pacha et les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie qui reconnaît l’autonomie du Mont Liban dans l’Empire ottoman.
Bibliographie
Dominique CHEVALLIER, La société du Mont Liban à l’époque de la révolution industrielle en Europe, Geuthner, Paris, 1971, 316 pages.
