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	<title>Les cl&#233;s du Moyen-Orient</title>
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		<title>Les cl&#233;s du Moyen-Orient</title>
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		<title>Exposition au mus&#233;e de l'Arm&#233;e, h&#244;tel des Invalides : &#171; Alg&#233;rie 1830-1962. Avec Jacques Ferrandez &#187;, du 16 mai au 29 juillet 2012</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>

		<description>Du 16 mai au 29 juillet 2012, &#224; l'occasion des 50 ans de la fin de la guerre d'Alg&#233;rie, le mus&#233;e de l'Arm&#233;e, aux Invalides, retrace &#224; travers une exposition intitul&#233;e &#171; Alg&#233;rie 1830-1962, avec Jacques Ferrandez &#187;, 132 ans d'histoire entre la France et l'Alg&#233;rie, de sa conqu&#234;te par les arm&#233;es de Charles X en 1830 &#224; son ind&#233;pendance en 1962. Afin de retracer cette histoire, costumes d'&#233;poque, tableaux, croquis, manuscrits, photographies et images d'archive font revivre, avec un grand soucis d'objectivit&#233;, un (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L101xH150/arton1034-5edd4.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='101' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:101px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Du 16 mai au 29 juillet 2012, &#224; l'occasion des 50 ans de la fin de la guerre d'Alg&#233;rie, le mus&#233;e de l'Arm&#233;e, aux Invalides, retrace &#224; travers une exposition intitul&#233;e &#171; Alg&#233;rie 1830-1962, avec Jacques Ferrandez &#187;, 132 ans d'histoire entre la France et l'Alg&#233;rie, de sa conqu&#234;te par les arm&#233;es de Charles X en 1830 &#224; son ind&#233;pendance en 1962. Afin de retracer cette histoire, costumes d'&#233;poque, tableaux, croquis, manuscrits, photographies et images d'archive font revivre, avec un grand soucis d'objectivit&#233;, un pass&#233; complexe. A cela s'ajoute les planches de Jacques Ferrandez, expos&#233;es tout au long du parcours, tir&#233;es de sa s&#233;rie de bandes dessin&#233;es : &lt;i&gt;Carnets d'Orient&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'exposition est organis&#233;e de fa&#231;on chronologique : elle d&#233;bute avec l'envoi des troupes fran&#231;aises en Alg&#233;rie en 1830, et retrace les grandes &#233;tapes de l'occupation fran&#231;aise en Alg&#233;rie, jusqu'&#224; son ind&#233;pendance en 1962. Ce choix met en lumi&#232;re la fa&#231;on dont, d'une simple exp&#233;dition militaire, la pr&#233;sence fran&#231;aise en Alg&#233;rie s'est transform&#233;e en une colonie de peuplement, ainsi que les nombreuses r&#233;sistances qui ont pu exister. L'exposition se d&#233;roule dans deux ailes diff&#233;rentes du mus&#233;e : la premi&#232;re couvrant les &#233;v&#233;nements de 1830 &#224; 1914 et la seconde ceux de 1914 &#224; 1962.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la premi&#232;re salle, couvrant la p&#233;riode 1830-1840, une chronologie murale rappelant les grandes dates de la conqu&#234;te par la France jusqu'en 1913, est expos&#233;e. Un rappel historique, bref et pr&#233;cis, donne &#233;galement le contexte de la p&#233;riode. On peut contempler des tableaux de Th&#233;odore Gudin (1802-1880) dont &lt;i&gt;le Camp de Staou&#235;li le 14 juin 1830&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;l'Explosion du fort l'Empereur, le 4 juillet 1830&lt;/i&gt; ou encore un tableau de Pierre Julien Gilbert (1783-1860) ayant pour th&#232;me le d&#233;barquement de l'arm&#233;e fran&#231;aise en Alg&#233;rie. Une maquette d'Alger, en relief, montre de quelle fa&#231;on la ville, pourtant fortifi&#233;e, est rapidement tomb&#233;e aux mains de l'arm&#233;e fran&#231;aise. Dans les vitrines sont expos&#233;s de nombreux objets exceptionnels : les cl&#233;s d'honneur de la ville d'Alger, le fusil d'Abd el-Kader, figure de la r&#233;sistance alg&#233;rienne avant sa reddition en 1848.
&lt;br /&gt;La seconde p&#233;riode, allant de 1840 &#224; 1848, &#233;voque &#224; travers des portraits des grandes figures des premi&#232;res heures de la conqu&#234;te fran&#231;aise de l'Alg&#233;rie, &#224; l'instar du Mar&#233;chal Bugeaud ou du duc d'Aumale. De nombreuses cartes permettent &#233;galement au visiteur de mieux comprendre les diff&#233;rentes &#233;tapes de la conqu&#234;te avec tout d'abord la prise d'Alger, puis la maitrise progressive du reste du nord de l'Alg&#233;rie. L'exposition a, par ailleurs, une vis&#233;e p&#233;dagogique : les planches de Jacques Ferrandez, ici expos&#233;es, donnent un aspect ludique &#224; l'exposition, et des explications sur quelques points historiques, accompagn&#233;es de jeux ou de devinettes permettent aux plus jeunes de mieux appr&#233;hender une histoire compliqu&#233;e. Toujours dans un souci de p&#233;dagogie et d'objectivit&#233;, des historiens s'expriment dans des vid&#233;os, apportant leur savoir ainsi que leur expertise sur un point d'histoire : ainsi, les historiens Didier Guignard, dont la th&#232;se soutenue en 2008 portait sur : &#171; L'abus de pouvoir en Alg&#233;rie coloniale, 1880-1914 &#8211; Visibilit&#233; et singularit&#233; &#187;, et Jean-Charles Jauffret, professeur &#224; l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, commentent l'action de la France de 1840 &#224; 1848 en Alg&#233;rie.
&lt;br /&gt;Les troisi&#232;me et quatri&#232;me salles &#233;voquent la p&#233;riode 1848-1870, puis la p&#233;riode 1870-1913. La p&#233;riode 1848-1870 montre comment l'implantation fran&#231;aise en Alg&#233;rie s'est intensifi&#233;e lors de la Seconde R&#233;publique (1848-1852) et du Second Empire (1852-1870). Un portrait d'Abd el-Kader peint par Ange Tissier et dat&#233; de 1852 fait &#233;cho &#224; un premier portrait peint par Marie El&#233;onore Godefroid entre 1830 et 1844. De nombreux documents issus de l'administration fran&#231;aise en Alg&#233;rie illustrent l'organisation du pays par le mar&#233;chal Bugeaud, avec les bureaux arabes. Une salle plus petite est consacr&#233;e aux repr&#233;sentations de l'Alg&#233;rie dans l'orientalisme, avec notamment des &#339;uvres de Th&#233;odore Chass&#233;riau, ainsi que des photographies : celles du P&#232;re Charles de Foucauld avant son assassinat, marchant parmi la population, et une vid&#233;o dat&#233;e de 1913, intitul&#233;e &#171; La journ&#233;e d'une jeune musulmane &#187;. On la voit retirer son voile et d&#233;voiler ses v&#234;tements, &#233;voquer l'islam et pr&#233;parer le couscous, une activit&#233; r&#233;serv&#233;e aux femmes et dont le secret de pr&#233;paration se transmet de m&#232;re en fille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour acc&#233;der &#224; la deuxi&#232;me partie de l'exposition, il faut revenir sur ses pas et entrer dans une aile du mus&#233;e qui fait face &#224; la premi&#232;re. L&#224; sont expos&#233;s les documents retra&#231;ant la p&#233;riode allant de la Grande Guerre &#224; l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie. L'exposition change de nature : les tableaux, nombreux dans la premi&#232;re aile, font place &#224; des photographies, images d'archives provenant de l'INA ou du CNC, ou encore films de propagande, films d'auteur, s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es retra&#231;ant l'histoire de l'Alg&#233;rie. Une constante : les &#339;uvres tir&#233;es de la saga de Jacques Ferrandez, qui agissent comme leitmotiv et fil conducteur de l'exposition.
&lt;br /&gt;Une premi&#232;re salle retrace les &#233;v&#233;nements de 1914 &#224; 1954 : des photographies rappellent l'engagement de soldats alg&#233;riens aupr&#232;s de la France durant les deux guerres mondiales dont plus de 240 000 durant la Premi&#232;re. Des affiches de propagande, invitant le peuple alg&#233;rien &#224; lutter aupr&#232;s de la France, sont &#233;galement expos&#233;es. L'ann&#233;e 1930, celle du centenaire de l'Alg&#233;rie, est bien repr&#233;sent&#233;e : l&#224; aussi les affiches de propagande sont nombreuses, invitant &#224; la f&#234;te, au rassemblement et &#224; l'union de ce pays d&#233;sormais consid&#233;r&#233; par la m&#233;tropole comme un d&#233;partement. Des extraits d'une s&#233;rie de t&#233;l&#233;films, &lt;i&gt;Les chevaux du soleil&lt;/i&gt; (1980), retracent l'histoire d'une famille de colons fran&#231;ais pr&#233;sents en Alg&#233;rie de 1830 &#224; 1962. Pour cl&#244;turer cette p&#233;riode, une salle &#233;quip&#233;e d'un &#233;cran de cin&#233;ma propose des images d'archives in&#233;dites.
&lt;br /&gt;1954 &#224; 1958 : d&#233;bute d&#233;sormais la guerre d'Alg&#233;rie, et pourtant les historiens film&#233;s pr&#233;cisent tout au long de cette partie de l'exposition que cette guerre est encore une guerre &#171; sans nom &#187;. Des photographies, un drapeau du FLN ainsi qu'une carte d'adh&#233;sion &#224; celui-ci retracent le d&#233;but de la guerre. L'exposition n'&#233;vite pas la question de la torture : des historiens y r&#233;pondent. Trois photographies in&#233;dites sont &#233;galement expos&#233;es, prises par Jean-Philippe Charbonnier en 1957 pour le magazine &lt;i&gt;R&#233;alit&#233;s&lt;/i&gt;, pr&#233;sentant des sc&#232;nes de torture. La l&#233;gende pr&#233;cise : &#171; le photographe (&#8230;) a toujours refus&#233; de les publier de son vivant mais a fait &#339;uvre de t&#233;moignage en donnant ses clich&#233;s &#224; la BNF. &#187;
&lt;br /&gt;Pour les ann&#233;es allant de 1958, avec le retour au pouvoir du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, &#224; 1962 avec l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, images d'archives, photographies ainsi qu'affiches de propagande sont nombreuses. Ces derni&#232;res notamment &#233;voquent le r&#233;f&#233;rendum sur l'autod&#233;termination de l'Alg&#233;rie et appellent &#224; voter &#171; oui &#187;, tandis que des prospectus du FLN appellent &#224; voter &#171; non &#187;, estimant que le r&#233;f&#233;rendum ne mettra pas fin &#224; la guerre. Dans la derni&#232;re salle sont expos&#233;s deux destins parall&#232;les : celui des &#171; pieds-noirs &#187; rapatri&#233;s par le gouvernement fran&#231;ais &#224; la suite des accords d'Evian, et celui des Harkis (90 000 r&#233;ussiront &#224; rejoindre la France). Derri&#232;re un panneau blanc, une derni&#232;re alc&#244;ve : l&#224; se trouvent des t&#233;moignages de combattants fran&#231;ais ou de membres du FLN, de pieds-noirs ou de simples t&#233;moins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Cette tr&#232;s belle exposition marque notamment le visiteur par la richesse des objets qu'elle pr&#233;sente : tableaux, photographies ou images d'archives, que l'on voit rarement. Tout au long de l'exposition, les murs sont &#233;maill&#233;s de citations de ceux qui ont particip&#233;, qui ont fait, ou qui ont &#233;t&#233; t&#233;moins de ces 132 ann&#233;es d'histoire commune entre la France et l'Alg&#233;rie. Plus que cela, l'exposition gagne un pari difficile : retracer de fa&#231;on objective, pr&#233;cise et p&#233;dagogique les &#233;v&#233;nements d'un pass&#233; complexe, et dont une partie encore r&#233;cente, peut s'av&#233;rer &#234;tre douloureuse. Les nombreux historiens qui ont &#233;t&#233; film&#233;s, apportant au visiteur leur savoir et leur expertise, renforcent le caract&#232;re objectif d'une exposition con&#231;ue pour &#233;clairer &#224; la fois novices et connaisseurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mus&#233;e de l'Arm&#233;e
&lt;br /&gt;H&#244;tel des Invalides
&lt;br /&gt;129 rue de Grenelle
&lt;br /&gt;75007 Paris
&lt;br /&gt;Tous les jours, de 10h &#224; 18h&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.invalides.org/ExpositionAlgerie/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.invalides.org/Exposition&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>J&#233;rusalem au Moyen &#194;ge : de la conqu&#234;te musulmane au Royaume de J&#233;rusalem (v. 638-1187)</title>
		<link>http://lesclesdumoyenorient.fr/Jerusalem-au-Moyen-Age-de-la.html</link>
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		<dc:date>2012-05-17T17:26:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>J&#233;rusalem, au d&#233;but du Moyen &#194;ge, n'est pas encore la ville-centre qu'elle deviendra par la suite. Reconnue comme la ville sainte par les deux religions monoth&#233;istes de l'&#233;poque, le juda&#239;sme et le christianisme, elle est un centre religieux, mais ni politique, ni culturel ou &#233;conomique. Apr&#232;s la conqu&#234;te musulmane, p&#233;riode qui marque l'implantation de l'islam &#224; J&#233;rusalem, elle demeure une ville de province dans le grand Empire de l'Islam, m&#234;me si elle conna&#238;t un d&#233;veloppement intellectuel important et (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;J&#233;rusalem, au d&#233;but du Moyen &#194;ge, n'est pas encore la ville-centre qu'elle deviendra par la suite. Reconnue comme la ville sainte par les deux religions monoth&#233;istes de l'&#233;poque, le juda&#239;sme et le christianisme, elle est un centre religieux, mais ni politique, ni culturel ou &#233;conomique. Apr&#232;s la conqu&#234;te musulmane, p&#233;riode qui marque l'implantation de l'islam &#224; J&#233;rusalem, elle demeure une ville de province dans le grand Empire de l'Islam, m&#234;me si elle conna&#238;t un d&#233;veloppement intellectuel important et accueille de plus en plus de p&#232;lerins. C'est en fait l'&#232;re des croisades, avec la fondation du royaume de J&#233;rusalem, qui fait de la ville sainte une capitale politique et un v&#233;ritable centre culturel et &#233;conomique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La ville trois fois sainte&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;J&#233;rusalem est pour le peuple juif un centre &#224; la fois religieux et historique, puisqu'elle &#233;tait la capitale du royaume biblique de David et de Salomon, qui y construisit son temple. Dans l'Antiquit&#233;, le Temple de J&#233;rusalem est &#224; la fois le centre de la vie spirituelle juive et la r&#233;f&#233;rence politique, puisqu'un &#201;tat distinct y existe et que la vie de tous les Juifs de la Diaspora est rythm&#233;e par le calendrier du Temple, qui fixe les dates des rituels. Ville de Salomon, elle est la ville sainte des Juifs, et poss&#232;de de plus une dimension identitaire importante pour un peuple souvent pers&#233;cut&#233;. Mais elle est aussi la ville sainte des chr&#233;tiens, puisqu'elle fut le lieu de la mort et de la r&#233;surrection du Christ, que symbolise le Saint-S&#233;pulcre&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le tombeau du Christ.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Enfin, l'islam sanctifie cette ville, lieu de la mont&#233;e au ciel du Proph&#232;te Muhammad. J&#233;rusalem est donc un centre religieux o&#249; cohabitent les trois religions : tous les t&#233;moignages m&#233;di&#233;vaux s'accordent sur la pr&#233;sence d'importantes communaut&#233;s aussi bien chr&#233;tiennes que juives et musulmanes (except&#233; pendant les p&#233;riodes de pers&#233;cution). L'organisation physique de cette ville carr&#233;e, entour&#233;e de remparts, s'en ressent, avec notamment la pr&#233;sence d'un vaste quartier juif au sud de J&#233;rusalem, pr&#232;s du site du Temple (d&#233;truit par les Romains en 70) et des piscines de Siloam o&#249; ils font leurs ablutions rituelles. J&#233;rusalem est d&#233;crite, au moins jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des Crois&#233;s, comme une ville tr&#232;s propre, tr&#232;s vaste, bien organis&#233;e, enti&#232;rement construite en pierre et aux rues pav&#233;es. Des lieux de culte des trois religions monoth&#233;istes pars&#232;ment la ville : on pense entre autres au Saint-S&#233;pulcre et aux nombreuses &#233;glises chr&#233;tiennes (d'autant plus nombreuses que les &#201;glises le sont, en raison des dissensions qui existent au sein de la communaut&#233; chr&#233;tienne d'Orient), au mur des Lamentations et aux synagogues du mont des Oliviers pour la religion juive, au D&#244;me du Rocher et &#224; la mosqu&#233;e al-Aqsa&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='La mosqu&#233;e al-Aksa (terme arabe signifiant &#171; la plus lointaine &#187; et d&#233;signant en r&#233;alit&#233; l'esplanade des Mosqu&#233;es) fut construite au VIIe si&#232;cle, probablement sous le r&#232;gne du calife &#8216;Umar, sur le site du Temple de Salomon ; c'est de cet endroit en effet que le Proph&#232;te Muhammad serait mont&#233; au ciel.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; pour les musulmans. Elle devient aussi, peu &#224; peu, un lieu de p&#232;lerinage, avec l'arriv&#233;e de plus en plus massive de chr&#233;tiens europ&#233;ens &#224; partir du Xe si&#232;cle : l'ann&#233;e 1065 voit la venue &#224; J&#233;rusalem de douze mille p&#232;lerins chr&#233;tiens originaires d'Allemagne et de Hollande. Selon les rapports de rabbins du XIe si&#232;cle, des p&#232;lerinages juifs auraient &#233;galement lieu. Ces p&#232;lerinages favorisent le brassage des populations et la circulation des id&#233;es, faisant de J&#233;rusalem une ville cosmopolite et supportant un vaste d&#233;veloppement intellectuel &#8211; ne serait-ce que sur le plan th&#233;ologique. Si J&#233;rusalem demeure une ville de province, &#233;tendue g&#233;ographiquement mais peu influente du point de vue &#233;conomique et d&#233;nu&#233;e de tout r&#244;le politique, son importance symbolique est donc consid&#233;rable, ce qui est particuli&#232;rement important en un temps o&#249; le politique et le religieux sont quasi indissociables. C'est pourquoi elle sera l'enjeu majeur des croisades : l'appel du pape Urbain II au concile de Clermont le 27 novembre 1095, qui lance la premi&#232;re croisade, met l'accent sur la n&#233;cessit&#233; pour les chr&#233;tiens de reconqu&#233;rir la Ville Sainte et particuli&#232;rement le Saint-S&#233;pulcre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;rusalem et la conqu&#234;te musulmane&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Contr&#244;l&#233;e par l'Empire byzantin depuis 324, J&#233;rusalem conna&#238;t une quinzaine d'ann&#233;es de domination perse entre 614 et 629 avant d'&#234;tre reprise par les Byzantins. Pour peu de temps, toutefois, puisque s'ouvre presque au m&#234;me moment l'&#232;re des grandes conqu&#234;tes musulmanes : la Ville Sainte, appel&#233;e Aelia par les documents musulmans d'&#233;poque, est conquise vers 638 sans combat. Le calife &#8216;Umar garantit aux chr&#233;tiens et aux Juifs la libert&#233; religieuse et le maintien de leurs structures communautaires, en &#233;change d'un tribut. La conqu&#234;te musulmane marque la fin des pers&#233;cutions chr&#233;tiennes contre les Juifs, qui sont officiellement autoris&#233;s &#224; se r&#233;installer &#224; l'int&#233;rieur de la ville, ce qui leur &#233;tait interdit depuis 135 : c'est &#224; ce moment que se cr&#233;e le quartier juif du sud de J&#233;rusalem, qui voit la construction de nombreuses synagogues et centres d'&#233;tudes. Sous les Umayyades et les Abbassides, J&#233;rusalem devient une ville de province sans influence autre que religieuse ; mais l'accord pass&#233; entre Har&#251;n al-Rash&#238;d (calife entre 786 et 809) et Charlemagne (Empereur d'Occident de 800 &#224; 814) encourage les p&#232;lerinages et permet &#224; l'empereur chr&#233;tien d'exercer une sorte de tutelle sur la Ville Sainte et le Saint-S&#233;pulcre, par le biais de dons et d'&#339;uvres pieuses. D&#233;j&#224;, J&#233;rusalem est au c&#339;ur des pr&#233;occupations de la chr&#233;tient&#233; europ&#233;enne, de m&#234;me que la question des chr&#233;tiens d'Orient. Les quatre si&#232;cles de domination musulmane sur J&#233;rusalem permettent aussi l'implantation de l'islam dans la ville, &#224; la fois par des constructions religieuses (dont le D&#244;me du Rocher, b&#226;ti &#224; la fin du VIIe si&#232;cle sur l'ordre du calife &#8216;Abd al-Malik, est un exemple embl&#233;matique) et par l'installation d'une communaut&#233; musulmane renforc&#233;e par un mouvement de conversion &#224; l'&#233;poque umayyade. Toutefois, il semble que J&#233;rusalem ait surtout &#233;t&#233; domin&#233;e par les Juifs et les chr&#233;tiens, m&#234;me pendant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La prise de pouvoir fatimide, en 969, marque le d&#233;but d'une &#232;re plus prosp&#232;re pour J&#233;rusalem : al-Muqaddasi, voyageur et g&#233;ographe musulman n&#233; &#224; J&#233;rusalem, insiste dans son r&#233;cit de voyage sur son essor intellectuel et son cosmopolitisme, qu'il d&#233;crit en ces termes : &#171; &#192; J&#233;rusalem, on trouve toutes sortes d'hommes cultiv&#233;s et de docteurs, et pour cette raison le c&#339;ur de chaque homme intelligent est tourn&#233; vers elle. Tout au long de l'ann&#233;e, ses rues ne sont jamais vides d'&#233;trangers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; par Marie Lebert, La J&#233;rusalem m&#233;di&#233;vale.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. &#187; Avec trente mille habitants, un kilom&#232;tre carr&#233; de superficie et quatre kilom&#232;tres de remparts, J&#233;rusalem conna&#238;t alors son apog&#233;e &#224; l'&#232;re musulmane. En 996, elle entre &#224; nouveau dans une p&#233;riode de d&#233;clin, lors de l'arriv&#233;e au pouvoir du &#171; calife fou &#187;, al-Hak&#238;m, qui pers&#233;cute les chr&#233;tiens, interdit les p&#232;lerinages et ordonne en 1010 la destruction des synagogues et des &#233;glises, y compris le Saint-S&#233;pulcre. &#192; sa mort, la situation s'apaise, les p&#232;lerinages reprennent r&#233;guli&#232;rement et les b&#226;timents de culte sont reconstruits, mais J&#233;rusalem demeure une ville secondaire dans le paysage politique et commercial de l'Orient m&#233;di&#233;val. En 1071, elle est conquise par les Turcs S&#233;leucides, qui occupent d&#233;j&#224; les montagnes de Palestine : sous leur autorit&#233; se d&#233;roulent de nombreux pillages, ran&#231;onnements et pers&#233;cutions des chr&#233;tiens et des Juifs, qui aggravent les pr&#233;occupations des &#201;tats chr&#233;tiens d'Occident. Les Fatimides reprennent la ville en 1098, juste avant l'arriv&#233;e des premiers Crois&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;rusalem et le royaume chr&#233;tien&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re croisade, pr&#234;ch&#233;e par Urbain II en 1095 et m&#234;lant les arm&#233;es de tous les &#201;tats chr&#233;tiens d'Europe &#224; des groupes de p&#232;lerins, a pour but d'assurer la s&#233;curit&#233; du p&#232;lerinage au Saint-S&#233;pulcre. Il s'agit &#233;galement de prot&#233;ger les &#171; fr&#232;res chr&#233;tiens &#187; d'Orient, et de combattre l'islam ; mais le premier objectif est v&#233;ritablement la reconqu&#234;te de J&#233;rusalem, ce qui justifie le sous-titre que donne Jacques Heers &#224; son &#233;tude de la premi&#232;re croisade : &#171; Lib&#233;rer J&#233;rusalem &#187;. Marqu&#233;e par une ferveur religieuse que n'auront pas toujours les croisades suivantes, cette premi&#232;re entreprise se concentre sur le symbole de la Ville Sainte, d'autant que l'association, voire l'amalgame entre la J&#233;rusalem terrestre et la J&#233;rusalem c&#233;leste (le paradis) sont tr&#232;s pr&#233;gnants. La conqu&#234;te de la ville par quinze mille Crois&#233;s, les 14-15 juillet 1099, a pour cons&#233;quence un bain de sang : Juifs et musulmans sont massacr&#233;s sans distinction, et la population passe de trente mille &#224; trois mille personnes. Godefroi de Bouillon, &#224; qui les barons europ&#233;ens offrent la couronne de J&#233;rusalem, refuse de porter une couronne d'or l&#224; o&#249; le Christ porta une couronne d'&#233;pines et prend le titre d'avou&#233; du Saint-S&#233;pulcre. Les Crois&#233;s interdisent tout &#233;tablissement musulman ou juif dans la ville, et font venir des chr&#233;tiens de Syrie, dispens&#233;s de taxes, pour renforcer la pr&#233;sence chr&#233;tienne &#224; J&#233;rusalem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la fondation du Royaume latin de J&#233;rusalem par Baudouin Ier, en 1100, qui fait de la Ville Sainte une v&#233;ritable m&#233;tropole : elle sera le centre du pouvoir franc&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le terme de &#171; franc &#187;, utilis&#233; par les musulmans de l'&#233;poque, d&#233;signe l'ensemble des Europ&#233;ens.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; au Levant jusqu'&#224; sa reconqu&#234;te par Saladin en 1187. Situ&#233;e dans une r&#233;gion aride, J&#233;rusalem est pourtant une terre fertile : l'agriculture et la vigne y sont des &#233;l&#233;ments de prosp&#233;rit&#233; que les Crois&#233;s mettent en valeur gr&#226;ce au syst&#232;me f&#233;odal, import&#233; d'Europe. La ville est prot&#233;g&#233;e par deux ordres de moines-chevaliers qui acqui&#232;rent rapidement une influence immense, les Hospitaliers (ordre fond&#233; en 1109 et install&#233; pr&#232;s du Saint-S&#233;pulcre) et les Templiers (ordre fond&#233; en 1128, qui a ses quartiers pr&#232;s de la mosqu&#233;e al-Aqsa, convertie en &#233;glise), qui d&#233;pendent tous deux directement du Pape. L'autorit&#233; politique sur l'ensemble de la Syrie franque est concentr&#233;e &#224; J&#233;rusalem, en la personne du roi, tandis que l'autorit&#233; religieuse est repr&#233;sent&#233;e au Levant par le patriarche de J&#233;rusalem, m&#234;me si la capitale de la chr&#233;tient&#233; demeure Rome. La concentration des pouvoirs, l'importation de l'administration europ&#233;enne et l'arriv&#233;e de milliers de p&#232;lerins contribuent au d&#233;veloppement &#233;conomique de la Ville Sainte, qui conna&#238;t un v&#233;ritable essor &#224; cette &#233;poque. Elle est reli&#233;e aux autres grandes villes franques par des routes fortifi&#233;es ou prot&#233;g&#233;es par des ch&#226;teaux. Les Juifs, &#224; qui sont r&#233;serv&#233;s certains m&#233;tiers, sont tol&#233;r&#233;s dans la ville ; en revanche, les musulmans sont interdits de s&#233;jour. Toutefois, une petite communaut&#233; musulmane se reforme au fil du temps, lorsque, le pouvoir franc en Orient &#233;tant solidement assis, la ferveur de la guerre sainte laisse place &#224; la tol&#233;rance religieuse. De plus en plus, &#224; mesure que les contacts se multiplient, chr&#233;tiens, Juifs et musulmans apprennent &#224; vivre en bonne intelligence, attitude encourag&#233;e par les mariages mixtes qui se constituent peu &#224; peu &#8211; m&#234;me si les communaut&#233;s restent clairement s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque Saladin reconquiert J&#233;rusalem au nom du calife de Bagdad en 1187, la ville est devenue une m&#233;tropole incontournable tant sur le plan religieux que culturel et &#233;conomique. Elle n'aura pas la m&#234;me importance politique pendant cette nouvelle &#232;re de domination musulmane (qui durera jusqu'au XXe si&#232;cle) mais reste un centre de premi&#232;re importance, dont la reconqu&#234;te a une port&#233;e symbolique tr&#232;s forte pour les musulmans &#8211; ce qui n'&#233;tait pas le cas lors de la premi&#232;re prise de la ville au VIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Anne-Marie Edd&#233;, &lt;i&gt;Saladin&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 2008, 761 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ren&#233; Grousset, &lt;i&gt;Histoire des croisades et du royaume franc de J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Perrin, 2006, 3 vol.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ren&#233; Grousset, &lt;i&gt;L'&#201;pop&#233;e des croisades&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Perrin, 1995, 321 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jacques Heers, &lt;i&gt;La premi&#232;re croisade &#8211; Lib&#233;rer J&#233;rusalem 1095-1107&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Perrin, 1995, r&#233;&#233;d. 2002, 371 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Marie Lebert, &lt;i&gt;La J&#233;rusalem m&#233;di&#233;vale&lt;/i&gt;, &#233;tude r&#233;dig&#233;e dans le cadre du Projet Gutenberg &#224; l'Universit&#233; de Toronto, disponible en Kindle, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Joshua Prawer, &lt;i&gt;Histoire du royaume latin de J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, Paris, CNRS &#201;ditions, 1970, r&#233;&#233;d. 2001, 2 vol.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Guillaume de Tyr, &lt;i&gt;Histoire des r&#233;gions d'outre-mer depuis l'av&#232;nement de Mahomet&lt;/i&gt;, traduit du latin par Fran&#231;ois Guizot, Clermont-Ferrand, &#201;ditions Paleo, 2005, 3 vol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le tombeau du Christ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La mosqu&#233;e al-Aksa (terme arabe signifiant &#171; la plus lointaine &#187; et d&#233;signant en r&#233;alit&#233; l'esplanade des Mosqu&#233;es) fut construite au VIIe si&#232;cle, probablement sous le r&#232;gne du calife &#8216;Umar, sur le site du Temple de Salomon ; c'est de cet endroit en effet que le Proph&#232;te Muhammad serait mont&#233; au ciel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cit&#233; par Marie Lebert, &lt;i&gt;La J&#233;rusalem m&#233;di&#233;vale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le terme de &#171; franc &#187;, utilis&#233; par les musulmans de l'&#233;poque, d&#233;signe l'ensemble des Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Arabie Saoudite sous les rois Khaled et Fadh (1975-2005)</title>
		<link>http://lesclesdumoyenorient.fr/L-Arabie-Saoudite-sous-les-rois.html</link>
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		<dc:date>2012-05-15T10:52:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>En 1975, apr&#232;s l'assassinat du roi Fay&#231;al par l'un de ses cousins, son demi-fr&#232;re Khaled, n&#233; en 1914 et cinqui&#232;me fils d'Ibn Saoud, lui succ&#232;de. Lors de sa prise de pouvoir, sa condition physique est critique, ayant subi une op&#233;ration &#224; c&#339;ur ouvert aux Etats-Unis en 1972. Son &#233;tat de sant&#233; explique la n&#233;cessit&#233; de diversifier les centres de pouvoir sous son r&#232;gne, dans le but de pr&#233;parer la future succession. En 1982, il succombe &#224; une crise cardiaque. C'est alors Fadh, n&#233; en 1923, son demi-fr&#232;re et sixi&#232;me (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/-Mots-cles-.html" rel="directory"&gt;10. Mots cl&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Arabie-Saoudite,1-+.html" rel="tag"&gt;Arabie Saoudite&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/arton1032-2cd0d.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='104' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:104px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;En 1975, apr&#232;s l'assassinat du roi &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Faycal-d-Arabie-saoudite.html' class='spip_in'&gt;Fay&#231;al&lt;/a&gt; par l'un de ses cousins, son demi-fr&#232;re Khaled, n&#233; en 1914 et cinqui&#232;me fils d'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Ibn-Sa-oud.html' class='spip_in'&gt;Ibn Saoud&lt;/a&gt;, lui succ&#232;de. Lors de sa prise de pouvoir, sa condition physique est critique, ayant subi une op&#233;ration &#224; c&#339;ur ouvert aux Etats-Unis en 1972. Son &#233;tat de sant&#233; explique la n&#233;cessit&#233; de diversifier les centres de pouvoir sous son r&#232;gne, dans le but de pr&#233;parer la future succession. En 1982, il succombe &#224; une crise cardiaque. C'est alors Fadh, n&#233; en 1923, son demi-fr&#232;re et sixi&#232;me fils d'Ibn Saoud, qui lui succ&#232;de.
&lt;br /&gt;Sur le plan &#233;conomique, le pays continue de se d&#233;velopper gr&#226;ce aux revenus du p&#233;trole, am&#233;liorant les infrastructures, mais sur le plan politique, la modernisation des institutions est plus lente. Concernant les relations ext&#233;rieures, l'alliance avec les Etats-Unis n'est jamais remise en question, mais elle est fortement contrebalanc&#233;e par l'amiti&#233; panarabe et parfois mise &#224; mal par l'essor de l'extr&#233;misme religieux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le r&#232;gne du roi Khaled : prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique et inqui&#233;tude li&#233;e aux conflits r&#233;gionaux (1975-1982)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'exemple de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le roi Khaled se nomme lui-m&#234;me Premier ministre ainsi que ministre des Affaires &#233;trang&#232;res. Il laisse cependant &#224; son h&#233;ritier, le prince Fadh, une grande partie des pouvoirs minist&#233;riels et en premier lieu le poste de ministre de l'Int&#233;rieur. Ce partage du pouvoir ne cr&#233;e n&#233;anmoins pas de nouvelle rivalit&#233; fraternelle comme &#224; l'&#233;poque de Saoud et Fay&#231;al, vingt ans auparavant, car d'autres centres du pouvoir ont pris de l'importance et font contrepoids. En effet, si sous Fay&#231;al certains princes avaient des fonctions officielles, le pouvoir du roi les emp&#234;chaient d'imposer leurs vues : ce n'est plus le cas sous Khaled. Ainsi, le prince Sultan (qui aurait d&#251; h&#233;riter du tr&#244;ne apr&#232;s l'actuel roi Abdallah s'il n'&#233;tait mort &#224; 86 ans en 2011) est ministre de la D&#233;fense de 1962 &#224; sa mort, de m&#234;me que l'actuel roi Abdallah qui dirige la Garde Nationale de 1963 &#224; son accession au tr&#244;ne en 2005. Le Conseil des ministres se divise donc en deux groupes de pression : d'une part les partisans du prince h&#233;ritier et vice-Premier ministre Fadh ; d'autre part ceux d'Abdallah, second vice-Premier ministre et par cons&#233;quent &#233;galement second en ligne pour la succession au tr&#244;ne. Le roi Khaled a alors pour r&#244;le essentiel de temporiser, m&#234;me si les princes Fadh et Abdallah ne sont pas en rivalit&#233; ouverte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#232;gne de Khaled est &#233;galement l'&#233;poque o&#249; les diff&#233;rents conseils et commissions gagnent en importance et en premier lieu le Conseil sup&#233;rieur du p&#233;trole. Parall&#232;lement, c'est le d&#233;but de l'&#232;re des technocrates, tant aristocratiques (membres de la famille royale qui se sont sp&#233;cialis&#233;s dans un domaine), que de &#171; pure souche &#187; (membres issus des classes moyennes voire populaires et se sont &#233;lev&#233;s dans la hi&#233;rarchie sociale gr&#226;ce &#224; leurs comp&#233;tences). N&#233;anmoins, malgr&#233; ces nouveaux centres du pouvoir, les d&#233;cisions sont prises par le souverain dont l'objectif est de poursuivre l'&#339;uvre de son fr&#232;re Fay&#231;al, tant sur le plan &#233;conomique que diplomatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il profite ainsi de la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique offerte par le premier choc p&#233;trolier de 1973 pour am&#233;liorer les infrastructures du pays lors du plan quinquennal de 1976 &#224; 1980 : sa principale r&#233;alisation &#233;tant l'am&#233;lioration de l'approvisionnement en eau (construction de barrages et d'usines de dessalement). Il cr&#233;e &#233;galement l'ol&#233;oduc transarabique qui permet de transporter 100 millions de tonnes de p&#233;trole des champs de l'est du pays au port de Yanbu en &#233;vitant le Golfe persique qui n'est pas enti&#232;rement sous contr&#244;le saoudien. Quant au port de Yanbu, il devient un important p&#244;le de d&#233;veloppement dans la r&#233;gion. Le roi poursuit &#233;galement l'&#339;uvre de son fr&#232;re dans le domaine de l'&#233;ducation et de la sant&#233; (cr&#233;ation d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux), et dans celui de l'urbanisation, ayant pour cons&#233;quence de s&#233;dentariser les B&#233;douins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, toutes ces avanc&#233;es sociales ne sont pas suivies d'une plus grande ouverture politique et le m&#233;contentement populaire se fait rapidement entendre, de mani&#232;re brutale, profitant du climat de r&#233;volution dans la r&#233;gion. En effet, les opposants reprochent &#224; la famille royale trois choses : son laxisme religieux, son capitalisme d&#233;brid&#233; et ses liens avec les Etats-Unis, alli&#233; d'Isra&#235;l. Ainsi, le 20 novembre 1979, un groupe d'extr&#233;mistes islamistes arm&#233;s envahit la Grande Mosqu&#233;e de La Mecque au moment de la pri&#232;re du matin. D&#233;bute alors pendant deux semaines un si&#232;ge meurtrier (plusieurs centaines de morts selon les diff&#233;rentes sources) qui prend fin avec l'intervention du GIGN fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour plus d'information sur ce si&#232;ge, se reporter &#224; Trofimov Yaroslav, The siege of Mecca, Londres, Penguins Books, 2007.' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.
. S'en suit une r&#233;pression violente et un retour &#224; des m&#339;urs religieuses plus strictes, en particulier concernant les droits des femmes (elles ne peuvent par exemple plus &#234;tre pr&#233;sentatrices t&#233;l&#233;visuelles ni &#233;tudier &#224; l'&#233;tranger). Cette m&#234;me ann&#233;e, &#224; la suite de la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/La-revolution-iranienne-a-trente.html' class='spip_in'&gt;r&#233;volution de l'ayatollah Khomeiny&lt;/a&gt; en Iran, un soul&#232;vement de la minorit&#233; chiite de l'est de l'Arabie saoudite est d&#233;clench&#233;. A cela s'ajoutent les accords de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Conference-de-Camp-David.html' class='spip_in'&gt;Camp David&lt;/a&gt; sign&#233;s entre Isra&#235;l et l'Egypte de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Anouar-al-Sadate.html' class='spip_in'&gt;Sadate&lt;/a&gt; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente (1978). Ces accords placent l'Arabie saoudite dans une position inconfortable entre le camp du prince Abdallah consid&#233;r&#233; comme &#171; pro-arabe &#187; et qui veut faire front avec les autres Etats de la r&#233;gion contre l'Egypte, et le camp du prince Fadh qui souhaite all&#233;ger les mesures prises contre l'Egypte afin de rester dans les bonnes gr&#226;ces des Am&#233;ricains. Fadh envisage d'aller plus loin lorsqu'il propose en 1981 un plan de paix entre Isra&#235;l et la Palestine, plan qui &#233;voque pour la premi&#232;re fois le droit d'exister d'Isra&#235;l. Le plan est finalement refus&#233; par Isra&#235;l mais certains pays arabes y ont port&#233; un r&#233;el int&#233;r&#234;t. L'influence de la diplomatie saoudienne est &#233;galement visible cette m&#234;me ann&#233;e 1981 lorsque Fadh se propose comme m&#233;diateur dans la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Guerre-civile-libanaise.html' class='spip_in'&gt;guerre civile libanaise&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;alisations du roi Khaled sont visibles tant sur le plan &#233;conomique qu'international. Cependant, &#224; la suite de son r&#232;gne bref, son successeur doit se pr&#233;occuper des revendications populaires, sous peine de conna&#238;tre de nouvelles vagues de protestation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le r&#232;gne du roi Fadh : religion, pressions ext&#233;rieures et d&#233;but d'une ouverture politique (1982-2005)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le plan gouvernemental et minist&#233;riel, l'arriv&#233;e de Fadh ne modifie pas l'organisation du pouvoir. Abdallah (Garde Nationale) et Sultan (D&#233;fense) restent en fonction, et la division du pouvoir demeure la m&#234;me : le roi Fadh s'occupe de la politique internationale et Abdallah des affaires r&#233;gionales. La question des relations avec le Y&#233;men est n&#233;anmoins trait&#233;e par le prince Sultan, consid&#233;r&#233;e comme d'ordre militaire et de d&#233;fense et non d'ordre diplomatique. En effet, depuis la reconnaissance de la division du Y&#233;men en 1970, Riyad se m&#233;fie tant d'Aden que de Sanaa (les deux capitales rivales).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les questions de politique ext&#233;rieure ne divisent pas r&#233;ellement, la politique int&#233;rieure en revanche pose probl&#232;me. En effet, Abdallah est li&#233; aux grandes tribus et aux leaders religieux, le rendant prudent sur les changements soci&#233;taux li&#233;s au d&#233;veloppement &#233;conomique. Fadh pour sa part croit &#224; l'autor&#233;gulation sociale, aux lois du march&#233; et au d&#233;veloppement rapide. Alors ministre de l'Education de 1953 &#224; 1962, il avait notamment encourag&#233; l'&#233;ducation des filles. Il poursuit ainsi la modernisation politique du pays au d&#233;but des ann&#233;es 1980 en promettant la cr&#233;ation d'une constitution et d'un parlement (majlis al-shura) apr&#232;s les &#233;v&#232;nements meurtriers de La Mecque en 1979. De plus, les &#233;lites elles-m&#234;mes commencent &#224; discuter des probl&#232;mes sociaux et de politique interne et les m&#233;dia mondiaux critiquent la &#171; soci&#233;t&#233; ferm&#233;e &#187;. En 1992, le roi annonce officiellement la mise en place d'une assembl&#233;e consultative (majlis al-shura) dans un d&#233;lai de six mois. Cependant, cette assembl&#233;e est compos&#233;e de 60 notables nomm&#233;s par le roi et non &#233;lus. Le roi Fadh cr&#233;&#233; de nombreuses universit&#233;s islamiques, finance des associations de bienfaisance et impose des r&#232;gles de vie plus strictes. Puis, en 1986, il prend le titre de &#171; gardien des deux saintes mosqu&#233;es &#187; (La Mecque et M&#233;dine).
&lt;br /&gt;En politique r&#233;gionale et internationale, il soutient l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Irak.html' class='spip_in'&gt;Irak&lt;/a&gt; dans la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Les-30-ans-de-la-guerre-Iran-Irak.html' class='spip_in'&gt;guerre Iran-Irak&lt;/a&gt; (1980-1988) par crainte d'un nouveau soul&#232;vement chiite dans l'est du pays, mais la victoire de l'Irak l'inqui&#232;te &#233;galement ainsi que l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Revendications-irakiennes-sur-le.html' class='spip_in'&gt;annexion du Kowe&#239;t&lt;/a&gt; en 1990 par Saddam Hussein. Parall&#232;lement, il se rapproche encore plus des Etats-Unis en permettant l'installation de bases am&#233;ricaines sur le sol saoudien &#224; partir de 1993, puis reprend les relations diplomatiques avec la Russie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1995, il souffre une embolie c&#233;r&#233;brale et laisse la r&#233;gence &#224; son h&#233;ritier Abdallah. Le r&#233;gime s'ouvre alors avec une presse plus libre et le d&#233;but d'un v&#233;ritable d&#233;bat de soci&#233;t&#233;. Ce d&#233;bat s'acc&#233;l&#232;re apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001 auxquels ont particip&#233; 15 Saoudiens, ainsi que sur le plan social avec l'augmentation du ch&#244;mage des jeunes. Dans ce contexte, entre f&#233;vrier et avril 2005, des &#233;lections municipales partielles sont organis&#233;es. Cependant, leur port&#233;e est limit&#233;e puisque seule la moiti&#233; des membres sont &#233;lus. L'ouverture politique se poursuit n&#233;anmoins puisqu'en juin, le nombre des membres du Conseil consultatif passe de 60 &#224; 150, mais ils restent nomm&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Articles &#171; Khaled Ibn &#8216;Abd Al-&#8216;Aziz &#187;, &#171; Fadh Ibn &#8216;Abd Al-&#8216;Aziz &#187;, et &#171; Arabie Saoudite &#187; Encyclopedia Universalis.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Madawi Al-Rasheed et Robert Vitalis (ed), &lt;i&gt;Counter-narratives : History, contemporary society and politics in Saudi Arabia and Yemen&lt;/i&gt;, New-York, Palgrave Macmillan, 2004.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Hichem Karoui, &lt;i&gt;O&#249; va l'Arabie Saoudite ?&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2006.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Yaroslav Trofimov, &lt;i&gt;The siege of Mecca&lt;/i&gt;, Londres, Penguins Books, 2007.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alexe&#239; Vassiliev, &lt;i&gt;The history of Saudi Arabi&lt;/i&gt;, Londres, 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour plus d'information sur ce si&#232;ge, se reporter &#224; Trofimov Yaroslav, The siege of Mecca, Londres, Penguins Books, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Relations russo-ottomanes au XIX&#232;me si&#232;cle. Deuxi&#232;me partie : du milieu du si&#232;cle &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>diplomatie</dc:subject>
		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

		<description>La Russie, lors de la guerre de Crim&#233;e, a &#233;t&#233; vaincue par la France et la Grande-Bretagne, alors alli&#233;es &#224; l'Empire ottoman. Cette guerre, qui marquerait le passage pour l'Empire ottoman d'une tutelle russe &#224; une tutelle europ&#233;enne, a plusieurs cons&#233;quences. Tout d'abord, les ambitions territoriales de la Russie sont pour un temps arr&#234;t&#233;es, avant la crise majeure de 1875-1878, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle ne cherche pas &#224; reconqu&#233;rir certains des avantages qu'elle avait acquis, puis perdus (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/-Mots-cles-.html" rel="directory"&gt;10. Mots cl&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-diplomatie-+.html" rel="tag"&gt;diplomatie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Empire-ottoman-+.html" rel="tag"&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La Russie, lors de la guerre de Crim&#233;e, a &#233;t&#233; vaincue par la France et la Grande-Bretagne, alors alli&#233;es &#224; l'Empire ottoman. Cette guerre, qui marquerait le passage pour l'Empire ottoman d'une tutelle russe &#224; une tutelle europ&#233;enne, a plusieurs cons&#233;quences. Tout d'abord, les ambitions territoriales de la Russie sont pour un temps arr&#234;t&#233;es, avant la crise majeure de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/1875-1878-Une-crise-de-l-Empire.html' class='spip_in'&gt;1875-1878&lt;/a&gt;, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle ne cherche pas &#224; reconqu&#233;rir certains des avantages qu'elle avait acquis, puis perdus au cours des diff&#233;rents trait&#233;s de paix. Ensuite, la Russie est d&#233;sormais constamment frein&#233;e par le concert des grandes puissances europ&#233;ennes, qui cherchent &#224; maintenir un &#233;quilibre en Europe. Au final, les relations russo-ottomanes vont se cristalliser et s'articuler autour de la question des Balkans qui, dans la deuxi&#232;me partie du XIX&#232;me si&#232;cle, devient une probl&#233;matique majeure. C'est en effet des Balkans, devenus la &#171; Poudri&#232;re de l'Europe &#187;, que partent les principaux conflits de la fin du si&#232;cle, qui opposent ou unissent Russie et Empire ottoman.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Du milieu du si&#232;cle au trait&#233; de Berlin (1878)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La paix instaur&#233;e par le trait&#233; de Paris mettant fin &#224; la guerre de Crim&#233;e ne dure pas. En effet, cette paix reposait sur la capacit&#233; des grandes puissances europ&#233;ennes &#224; agir de concert et &#224; pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; de l'Empire ottoman. Cependant, leurs ambitions personnelles s'expriment &#224; nouveau, notamment en politique ext&#233;rieure, obligeant l'Empire ottoman &#224; faire face &#224; d'importantes crises qui menacent son int&#233;grit&#233;. Ainsi, en 1859, Alexandre Couza est &#233;lu &#224; la fois chef du gouvernement moldave et chef du gouvernement valaque : c'est le premier pas vers l'unit&#233; Roumaine, qui &#233;chappe alors un peu plus &#224; la tutelle ottomane. De la m&#234;me fa&#231;on, une r&#233;volte &#233;clate en Cr&#232;te en 1856 : elle d&#233;sire &#234;tre rattach&#233;e &#224; la Gr&#232;ce et s'&#233;manciper de l'Empire ottoman. Cette r&#233;volte n'est cependant soutenue par aucune des puissances europ&#233;ennes et est r&#233;prim&#233;e par l'Empire ottoman. La Russie, en effet, depuis la guerre de Crim&#233;e, a renonc&#233; &#224; son r&#244;le de protectrice des orthodoxes de l'Empire ottoman et son attention est d&#233;sormais tourn&#233;e vers les Balkans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement panslaviste est alors tr&#232;s pr&#233;sent en Russie, et le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Gortchakov, instrumentalise celui-ci pour mener une politique imp&#233;rialiste, tourn&#233;e &#224; la fois vers l'Europe et les Balkans, et vers l'Asie. L'Autriche, devenue l'Empire d'Autriche-Hongrie, fragilis&#233;e par la d&#233;faite de Sadowa (1866), ne peut plus jouer le r&#244;le qu'elle occupait jusqu'alors dans les Balkans, laissant &#224; la Russie le champ libre. Les panslavistes encouragent alors les populations &#224; se r&#233;volter contre l'Empire ottoman, le fragilisant davantage. Cette strat&#233;gie s'av&#232;re payante en 1875, lorsque d&#233;bute une grande r&#233;volte dans les Balkans contre l'Empire ottoman. Profitant de la chute du Second Empire fran&#231;ais et de la situation difficile en Autriche-Hongrie, Gortchakov annonce en 1871 que la Russie revient sur le Statut des D&#233;troits qui avait &#233;t&#233; r&#233;affirm&#233; par le trait&#233; de Paris de 1856, et prend la d&#233;cision de r&#233;armer sa flotte en mer Noire. Une convention, sign&#233;e &#224; Londres le 13 mars 1871, prend acte de cette annonce. Dans le m&#234;me temps, la Russie se rapproche de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, formant en 1872 la &#171; ligue des trois empereurs &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ouvre alors en 1875 une crise qui dure jusqu'en 1878 et &#233;branle fortement l'Empire ottoman. Partie d'Herz&#233;govine, la r&#233;volte s'&#233;tend rapidement &#224; plusieurs territoires des Balkans, d&#233;cidant les grandes puissances europ&#233;ennes &#224; intervenir. La Russie voit l&#224; l'occasion de partager les Balkans avec l'Autriche, en cas de d&#233;faite de l'Empire ottoman, et entre en guerre contre celui-ci le 19 avril 1877. L'arm&#233;e russe menace rapidement Constantinople, et une premi&#232;re conf&#233;rence de paix s'ouvre &#224; San Stefano en f&#233;vrier 1878. La Russie obtient alors de l'Empire ottoman des avantages consid&#233;rables, ce que ne peuvent admettre les puissances europ&#233;ennes et une seconde conf&#233;rence est organis&#233;e &#224; Berlin en juillet. Un accord sign&#233; le 13 juillet 1878 accorde &#224; la Roumanie, &#224; la Serbie et au Mont&#233;n&#233;gro leur ind&#233;pendance, mais met fin &#224; l'id&#233;e d'une grande Bulgarie voulue par les Russes et les Serbes. En d'autres termes, il met fin aux vell&#233;it&#233;s panslavistes des deux pays. Avec le trait&#233; de San Stefano de 1878, la Russie n'a jamais &#233;t&#233; aussi proche d'atteindre ses objectifs concernant l'Empire ottoman. Cependant, l'intervention des grandes puissances europ&#233;ennes brise cet &#233;lan, et la Russie conna&#238;t pour un temps un d&#233;clin dans les affaires de l'Empire ottoman.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le d&#233;clin de l'influence russe dans les affaires de l'Empire ottoman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le congr&#232;s de Berlin modifie donc la donne du jeu des grandes puissances dans les Balkans, et notamment de l'Autriche-Hongrie et de la Russie. Jusque-l&#224;, ces deux puissances cherchaient &#224; &#233;tendre leur influence dans les Balkans et envisageaient d'&#233;ventuels plans de partage de cette partie europ&#233;enne de l'Empire ottoman. Les Etats nouvellement cr&#233;&#233;s par les puissances europ&#233;ennes modifient les volont&#233;s russes et autrichiens : les nouveaux Etats n'agissent pas comme des glacis face &#224; l'Empire ottoman, mais se pr&#233;sentent au contraire comme des Etats aux minorit&#233;s multiples, tenaill&#233;s entre diff&#233;rentes aspirations nationales. C'est notamment visible lors de la crise Bulgare. La grande Bulgarie, instaur&#233;e par le trait&#233; de San Stefano, est aussit&#244;t d&#233;faite par celui de Berlin et son territoire divis&#233; en trois principaut&#233;s. En 1885, la province de la Roum&#233;lie se soul&#232;ve et d&#233;clare l'union avec la Bulgarie. Si le sultan ottoman accepte le fait accompli, les Russes et les Serbes, qui voient l&#224; le jeu de l'Autriche-Hongrie, s'y opposent. La Serbie envahit la Bulgarie mais est rapidement vaincue, et n'&#233;chappe que de peu &#224; un d&#233;sastre militaire. Le tsar russe Alexandre III tente de retourner la situation &#224; son avantage en pla&#231;ant &#224; la t&#234;te du pays des alli&#233;s ; cependant ceux-ci rompent les relations avec lui et la situation reste inchang&#233;e. Ce n'est qu'avec l'av&#232;nement de Ferdinand de Saxe Cobourg &#224; la t&#234;te de la Bulgarie, la mort du tsar Alexandre III et la mont&#233;e sur le tr&#244;ne de Nicolas II en 1894, que la situation change : un rapprochement s'effectue entre les deux pays, et la Russie accepte alors de reconna&#238;tre l'union entre la Bulgarie et la Roum&#233;lie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les alliances entre les puissances europ&#233;ennes &#233;voluent : en 1882, la Triple-Alliance est form&#233;e par l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche-Hongrie tandis que la Russie se rapproche de la France, jusque-l&#224; isol&#233;e par la politique de Bismarck. Cette alliance entre la France et la Russie est notamment due aux ambitions autrichiennes dans les Balkans, qui freinent les ambitions russes concurrentes. Cependant, la Russie ne s'&#233;loigne pas pour autant de l'Allemagne. Guillaume II, le kaiser allemand, poss&#232;de une influence consid&#233;rable sur le tsar et l'enjoint &#224; diriger ses ambitions imp&#233;rialistes vers l'Asie, cherchant ainsi &#224; d&#233;tourner la politique ext&#233;rieure russe des Balkans et de l'Empire ottoman. La Russie voit donc son influence diminuer dans les affaires de l'Empire ottoman, dont elle n'est plus le principal interlocuteur : en effet, l'Allemagne s'est consid&#233;rablement rapproch&#233;e des Ottomans, tandis que l'Autriche-Hongrie a la mainmise sur les Balkans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La question des Balkans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'&#233;clate la premi&#232;re guerre balkanique en 1912, la situation dans les Balkans est explosive depuis plusieurs ann&#233;es. Le conflit se d&#233;roule entre plusieurs Etats des Balkans, alli&#233;s pour l'occasion, et l'Empire ottoman. Plusieurs alliances sont sign&#233;e : en mars 1912 entre la Serbie et la Bulgarie ; en mai entre la Bulgarie et la Gr&#232;ce ; en octobre entre le Mont&#233;n&#233;gro et la Serbie. Devant la r&#233;alit&#233; de cette alliance balkanique, toutes les puissances europ&#233;ennes, dont la Russie, cherchent &#224; maintenir le statu quo, afin de pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'Empire ottoman. De leur c&#244;t&#233;, les Etats balkaniques ont des vues sur la Mac&#233;doine, et veulent tirer profit des troubles qui agitent la r&#233;gion pour battre militairement l'Empire ottoman, ce qui leur laisserait le champ libre.
Les pays balkaniques envoient tout d'abord &#224; la Porte un ultimatum, lui demandant de r&#233;gler la question mac&#233;donienne et de mettre en &#339;uvre des r&#233;formes. Devant son refus, la guerre est d&#233;clar&#233;e le 17 octobre 1912. L'arm&#233;e ottomane est rapidement accul&#233;e aux portes de Constantinople, et il revient aux puissances europ&#233;ennes de statuer sur son sort. Une conf&#233;rence s'ouvre alors &#224; Londres en d&#233;cembre 1912, qui est un &#233;chec : l'Empire ottoman ne peut se r&#233;soudre &#224; accepter toutes les exigences des pays balkaniques, et les combats reprennent. De nouveau, l'arm&#233;e ottomane est battue et une deuxi&#232;me conf&#233;rence s'ouvre en mai 1913 &#224; Londres. L'Empire ottoman est priv&#233; de tous ses territoires europ&#233;ens, &#224; l'exception de Constantinople. C'est la fin de l'Empire ottoman en Europe : il ne participe pas &#224; la seconde guerre balkanique, o&#249; les anciens alli&#233;s se d&#233;chirent d&#233;sormais sur la question de leurs fronti&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que les relations russo-ottomanes ont jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans les relations internationales dans la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle, elles connaissent un long d&#233;clin tout au long de la seconde moiti&#233;. Apr&#232;s les d&#233;cisions des puissances europ&#233;ennes lors du trait&#233; de San Stefano et la signature, &#224; sa place, du trait&#233; de Berlin, la Russie dispara&#238;t en partie de la sc&#232;ne ottomane. Elle se tourne en effet vers les Balkans, et tente de conserver son influence dans cette zone, l&#224; o&#249; l'Empire ottoman semble conscient qu'il ne pourra conserver ses territoires europ&#233;ens bien longtemps. La Premi&#232;re Guerre mondiale sonne la fin d&#233;finitive des deux empires : ce n'est pas la Russie, mais la France et la Grande-Bretagne qui ont tent&#233; jusque-l&#224; de conserver l'int&#233;grit&#233; de l'Empire ottoman, qui profitent de son d&#233;membrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Voir &#233;galement&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Les-relations-russo-ottomanes-au.html' class='spip_in'&gt;Les relations russo-ottomanes au XIX&#232;me si&#232;cle. Premi&#232;re partie : du d&#233;but du si&#232;cle &#224; la guerre de Crim&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sous la direction de Robert Mantran, &lt;i&gt;Histoire de l'Empire ottoman&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1994, 810 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jean-Claude Caron et Michel Vernus, &lt;i&gt;L'Europe au XIX&#232;me si&#232;cle : des nations aux nationalismes&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 2011, 493 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Yves Ternon, &lt;i&gt;L'Empire ottoman : le d&#233;clin, la chute, l'effacement&lt;/i&gt;, Editions le F&#233;lin, 2002, 575 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#201;tat m&#233;dinois : la gen&#232;se de l'Empire de l'Islam (632-661)</title>
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		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
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		<description>Le premier &#201;tat islamique, centr&#233; sur M&#233;dine, se met en place en 631 lorsque la mort du Proph&#232;te laisse vacante la charge politique de la Communaut&#233; des Croyants. Entre consensus m&#233;dinois et recherche d'un chef, l'&#201;tat se construit peu &#224; peu, et conna&#238;t dans le m&#234;me temps une vaste expansion territoriale par le moyen de la conqu&#234;te militaire. Celle-ci renforce l'imp&#233;ratif d'organisation administrative, et particuli&#232;rement fiscale ; ces premi&#232;res ann&#233;es posent ainsi les bases d'un fonctionnement qui sera (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le premier &#201;tat islamique, centr&#233; sur M&#233;dine, se met en place en 631 lorsque la mort du Proph&#232;te laisse vacante la charge politique de la Communaut&#233; des Croyants. Entre consensus m&#233;dinois et recherche d'un chef, l'&#201;tat se construit peu &#224; peu, et conna&#238;t dans le m&#234;me temps une vaste expansion territoriale par le moyen de la conqu&#234;te militaire. Celle-ci renforce l'imp&#233;ratif d'organisation administrative, et particuli&#232;rement fiscale ; ces premi&#232;res ann&#233;es posent ainsi les bases d'un fonctionnement qui sera celui de l'&#201;tat islamique au moins jusqu'&#224; la chute des Umayyades, et dont h&#233;ritera largement l'administration &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Etat-abbasside-750-945-l-Empire-de.html' class='spip_in'&gt;abbasside&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La formation de la premi&#232;re communaut&#233; islamique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La mort du Proph&#232;te en 631 laisse vacante la charge de dirigeant politique, puisque Muhammad n'a pas laiss&#233; de r&#232;gles ni de souhaits concernant sa succession. Or, depuis un peu moins de dix ans, c'&#233;tait bien le Proph&#232;te qui exer&#231;ait le r&#244;le de chef &#224; la fois politique, militaire et religieux. Les premiers musulmans s'&#233;taient en effet tr&#232;s vite organis&#233;s &#224; M&#233;dine en communaut&#233; sinon politique, du moins militaire, contre les Mecquois qui avaient chass&#233; Muhammad. Celui-ci, avec les compagnons qui l'avaient suivi, &#233;tait arriv&#233; en septembre 622 &#224; l'oasis de Y&#226;thrib&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce d&#233;part de La Mecque, dont est originaire Muhammad, pour M&#233;dine a lieu en 622 et correspond &#224; l'H&#233;gire : c'est le point de d&#233;part du calendrier musulman.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; o&#249; les tribus arabes locales, par le serment d'Aquaba, s'&#233;taient engag&#233;es &#224; le prot&#233;ger et l'avaient reconnu comme proph&#232;te. Y&#226;thrib avait alors pris le nom de &#171; &lt;i&gt;mad&#238;nat al-nab&#238;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; ville du Proph&#232;te &#187;, ce qui donna &#171; M&#233;dine &#187;. Une premi&#232;re communaut&#233; s'&#233;tait ainsi form&#233;e, r&#233;gie par le &#171; pacte de Y&#226;thrib &#187; ou &#171; constitution de M&#233;dine &#187; qui nous a &#233;t&#233; transmis par la S&#238;ra du Proph&#232;te&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='La S&#238;ra du Proph&#232;te est la principale source que nous ayons sur la vie de Muhammad ; il s'agit d'un texte hagiographique, vraisemblablement r&#233;dig&#233; dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du VIIe si&#232;cle par Ibn Is&#7717;aq.' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; Muhammad y est pr&#233;sent&#233; comme un arbitre, c'est-&#224;-dire que c'est lui qui prend les d&#233;cisions finales et tranche en cas de diff&#233;rend ; il est donc l'ultime instance de r&#233;f&#233;rence, l&#233;gitim&#233; dans ce r&#244;le par sa position de Proph&#232;te. Le pacte de Y&#226;thrib constitue &#233;galement la communaut&#233;, l'&lt;i&gt;umma&lt;/i&gt;, qui rassemble les &#171; croyants &#187;, c'est-&#224;-dire non seulement ceux qui partagent la m&#234;me foi (donc les convertis &#224; la nouvelle religion pr&#234;ch&#233;e par Muhammad, l'islam) mais aussi ceux qui passent un pacte commun et se soutiennent mutuellement : d&#232;s l'origine, la communaut&#233; est donc politique autant que religieuse. De la position d&#233;fensive adopt&#233;e au d&#233;part pour prot&#233;ger Muhammad contre les Mecquois, cette communaut&#233; passe rapidement &#224; une attitude offensive et bient&#244;t conqu&#233;rante, &#224; partir de la victoire remport&#233;e contre les Mecquois &#224; Badr en 624 malgr&#233; l'inf&#233;riorit&#233; num&#233;rique des musulmans. Le Proph&#232;te accorde en 629 l'amnistie aux habitants de La Mecque, suite &#224; des n&#233;gociations avec leur chef Ab&#251; Sufy&#226;n, et islamise le sanctuaire mecquois&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Outre l'aspect de conversion des habitants de la ville, la r&#233;cup&#233;ration du sanctuaire mecquois et sa cons&#233;cration &#224; la nouvelle religion &#233;taient d'une importance symbolique parce que ce sanctuaire fut cens&#233;ment fond&#233; par Abraham, dont le Coran dit qu'il fut &#171; le premier des musulmans &#187;.' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : la communaut&#233; politique islamique, en m&#234;me temps qu'elle diffuse sa religion et ses valeurs, &#233;tend ainsi son territoire et son autorit&#233; ; c'est la gen&#232;se d'un v&#233;ritable &#201;tat. La personne du Proph&#232;te y joue un r&#244;le de plus en plus important, qui s'approche du mod&#232;le biblique du patriarcat d&#233;fendu par le Coran contre le &lt;i&gt;mulk&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire la royaut&#233; : &#224; l'image de Mo&#239;se, qui avait re&#231;u la Loi de Dieu, Muhammad doit non seulement transmettre mais &#233;galement faire appliquer le message coranique et les prescriptions qu'il comporte. L'&#201;tat m&#233;dinois est donc un &#201;tat proph&#233;tique, o&#249; l'all&#233;geance se fait directement &#224; la personne de Muhammad qui est honor&#233; de plusieurs mani&#232;res &#8211; par exemple, lui et sa famille re&#231;oivent un cinqui&#232;me du butin r&#233;colt&#233;. Sur le plan administratif, Muhammad nomme &#224; la fin de sa vie des repr&#233;sentants pour le seconder ou le remplacer dans certaines de ses fonctions, mais cela reste &#224; l'&#233;tat embryonnaire &#8211; de m&#234;me que l'arm&#233;e, qui demeure limit&#233;e. &#201;ric Vallet parle &#224; ce sujet d'un &#171; proto-&#201;tat m&#233;dinois &#187; : en effet, l'&#201;tat est v&#233;ritablement, encore, en formation. Outre l'aspect religieux, seule la fiscalit&#233; vient renforcer l'autorit&#233; m&#233;dinoise sur les territoires conquis : les tribus vaincues ou ralli&#233;es manifestent leur soumission au pouvoir m&#233;dinois par le paiement d'un imp&#244;t, la &lt;i&gt;sadaqa&lt;/i&gt;. Le centre politique et religieux de l'&#201;tat est la maison du Proph&#232;te, &#224; M&#233;dine &#8211; qui deviendra la premi&#232;re mosqu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La question de la succession du Proph&#232;te&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La mort de Muhammad pourrait totalement remettre en cause cet &#233;tat de choses, puisque la communaut&#233; est enti&#232;rement construite autour de la personne du Proph&#232;te. De plus, elle n'est pas unie : les rivalit&#233;s entre les &lt;i&gt;muh&#226;&#287;irun&lt;/i&gt; (ceux qui ont fait l'H&#233;gire avec Muhammad) et les &lt;i&gt;an&#7779;&#226;r&lt;/i&gt; (&#171; soutiens de la vengeance &#187;, c'est-&#224;-dire les M&#233;dinois qui prot&#233;geaient le Proph&#232;te contre les Mecquois), puis entre convertis de la premi&#232;re heure et convertis plus tardifs, menacent la coh&#233;sion du groupe. La mort de celui qui centralisait l'autorit&#233; religieuse comme politique aurait donc pu faire &#233;clater cet &#201;tat en formation et encore tr&#232;s jeune, d'autant plus que Muhammad ne laisse aucune instruction claire concernant sa succession. De plus, comme l'all&#233;geance &#8211; notamment des tribus arabes converties &#8211; se faisait directement &#224; la personne du Proph&#232;te, certaines tribus arabes refusent de continuer &#224; payer l'imp&#244;t &#224; sa mort et pr&#233;tendent retrouver leur ind&#233;pendance ; il faut donc imp&#233;rativement d&#233;signer un chef. L'&#201;tat m&#233;dinois s'organise d'abord de mani&#232;re oligarchique, et m&#234;me aristocratique : ce sont les &#233;lites m&#233;dinoises qui se rassemblent et gouvernent selon le syst&#232;me du consensus. Les rivalit&#233;s resurgissent alors, puisque trois groupes rivaux &#233;mergent : les &lt;i&gt;an&#7779;&#226;r&lt;/i&gt; de M&#233;dine, la famille proche de Muhammad et les Mecquois qurayshites. Cette hi&#233;rarchie, qui avait commenc&#233; &#224; se constituer du temps de Muhammad, donne l'avantage aux Mecquois appartenant &#224; la tribu des Quraysh, celle du Proph&#232;te. C'est donc au sein de ce groupe qu'est choisi le nouveau chef, Ab&#251; Bakr (632-634), beau-p&#232;re de Muhammad : il prend le nom de &lt;i&gt;khalifa&lt;/i&gt;, &#171; calife &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; successeur &#187;. &#192; l'instar de Muhammad, il cumule fonctions militaires, politiques et religieuses (il est entre autres l'imam de M&#233;dine). C'est lui qui cr&#233;e une arm&#233;e cons&#233;quente, organis&#233;e de mani&#232;re rudimentaire. Les quatre premiers califes sont choisis selon ce syst&#232;me du consensus des &#233;lites, en respectant quelques r&#232;gles : le nouveau chef doit &#234;tre un converti ancien, doit appartenir &#224; la tribu des Quraysh, et doit r&#233;pondre &#224; des crit&#232;res d'honorabilit&#233;. Ils seront nomm&#233;s califes &lt;i&gt;r&#226;shid&#251;n&lt;/i&gt;, &#171; bien-guid&#233;s &#187;, par la tradition post&#233;rieure. Ils sont charg&#233;s de pr&#233;server l'h&#233;ritage de Muhammad, et organisent l'&#201;tat aussi bien que la religion : c'est &#8216;Uthm&#226;n (644-656), par exemple, qui fixe le texte coranique &#8211; dont la transmission se fait aussi bien par oral que par &#233;crit &#8211; et d&#233;veloppe une calligraphie sp&#233;cifique, dite &#171; coufique &#187;, pour l'&#233;criture du Coran. L'&#201;tat est organis&#233; dans le m&#234;me temps sur une base tribale : le syst&#232;me clanique est institutionnalis&#233;, et ces tribus qui constituent les forces militaires de l'&#201;tat m&#233;dinois sont r&#233;mun&#233;r&#233;es par une pension familiale annuelle, l' &lt;i&gt;&#8216;at&#226;'&lt;/i&gt;. Institu&#233;es par &#8216;Umar, les &lt;i&gt;&#8216;at&#226;'&lt;/i&gt; continuent &#224; &#234;tre vers&#233;es aux familles apr&#232;s la mort du combattant ; quant &#224; leur montant, il est fix&#233; en fonction de l'anciennet&#233; de la conversion &#224; l'islam. On est donc bien dans un &#201;tat organis&#233;, fonctionnel, o&#249; le cadre tribal ordonne la vie civile et o&#249; le religieux est indissociable du politique, cr&#233;ant une aristocratie dirigeante. De nombreuses villes-camps sont fond&#233;es, ce qui permet de pr&#233;lever l'imp&#244;t sur une base r&#233;gionale et de redistribuer les ressources : un premier organisme administratif, le &lt;i&gt;d&#238;w&#226;n&lt;/i&gt;, se met ainsi en place peu &#224; peu.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#201;tat de conqu&#234;tes&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Cette organisation d&#233;coule en grande partie de l'expansion territoriale de l'&#201;tat m&#233;dinois, d&#232;s les tout premiers temps. D&#233;j&#224;, les tribus arabes qui avaient pr&#234;t&#233; serment &#224; &#8216;Aquaba avaient conquis de premiers territoires, comme l'oasis de Khaybar en 628 ; puis, les victoires contre les Mecquois avaient entra&#238;n&#233; d'autres conqu&#234;tes. Ab&#251; Bakr, qui donne de l'ampleur &#224; l'arm&#233;e, transforme la r&#233;pression des tribus arabes r&#233;volt&#233;es &#224; la mort de Muhammad en dynamique de conqu&#234;te : il soumet en quelques mois l'ensemble de la p&#233;ninsule arabique au pouvoir m&#233;dinois. Ces guerres, auxquelles la tradition islamique donna le nom de &lt;i&gt;ridda&lt;/i&gt; (&#171; apostasie &#187;), sont l'occasion de mettre &#224; l'honneur de jeunes chefs militaires et d'assurer la coh&#233;sion des &#233;lites m&#233;dinoises autour de la victoire, interpr&#233;t&#233;e comme une manifestation de la faveur divine. Peu avant sa mort, Ab&#251; Bakr lance les premi&#232;res exp&#233;ditions hors d'Arabie, sur la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Syrie.html' class='spip_in'&gt;Syrie&lt;/a&gt;-Palestine et vers l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Irak.html' class='spip_in'&gt;Irak&lt;/a&gt; : la conqu&#234;te est non seulement un moyen d'accumuler des ressources et d'&#233;tendre le pouvoir politique, mais aussi un moteur d'unit&#233; et de confiance en l'&#201;tat ; elle permet d'unifier les Arabes, y compris les tribus qui s'&#233;taient r&#233;volt&#233;es, &#224; travers la repr&#233;sentation d'un ennemi commun. Le fait que les aristocrates m&#233;dinois, particuli&#232;rement les anciens marchands mecquois, poss&#232;dent des terres en Syrie-Palestine, r&#233;gion g&#233;ographiquement assez proche de M&#233;dine, fait appara&#238;tre cette conqu&#234;te comme l'expansion naturelle d'un pouvoir conqu&#233;rant et victorieux. Jusqu'en 636, les mouvements de conqu&#234;tes sont dispers&#233;s et ressemblent davantage &#224; des razzias qu'&#224; une v&#233;ritable prise de possession du territoire. Mais la contre-attaque victorieuse de l'&#201;tat m&#233;dinois contre les Byzantins men&#233;s par H&#233;raclius, en 636, acc&#233;l&#232;re le processus : la Syrie-Palestine, jusqu'au port de C&#233;sar&#233;e, passe sous contr&#244;le musulman, suivie par l'&#201;gypte que les M&#233;dinois conqui&#232;rent pour des raisons strat&#233;giques, afin d'&#233;viter une attaque byzantine de ce c&#244;t&#233; ; Alexandrie capitule en 642. La faiblesse des Empires limitrophes, tant byzantin que sassanide, fait le jeu de ce nouvel &#201;tat dont la force militaire, soutenue par la ferveur religieuse, est le principal atout. En 656, &#224; la mort du dernier calife &lt;i&gt;r&#226;sh&#238;dun&lt;/i&gt;, &#8216;Uthm&#226;n, l'autorit&#233; m&#233;dinoise est &#233;tablie de Samarcande &#224; l'Afrique du Nord et d'Aden (au sud de la p&#233;ninsule arabique) &#224; la mer Caspienne. Elle a pour cons&#233;quence la mise en place de l'administration afin d'organiser la r&#233;partition des ressources, mais aussi la diffusion de l'arabe, qui devient la langue officielle, ainsi que la fondation de nouvelles villes-centres, comme K&#251;fa et Basra en Irak &#224; la fin des ann&#233;es 630, Fust&#226;t en &#201;gypte vers 640 et, un peu plus tard, Kairouan en Afrique. Les conqu&#234;tes ne sont pas de nature pros&#233;lyte, et la domination m&#233;dinoise occasionne peu de changements pour des populations habitu&#233;es &#224; la conqu&#234;te. C'est au sein de l'&#201;tat m&#233;dinois lui-m&#234;me que les changements se font, dans une organisation progressive qui prendra une forme imp&#233;riale avec la fondation de la dynastie umayyade par Mu&#8216;&#226;wiya en 661, apr&#232;s la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Grande-Discorde-al-fitna-al-kubra.html' class='spip_in'&gt;Grande Discorde&lt;/a&gt; ; on assiste ici &#224; un processus de formation d'empire, auquel pourrait s'appliquer l'analyse de Claude Nicolet sur le cas romain : &#171; Rome a eu un empire avant de devenir elle-m&#234;me un empire &#187;. De la m&#234;me mani&#232;re, les conqu&#234;tes des premi&#232;res d&#233;cennies de l'Islam permettent et orientent le fa&#231;onnement de l'&#201;tat islamique, qui deviendra bient&#244;t l'Empire de l'Islam.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ridha Khaled, &lt;i&gt;Le Proph&#232;te de l'islam et ses califes &#8211; Religion, classes sociales et pouvoir&lt;/i&gt;, Paris, Publibook, 2011, 496 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Robert Mantran, &lt;i&gt;L'Expansion musulmane, VIIe-XIe si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1995 (6e &#233;dition), 352 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alfred-Louis de Pr&#233;mare, &lt;i&gt;Les fondations de l'islam : entre &#233;criture et histoire&lt;/i&gt;, Paris, Points Seuil, 2009, 522 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Janine Sourdel &amp; Dominique Sourdel, &lt;i&gt;Dictionnaire historique de l'islam&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 2004, 962 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dominique Sourdel, &lt;i&gt;L'Islam m&#233;di&#233;val : Religion et civilisation&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 2005, 230 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#201;ric Vallet, &#171; Cours d'initiation &#224; l'histoire de l'Islam m&#233;di&#233;val &#187;, ENS Ulm, 2011-2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ce d&#233;part de La Mecque, dont est originaire Muhammad, pour M&#233;dine a lieu en 622 et correspond &#224; l'H&#233;gire : c'est le point de d&#233;part du calendrier musulman.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La S&#238;ra du Proph&#232;te est la principale source que nous ayons sur la vie de Muhammad ; il s'agit d'un texte hagiographique, vraisemblablement r&#233;dig&#233; dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du VIIe si&#232;cle par Ibn Is&#7717;aq.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Outre l'aspect de conversion des habitants de la ville, la r&#233;cup&#233;ration du sanctuaire mecquois et sa cons&#233;cration &#224; la nouvelle religion &#233;taient d'une importance symbolique parce que ce sanctuaire fut cens&#233;ment fond&#233; par Abraham, dont le Coran dit qu'il fut &#171; le premier des musulmans &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Arabie saoudite sous les r&#232;gnes de Saoud et de Fay&#231;al ben Abdelaziz al-Saoud (1953-1975)</title>
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		<dc:date>2012-05-09T12:29:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Arabie Saoudite</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>Le 9 novembre 1953, Abdelaziz ben Abderrahman al-Saoud, plus connu sous le nom d'Ibn Saoud, le fondateur de la dynastie saoudienne, d&#233;c&#232;de, laissant le tr&#244;ne &#224; son deuxi&#232;me fils Saoud ben Abdelaziz al-Saoud (n&#233; en 1902). Son fils ain&#233;, Turki, avait &#233;t&#233; emport&#233; par une &#233;pid&#233;mie de grippe espagnole en 1919. La loi successorale ayant d'ailleurs &#233;t&#233; chang&#233;e &#224; cette &#233;poque [1], c'est son troisi&#232;me fils, Fay&#231;al (n&#233; en 1906), qui devient prince h&#233;ritier ainsi que vice Premier ministre. Cependant, les deux fr&#232;res sont (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/-Mots-cles-.html" rel="directory"&gt;10. Mots cl&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Arabie-Saoudite,1-+.html" rel="tag"&gt;Arabie Saoudite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L116xH150/arton1029-0f957.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='116' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:116px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le 9 novembre 1953, Abdelaziz ben Abderrahman al-Saoud, plus connu sous le nom d'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Ibn-Sa-oud.html' class='spip_in'&gt;Ibn Saoud&lt;/a&gt;, le fondateur de la dynastie saoudienne, d&#233;c&#232;de, laissant le tr&#244;ne &#224; son deuxi&#232;me fils Saoud ben Abdelaziz al-Saoud (n&#233; en 1902). Son fils ain&#233;, Turki, avait &#233;t&#233; emport&#233; par une &#233;pid&#233;mie de grippe espagnole en 1919. La loi successorale ayant d'ailleurs &#233;t&#233; chang&#233;e &#224; cette &#233;poque&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le tr&#244;ne se transmettant en priorit&#233; de fr&#232;re a&#238;n&#233; &#224; fr&#232;re cadet plut&#244;t que de p&#232;re en fils.' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, c'est son troisi&#232;me fils, &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Faycal-d-Arabie-saoudite.html' class='spip_in'&gt;Fay&#231;al&lt;/a&gt; (n&#233; en 1906), qui devient prince h&#233;ritier ainsi que vice Premier ministre. Cependant, les deux fr&#232;res sont loin d'avoir une vision commune pour l'avenir politique, &#233;conomique et social du pays. D&#233;bute alors une d&#233;cennie de rivalit&#233; jusqu'&#224; ce que Fay&#231;al d&#233;pose son fr&#232;re en 1964. Cette rivalit&#233; nuira au d&#233;veloppement du pays qui ne profitera pas de ses immenses revenus p&#233;troliers ni n'obtiendra de place importante dans la r&#233;gion, et ce jusqu'&#224; ce que Fay&#231;al monte sur le tr&#244;ne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le r&#232;gne de Saoud (1953-1964) : une d&#233;cennie de rivalit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s sa mont&#233;e sur le tr&#244;ne en 1953, Saoud choisit d'&#233;vincer son fr&#232;re Fay&#231;al des sph&#232;res du pouvoir. Il s'octroie, en plus du titre de roi, celui de Premier ministre qui devait revenir &#224; Fay&#231;al, laissant &#224; son fr&#232;re la fonction de vice Premier ministre. Les deux fr&#232;res ne s'entendent pas en outre sur le r&#244;le &#224; donner au Conseil des ministres cr&#233;&#233; un mois avant la mort de leur p&#232;re. Ce Conseil, originellement cr&#233;&#233; pour &#234;tre l'organe ex&#233;cutif du gouvernement, &#224; m&#234;me de prendre des d&#233;cisions autonomes par d&#233;cret minist&#233;riel (l'accord du roi est cependant n&#233;cessaire pour les appliquer), devint le lieu d'expression de leurs rivalit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parall&#232;lement, le d&#233;veloppement de la bureaucratie et la cr&#233;ation de nombreux minist&#232;res (en 1953 Communication, Eau et Agriculture, Education ; en 1960 P&#233;trole et Ressources mini&#232;res, P&#232;lerinage et Affaires islamiques ; en 1962 Travail et Affaires sociales ; en 1963 Information) ne fait que renforcer la lutte entre les deux fr&#232;res, d&#233;sireux d'&#233;tendre leur pouvoir personnel. Ainsi, Saoud place ses fils aux postes cl&#233;s de la d&#233;fense (Musa'id &#224; la t&#234;te de la Garde Royale, Fadh ministre de la D&#233;fense, Khalid &#224; la t&#234;te de la Garde nationale et Sa'ad &#224; la t&#234;te de la Garde Sp&#233;ciale), s'assurant ainsi la fid&#233;lit&#233; des unit&#233;s arm&#233;es du pays afin que son fr&#232;re ne puisse pas le renverser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En plus de la rivalit&#233; entre Saoud et Fay&#231;al, un troisi&#232;me groupe politique compos&#233; des plus jeunes fils d'Ibn Saoud (n&#233;s dans les ann&#233;es 1930) et regroup&#233;s autour de Talal, se fait entendre. Sur le mod&#232;le des Officiers libres men&#233;s par Nasser en Egypte, les &#171; Princes libres &#187; habillent leur discours politique de nationalisme arabe et de socialisme. Cependant, le manque d'ancrage de leurs volont&#233;s politiques dans la r&#233;alit&#233; sociale du pays et leur &#233;tablissement &#224; Beyrouth en 1961 apr&#232;s l'&#233;vincement de Talal du gouvernement, emp&#234;chent les Princes libres d'avoir une r&#233;elle influence sur le pays. L'Arabie saoudite n'est en effet pas pr&#234;te &#224; &#171; faire la r&#233;volution &#187; et les gr&#232;ves de 1956 chez ARAMCO&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Compagnie p&#233;troli&#232;re am&#233;ricaine &#233;tablie sur le territoire saoudien depuis la concession d'Ibn Saoud en 1933.' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, si elles am&#232;nent une am&#233;lioration des conditions de travail, ne sont pas suivies par le reste de la population (&#224; la diff&#233;rence de la situation en Egypte : la nationalisation du canal de Suez par Nasser cr&#233;e un enthousiasme populaire).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le domaine &#233;conomique, la population ne b&#233;n&#233;ficie pas de l'augmentation des revenus p&#233;troliers. Le roi Saoud d&#233;pense en effet cet argent comme il l'entend, allouant les budgets aux minist&#232;res - &#224; la mani&#232;re des anciennes faveurs royales - selon ses envies et menant un grand train de vie. Certains profitent n&#233;anmoins de la croissance exponentielle de l'appareil d'Etat pour s'&#233;lever dans la hi&#233;rarchie sociale, soit en tant que militaire, soit en tant que fonctionnaire. C'est ainsi le d&#233;but d'un fonctionnariat provenant d'Arabie saoudite et non plus de l'&#233;tranger comme sous Ibn Saoud. L'une des figures les plus connues est Abdullah al-Tariqi. N&#233; en 1925, ayant fait ses &#233;tudes sup&#233;rieures en Egypte puis au Texas, tout d'abord traducteur d'Ibn Saoud dans ses relations avec les dirigeants d'ARAMCO, puis nomm&#233; ministre du P&#233;trole et des Ressources mini&#232;res lors de la cr&#233;ation de ce minist&#232;re en 1960, il est l'un des rares &#224; demander la nationalisation d'ARAMCO, sur le mod&#232;le nass&#233;rien du canal de Suez. Il est &#233;galement connu pour &#234;tre &#224; l'origine de la cr&#233;ation de l'Organisation des Pays Exportateurs de P&#233;trole (OPEP) en septembre 1960. Cependant, ses opinions trop lib&#233;rales et nationalistes am&#232;nent Saoud &#224; le renvoyer du gouvernement en 1962.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le plan ext&#233;rieur, le roi craint deux choses : la dynastie hach&#233;mite plac&#233;e par les Britanniques &#224; la t&#234;te de l'Irak et de la Jordanie apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, et le panarabisme nass&#233;rien. Mais pour Saoud, le v&#233;ritable danger est int&#233;rieur, Fay&#231;al ayant pris de plus en plus de poids dans l'appareil d'Etat saoudien. En 1964, Saoud &#233;tant &#224; l'&#233;tranger pour des questions de sant&#233;, Fay&#231;al forme un nouveau gouvernement avec deux de ses demi-fr&#232;res loyaux, Fadh et Sultan, exclut les fils de Saoud du pouvoir et promet une r&#233;forme incluant la cr&#233;ation d'une loi fondamentale, la fin de l'esclavage et l'&#233;tablissement d'un conseil judiciaire. A son retour, Saoud menace de lancer la Garde Royale contre son fr&#232;re. Mais ce dernier soul&#232;ve lui-m&#234;me la Garde Nationale contre le roi. Enfin, gr&#226;ce &#224; l'arbitration des ul&#233;mas et sous la pression des principaux membres de la famille royale, Saoud abdique le 28 mars 1964.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le r&#232;gne de Fay&#231;al (1964-1975) : islam, modernisation du pays et politique &#233;trang&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, Fay&#231;al d&#233;cide de moderniser le pays en profitant de l'augmentation exponentielle du PIB gr&#226;ce aux revenus p&#233;troliers (on passe de 10 &#224; 164 milliards de riyals entre 1965 et 1975). Ainsi, il r&#233;organise en 1965 l'Organisme Central de Planification cr&#233;&#233; sous le r&#232;gne de son fr&#232;re et, d&#232;s 1970, il lance le premier plan en cinq ans de d&#233;veloppement des infrastructures du pays : sant&#233;, communications, transport, arm&#233;e (avec l'aide am&#233;ricaine), &#233;ducation, en particulier celle des filles quasi inexistante jusqu'alors. Il y consacre environ 10% du budget. De plus, s'il existe d&#233;j&#224; une universit&#233; cr&#233;&#233;e en 1957, Fay&#231;al finance durant son r&#232;gne la cr&#233;ation de plusieurs autres. Cette volont&#233; de modernisation s'inscrit dans un cadre de pens&#233;e profond&#233;ment religieux. En effet, comme son fr&#232;re, Fay&#231;al s'oppose au panarabisme socialiste nass&#233;rien ainsi qu'au Baasisme irakien et syrien et souhaite moderniser son pays tout en restant fid&#232;le aux principes du Coran. Ainsi, en 1970, lorsque le minist&#232;re de la Justice est cr&#233;&#233;, les ul&#233;mas devinrent de facto des fonctionnaires, la supervision de l'&#233;ducation des filles leur &#233;tant d'ailleurs d&#233;volue dans le cadre d'un minist&#232;re s&#233;par&#233; (le minist&#232;re de l'Education des filles).
&lt;br /&gt;Sur le plan politique, le roi reste &#233;galement Premier ministre comme sous le r&#232;gne de Saoud, il prend ses d&#233;cisions seul (la volont&#233; de cr&#233;ation d'un conseil consultatif qui avait &#233;merg&#233; en 1962 disparait avec l'abdication de Saoud) et le Conseil des ministres tombe sous sa coupe. Il s'entoure de ses fr&#232;res les plus loyaux, pla&#231;ant Nayef &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et Sultan &#224; celui de la D&#233;fense. Quant au reste de la famille royale &#233;cart&#233;e du pouvoir, bon nombre choisissent une carri&#232;re administrative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant la politique ext&#233;rieure de Fay&#231;al, elle s'appuie sur la religion. Il cr&#233;e la Ligue Islamique Mondiale qui, avec l'Organisation de la Conf&#233;rence Islamique cr&#233;&#233;e en 1969 &#224; Rabat, deviennent les tribunes officielles de la politique &#233;trang&#232;re saoudienne. Fay&#231;al d&#233;cide de financer le d&#233;veloppement de l'islam partout dans le monde, y compris en Afrique et en Asie, et apporte &#233;galement son soutien aux Palestiniens : il d&#233;cide notamment en 1969 de financer l'Organisation de Lib&#233;ration de la Palestine (OLP) cr&#233;&#233;e en 1964. Cette volont&#233; s'int&#232;gre dans celle plus large du panislamisme, dans l'objectif de contrer l'influence sovi&#233;tique, de se battre contre Isra&#235;l et d'augmenter la coop&#233;ration avec des Etats musulmans m&#234;me non arabes, comme l'Iran et le Pakistan. C'est &#233;galement dans ce cadre qu'apr&#232;s la mort de Nasser en 1970, une alliance est conclue avec Sadate. Se d&#233;veloppe alors un partenariat &#233;conomique entre les deux Etats : l'Arabie Saoudite fournit une aide &#233;conomique &#224; l'Egypte et cette derni&#232;re envoie de la main d'&#339;uvre en Arabie saoudite. Ce partenariat survit &#224; l'assassinat de Fay&#231;al en 1975 par un de ses cousins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Voir la fiche pays&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Arabie-Saoudite.html' class='spip_in'&gt;Arabie saoudite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Al Rasheed Madawi, &lt;i&gt;A history of Saudi Arabia&lt;/i&gt;, Cambridge, 2010
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Golub David, &lt;i&gt;When oil and politics mix, Saudi oil policy : 1973-1985&lt;/i&gt;, Harvard, 1985
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vassiliev Alexe&#239;, &lt;i&gt;The history of Saudi Arabia&lt;/i&gt;, Londres, 2000&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh3-1' id='nb3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le tr&#244;ne se transmettant en priorit&#233; de fr&#232;re a&#238;n&#233; &#224; fr&#232;re cadet plut&#244;t que de p&#232;re en fils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh3-2' id='nb3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Compagnie p&#233;troli&#232;re am&#233;ricaine &#233;tablie sur le territoire saoudien depuis la concession d'Ibn Saoud en 1933.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les relations russo-ottomanes au XIX&#232;me si&#232;cle. Premi&#232;re partie : du d&#233;but du si&#232;cle &#224; la guerre de Crim&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

		<description>Depuis le r&#232;gne de Pierre le Grand (1682-1725) la Russie s'est constitu&#233;e en un v&#233;ritable empire et cherche &#224; &#233;tendre ses territoires, &#224; l'ouest vers les Balkans et &#224; l'est vers le Caucase, c'est-&#224;-dire sur des terres faisant partie de l'Empire ottoman. Cette volont&#233; d'expansion a &#233;t&#233; rendue possible par l'affaiblissement territorial progressif de l'Empire ottoman ainsi que par le caract&#232;re fig&#233; de ses structures sociales et politiques, difficiles &#224; r&#233;former. Au XIX&#232;me si&#232;cle, la mont&#233; en puissance des (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Empire-ottoman-+.html" rel="tag"&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Depuis le r&#232;gne de Pierre le Grand (1682-1725) la Russie s'est constitu&#233;e en un v&#233;ritable empire et cherche &#224; &#233;tendre ses territoires, &#224; l'ouest vers les Balkans et &#224; l'est vers le Caucase, c'est-&#224;-dire sur des terres faisant partie de l'Empire ottoman. Cette volont&#233; d'expansion a &#233;t&#233; rendue possible par l'affaiblissement territorial progressif de l'Empire ottoman ainsi que par le caract&#232;re fig&#233; de ses structures sociales et politiques, difficiles &#224; r&#233;former. Au XIX&#232;me si&#232;cle, la mont&#233; en puissance des nationalismes &#8211; notamment dans les Balkans, mais aussi dans d'autres parties de l'Empire &#8211; et l'aggravation du d&#233;clin de l'Empire ottoman ont fait le jeu de la Russie. Tout au long du si&#232;cle, les relations entre la Russie et l'Empire ottoman demeurent complexes : souvent conflictuelles &#8211; les guerres entre les deux Etats sont nombreuses &#8211; elles s'apaisent parfois, la Russie cherchant alors &#224; &#233;tendre son influence par d'autres moyens. Ces relations tendues sont d'autant plus complexes que, bien souvent, les grandes puissances europ&#233;ennes interviennent pour conserver un &#233;quilibre entre les deux empires afin que l'un ne prenne pas l'ascendant sur l'autre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La situation au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle, les relations entre l'Empire russe et l'Empire ottoman sont r&#233;gies par le trait&#233; de K&#252;tch&#252;k-Kaynardja. Celui-ci, sign&#233; en 1774 &#224; la suite d'une guerre entre les deux pays (1768-1774), contient les germes des diff&#233;rends qui opposeront les deux puissances tout au long du XIX&#232;me si&#232;cle. En effet, le trait&#233; offre &#224; la Russie des avantages sans pr&#233;c&#233;dents : le droit pour la flotte russe de naviguer en mer Noire et d'utiliser les D&#233;troits, droit jusque-l&#224; r&#233;serv&#233; &#224; l'Empire ottoman ; le droit de prot&#233;ger des ressortissants orthodoxes de l'Empire ; le droit de repr&#233;senter les minorit&#233;s moldaves et valaques aupr&#232;s de la Porte. La libre navigation de la flotte russe sur la mer Noire et la question des D&#233;troits deviennent des enjeux dans la politique ext&#233;rieure de la Russie et dans ses relations avec l'Empire ottoman, &#233;tant garants de son passage vers la M&#233;diterran&#233;e. Les deux autres droits accord&#233;s par le trait&#233; lui permettent d'&#233;tendre son influence dans l'Empire ottoman, o&#249; les orthodoxes sont nombreux, et de disposer d'un droit d'intervention dans les affaires de celui-ci, ce que Yves Ternon qualifie de &#171; droit d'ing&#233;rence&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Yves Ternon, Empire ottoman : le d&#233;clin, la chute, l'effacement, p. 82.' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; &#187; Une deuxi&#232;me guerre oppose les deux pays entre 1787 et 1792. La paix de Jassy, sign&#233;e le 9 janvier 1792, reprend les clauses du trait&#233; de K&#252;tch&#252;k-Kaynardja et donne de nouveaux territoires &#224; la Russie : la Crim&#233;e et la G&#233;orgie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Expedition-d-Egypte-1798-1801.html' class='spip_in'&gt;L'exp&#233;dition fran&#231;aise en Egypte&lt;/a&gt; (1798-1801) est l'occasion d'une br&#232;ve alliance entre la Russie, la Grande-Bretagne et l'Empire ottoman, sign&#233;e &#224; Constantinople en 1799. Cependant, cette alliance contrarie les volont&#233;s d'expansion territoriale de la Russie en Europe, notamment dans les provinces danubiennes et les Balkans, et tr&#232;s vite la Russie se rapproche de la France, au d&#233;triment de son alliance avec l'Empire ottoman. Toutefois, les deux pays ne parviennent pas &#224; s'entendre sur un plan de partage de l'Empire ottoman. Tandis que les hostilit&#233;s entre la France et la Grande-Bretagne reprennent, la Russie du Tsar Alexandre Ier d&#233;cide d'envahir l'Empire ottoman. Elle estime que l'une des clauses de la paix de Jassy, lui donnant un droit de regard sur la nomination des princes moldaque et valaque, n'a pas &#233;t&#233; respect&#233;e. Face &#224; la menace fran&#231;aise &#8211; Napol&#233;on est aux portes de la Russie &#8211; une paix est n&#233;goci&#233;e en 1812 entre la Russie et l'Empire ottoman et ent&#233;rin&#233;e &#224; Bucarest. L'avantage est &#224; la Russie : elle obtient en effet la Bessarabie. La paix revient pour un temps entre les deux pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les relations entre les deux empires au d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle sont repr&#233;sentatives de ce qu'elles seront tout au long du si&#232;cle, tour &#224; tour cordiales et tendues, et les points de conflit sont bien d&#233;finis. Mais ces relations ne sont pas uniquement bilat&#233;rales : elles s'inscrivent dans le cadre plus large du &#171; jeu &#187; des grandes puissances europ&#233;ennes, qui visent &#224; maintenir l'&#233;quilibre en Europe au fur et &#224; mesure que les alliances &#233;voluent et que les ambitions de chacun, nationalistes ou imp&#233;rialistes, tentent de se r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La Russie, protectrice de l'Empire ottoman ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'&#233;clate la guerre d'ind&#233;pendance grecque, la Russie d&#233;cide de ne pas soutenir la r&#233;bellion, bien que le Tsar ait accept&#233; que son ancien aide de camp, Alexandre Ypsilanti, en prenne la t&#234;te. En effet, la Russie ne souhaite pas entrer en conflit avec l'Empire ottoman et laisse &#224; l'Autriche et &#224; la Grande-Bretagne le soin de jouer le r&#244;le de m&#233;diateur entre les insurg&#233;s et le pouvoir ottoman. Avec la mort d'Alexandre Ier, le 1er d&#233;cembre 1825, et l'av&#232;nement de Nicolas Ier sur le tr&#244;ne, la situation change &#224; nouveau. Celui-ci poursuit en effet le r&#234;ve de Pierre le Grand et de Catherine II de Russie de d&#233;membrer l'Empire ottoman, et exige que certaines clauses du trait&#233; de Bucarest, jusque-l&#224; laiss&#233;es de c&#244;t&#233;, soient respect&#233;es. Pour &#233;viter une intervention russe, le Sultan confirme par une convention sign&#233;e le 7 octobre 1827 &#224; Akkerman les dispositions du trait&#233; de Bucarest, selon lesquelles la Russie devient la protectrice des principaut&#233;s roumaine et serbe. Mais le sultan refuse de n&#233;gocier sur la question de l'ind&#233;pendance grecque. La Russie d&#233;clare alors la guerre &#224; la Porte le 28 avril 1828. Suite &#224; une campagne rapide et victorieuse pour les Russes, un trait&#233; de paix est sign&#233; &#224; Andrinople le 14 septembre 1829. Les avantages obtenus par ce trait&#233; - la libre circulation des navires marchands russes sur les D&#233;troits, la confirmation du protectorat russe sur les principaut&#233;s roumaine et serbe et la conqu&#234;te de nouveaux territoires pris &#224; l'Empire - modifient les relations entre la Russie et l'Empire ottoman. Pour un temps, la Russie ne cherche plus le d&#233;membrement de l'Empire ottoman, qui donnerait naissance &#224; des pays concurrents, et s'&#233;rige en protectrice de celui que le tsar Nicolas Ier a qualifi&#233; d' &#171; homme malade &#187; de l'Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce nouveau volet des relations russo-ottomanes est illustr&#233; lors du conflit opposant la Porte &#224; &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mehemet-Ali-le-fondateur-de-l.html' class='spip_in'&gt;M&#233;h&#233;met Ali&lt;/a&gt;. En effet, lorsque le Pacha d'Egypte entre en guerre contre la Sublime Porte, en 1831, Mahmud II fait appel &#224; la Russie qui envoie une partie de sa flotte en soutien &#224; l'Empire. La Russie consid&#232;re d'une part qu'elle doit prot&#233;ger l'Empire ottoman, et craint d'autre part qu'une victoire de M&#233;h&#233;met Ali ne lui fasse perdre les avantages acquis avec le trait&#233; d'Andrinople. Face &#224; la menace que constitue l'Egypte pour l'int&#233;grit&#233; de l'Empire ottoman, la France et la Grande-Bretagne interviennent sur le plan diplomatique pour r&#233;gler le conflit. La Russie n&#233;gocie avec le Sultan le retrait de sa flotte et obtient, avec le trait&#233; d'Unkiar-Skelessi du 8 juillet 1833, un droit d'intervention dans les D&#233;troits en cas de conflit entre l'Empire ottoman et un autre pays, alors que ceux-ci restent ferm&#233;s &#224; toute autre flotte de guerre. Cependant, la Russie ne jouit gu&#232;re de cet avantage qui lui &#233;tait pourtant d&#233;cisif : lors de la convention de Londres de juillet 1841, visant &#224; mettre fin &#224; la seconde guerre entre M&#233;h&#233;met Ali et l'Empire ottoman, une convention sur le statut des D&#233;troits est sign&#233;e par les grandes puissances europ&#233;ennes. Les d&#233;troits sont dor&#233;navant interdits &#224; toute flotte &#233;trang&#232;re en temps de paix. Pour Yves Ternon, cette convention, qui &#244;te &#224; la Russie les avantages que les pr&#233;c&#233;dents trait&#233;s lui avaient accord&#233;s, ravive les tensions autour de la question des D&#233;troits, et modifie &#224; nouveau les relations russo-ottomanes : d&#233;sormais, la Russie tente de regagner les avantages perdus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La guerre de Crim&#233;e : les relations russo-ottomanes &#224; l'&#233;preuve du jeu des grandes puissances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La guerre de Crim&#233;e est l'illustration que les relations russo-ottomanes au XIX&#232;me si&#232;cle ne peuvent &#234;tre comprises dans un sens uniquement bilat&#233;ral, et sont, au contraire, en permanence soumises au jeu des grandes puissances europ&#233;ennes. Le conflit se cristallise autour de la question des lieux saints. Les Latins d'Orient exigent du Sultan que celui-ci leur accorde l'acc&#232;s &#224; l'&#233;glise de la Nativit&#233; de Bethl&#233;em ainsi que le droit d'y officier, ce qui indigne le patriarcat grec orthodoxe, jusque-l&#224; seul &#224; user de ce privil&#232;ge. Napol&#233;on III, qui souhaite se concilier la faveur du clerg&#233; catholique fran&#231;ais, d&#233;cide de s'&#233;riger en protecteur des Latins d'Orient. La Russie, qui cherche depuis le trait&#233; de K&#252;tch&#252;k-Kaynardja &#224; &#234;tre reconnue comme la protectrice des orthodoxes de l'Empire, prend position pour le camp adverse. La Porte est prise entre deux fronts : elle ne souhaite contrarier aucune des deux puissances et d&#233;cide de c&#233;der sur quelques points aux Latins d'Orient, tout en r&#233;affirmant les droits des orthodoxes. Ce n'est pas suffisant pour la Russie, qui estime que les orthodoxes ont &#233;t&#233; l&#233;s&#233;s. L'ambassadeur du tsar, Menchikov, transmet alors un ultimatum au Sultan : si celui-ci ne reconna&#238;t pas la Russie comme unique protectrice des orthodoxes de l'Empire, comme l'article 7 du trait&#233; de K&#252;tch&#252;k-Kaynardja l'y autorisait, elle attaquera. Le Sultan fait &#224; nouveau des concessions, en r&#233;it&#233;rant la garantie de la libert&#233; religieuse pour tous les sujets de l'Empire, le 6 juin 1853. En d&#233;pit de ce geste, la Russie d&#233;cide d'attaquer et envahit l'Empire. La Porte lui d&#233;clare la guerre le 4 octobre 1853.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face &#224; l'invasion russe, la France et la Grande-Bretagne s'allient : la France parce qu'elle refuse la mainmise de la Russie sur l'ensemble des populations orthodoxes de l'Empire ottoman, la Grande-Bretagne parce qu'elle veut pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'Empire, qui lui garantit le passage vers la route des Indes. Cependant, cette aide n'est pas sans contreparties et les deux pays exigent de l'Empire ottoman qu'il s'engage plus avant dans les r&#233;formes amorc&#233;es par l'&#233;dit de G&#252;lhane de 1839 (les &lt;i&gt;&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Tanzimat.html' class='spip_in'&gt;Tanz&#238;m&#226;t&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Le Sultan accepte et, en mars 1854, les deux puissances entrent en guerre contre la Russie. La guerre se d&#233;roule principalement en Crim&#233;e, o&#249; les arm&#233;es russe, fran&#231;aise, britannique et des troupes ottomanes s'affrontent dans des combats sanglants. Le si&#232;ge de S&#233;bastopol, principal bastion de l'arm&#233;e russe, dure pr&#232;s d'un an, de septembre 1854 &#224; septembre 1855, faisant plusieurs milliers de morts dans chaque camp. La mort du tsar Nicolas II et l'av&#232;nement de son fils, en mars 1855, permettent aux diff&#233;rentes parties d'entamer des n&#233;gociations. Cependant, ce n'est qu'avec la chute de S&#233;bastopol, le 10 septembre 1855, que la guerre prend r&#233;ellement fin : la Russie a &#233;t&#233; vaincue par l'alliance franco-britannique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les n&#233;gociations de paix s'engagent &#224; Paris le 25 f&#233;vrier 1856 et le trait&#233; de paix est sign&#233; le 30 mars 1856. Entre-temps, la Sublime Porte, tenant ses promesses vis-&#224;-vis de la France et de la Grande-Bretagne, a publi&#233; le 18 f&#233;vrier un rescrit royal qui perp&#233;tue les r&#233;formes de l'&#232;re des Tanzim&#226;t, donnant notamment aux communaut&#233;s religieuses une plus grande autonomie. Le trait&#233; de Paris renouvelle le statut des D&#233;troits, est cens&#233; limiter l'ing&#233;rence des pays europ&#233;ens dans les affaires de l'Empire ottoman &#8211; ce qui ne sera qu'en partie respect&#233;. Pour Yves Ternon et Paul Dumont, ce trait&#233; marque le passage, pour l'Empire ottoman, d'une tutelle russe &#224; une tutelle europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les relations russo-ottomanes, dans la premi&#232;re partie du XIX&#232;me si&#232;cle, sont donc complexes. Les conflits s'articulent en trois points : la volont&#233; de la Russie d'&#233;tendre son influence sur les Balkans, de s'&#233;riger en protectrice des sujets orthodoxes de l'Empire ottoman et de pouvoir faire usage des D&#233;troits et de la Mer Noire ; trois points qui menacent l'int&#233;grit&#233; et la souverainet&#233; de l'Empire ottoman. Cependant, la position russe n'est pas constante : elle &#233;volue selon les rapports de force europ&#233;ens, et selon les ambitions des Tsars qui se succ&#232;dent. L'Empire ottoman, face &#224; ces ambitions, n'a presque jamais l'avantage dans ses relations avec la Russie, et doit bien souvent s'adapter ou r&#233;agir face aux initiatives russes. Les relations russo-ottomanes s'inscrivent &#233;galement, de fa&#231;on plus large, dans la politique des grandes puissances europ&#233;ennes, dont les buts sont eux aussi changeants, bien que la pr&#233;servation de l'Empire ottoman, face au souhait de la Russie d'un d&#233;membrement, apparaisse comme un but constant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sous la direction de Robert Mantran,&lt;i&gt; Histoire de l'Empire ottoman&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1994, 810 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jean-Claude Caron et Michel Vernus, &lt;i&gt;L'Europe au XIX&#232;me si&#232;cle : des nations aux nationalismes&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 2011, 493 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Yves Ternon, &lt;i&gt;L'Empire ottoman : le d&#233;clin, la chute, l'effacement&lt;/i&gt;, Editions le F&#233;lin, 2002, 575 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh4-1' id='nb4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Yves Ternon, &lt;i&gt;Empire ottoman : le d&#233;clin, la chute, l'effacement&lt;/i&gt;, p. 82.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le n&#233;o-ottomanisme, clef de lecture de la Turquie contemporaine ?</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Relations Internationales</dc:subject>
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		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

		<description>Le concept de &#171; n&#233;o-ottomanisme &#187; est souvent appliqu&#233; &#224; la Turquie, depuis qu'elle est gouvern&#233;e par l'AKP [1], la formation post-islamiste de Recep Tayyip Erdo&#287;an, qui a &#233;t&#233; reconduite au pouvoir pour la troisi&#232;me fois cons&#233;cutive, en juin 2011. Cette inclination s'observe dans nombre d'analyses de la nouvelle politique &#233;trang&#232;re d'Ankara. Rompant avec le rapport privil&#233;gi&#233; qu'elle entretenait depuis les d&#233;buts de la guerre froide avec les Occidentaux, la diplomatie turque, qui a d&#233;velopp&#233; des relations (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L117xH150/arton1027-b6fc3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='117' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:117px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le concept de &#171; n&#233;o-ottomanisme &#187; est souvent appliqu&#233; &#224; la Turquie, depuis qu'elle est gouvern&#233;e par l'&lt;i&gt;AKP&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-1' class='spip_note' rel='footnote' title='AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi &#8211; Parti de la justice et du d&#233;veloppement).' id='nh5-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, la formation post-islamiste de Recep Tayyip Erdo&#287;an, qui a &#233;t&#233; reconduite au pouvoir pour la troisi&#232;me fois cons&#233;cutive, en juin 2011. Cette inclination s'observe dans nombre d'analyses de la nouvelle politique &#233;trang&#232;re d'Ankara. Rompant avec le rapport privil&#233;gi&#233; qu'elle entretenait depuis les d&#233;buts de la guerre froide avec les Occidentaux, la diplomatie turque, qui a d&#233;velopp&#233; des relations soutenues avec son voisinage, et renou&#233; notamment avec le monde arabe, serait mue d&#233;sormais par une strat&#233;gie n&#233;o-ottomaniste, qui viserait &#224; recomposer une influence imp&#233;riale perdue depuis les d&#233;buts du 20e si&#232;cle. En fait, selon certains experts, au moment o&#249; sa candidature &#224; l'Union europ&#233;enne s'enlise, la Turquie se tournerait &#224; nouveau vers l'Orient.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'hypoth&#232;se est d'autant plus all&#233;chante que ce pays est en train de rompre avec son pass&#233; k&#233;maliste. Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, nombre de tabous de la R&#233;publique la&#239;que ont &#233;t&#233; &#233;branl&#233;s, la religion s'est faite plus visible dans l'espace public, et le r&#233;gime de d&#233;mocratie contr&#244;l&#233;e, issu d'une s&#233;rie de coups d'Etat militaires cycliques, a &#233;t&#233; tr&#232;s largement remis en cause. Mais, s'il vrai qu'une certaine nostalgie ottomane affecte aujourd'hui la vie politique et la soci&#233;t&#233; turques, constitue-t-elle pour autant une clef de lecture pertinente pour comprendre les &#233;volutions en cours de la Turquie contemporaine, en particulier celles de sa politique &#233;trang&#232;re ? Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Nostalgie et r&#233;habilitation de l'Empire ottoman dans la Turquie de l'AKP&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La red&#233;couverte des acquis politiques et constitutionnels de la p&#233;riode ottomane rencontre &#224; bien des &#233;gards une pr&#233;occupation majeure des dirigeants de l'&lt;i&gt;AKP&lt;/i&gt;, qui souhaitent rompre avec les dogmes historiques et id&#233;ologiques &#233;tablis par un r&#233;gime de parti unique, apr&#232;s la fondation de la R&#233;publique en 1923. L'histoire officielle r&#233;publicaine, con&#231;ue principalement pour l&#233;gitimer les r&#233;formes de modernisation et d'occidentalisation de Mustafa Kemal impos&#233;es par le haut, faisait traditionnellement de l'Empire ottoman une p&#233;riode de d&#233;cadence, responsable de la d&#233;faite de la Premi&#232;re Guerre mondiale et de l'humiliation du Trait&#233; de S&#232;vres. Sans renier totalement la R&#233;publique, les nouveaux dirigeants turcs pr&#233;tendent en d&#233;noncer les d&#233;rives autoritaristes et la&#239;cistes. De l&#224;, leur int&#233;r&#234;t pour un Empire qui, au cours de son ultime si&#232;cle d'existence, aurait initi&#233; la plupart des r&#233;formes que le k&#233;malisme a consacr&#233; dans l'entre-deux-guerres, sans pour autant malmener l'islam et emp&#234;cher la naissance d'un r&#233;gime pluraliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fa&#231;on tr&#232;s significative une exposition sur les &#233;lections en Turquie, organis&#233;e par la municipalit&#233; (&lt;i&gt;AKP&lt;/i&gt;) d'Istanbul, entre d&#233;cembre 2008 et janvier 2009&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Sine-i Millet Sergisi, Tanzimat'tan Cumhuriyet'e Se&#231;im (1840-1950), Istanbul &#8211; Taksim, 20 d&#233;cembre 2008 &#8211; 30 janvier 2009.' id='nh5-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, essayait de d&#233;montrer que le r&#233;gime repr&#233;sentatif &#233;tait n&#233; dans ce pays, au cours de la p&#233;riode lib&#233;rale des &lt;i&gt;Tanzimat&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-3' class='spip_note' rel='footnote' title='P&#233;riode de r&#233;formes s'&#233;talant sous le r&#232;gne de trois sultans entre 1839 et 1877.' id='nh5-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, en exhibant notamment les photos des premiers parlements de l'Empire et une magnifique urne en bois sculpt&#233; en service lors des &#233;lections de la deuxi&#232;me monarchie constitutionnelle ottomane&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Seconde monarchie constitutionnelle ottomane (&#304;kinci Me&#351;rutiyet) qui intervint apr&#232;s la R&#233;volution jeune turque de 1908 et se poursuivit jusqu'en 1912, en donnant lieu &#224; la seule v&#233;ritable tentative de r&#233;gime parlementaire sous l'Empire ottoman et &#224; un d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des libert&#233;s politiques.' id='nh5-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Une telle d&#233;marche, qui n'est pas sans rappeler certaines analyses concernant les derniers soubresauts r&#233;formateurs de la Russie tzariste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. notamment, H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, Nicolas II, la transition interrompue, Fayard 1996.' id='nh5-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, essaye ainsi de montrer qu'un d&#233;but de vie d&#233;mocratique a exist&#233; dans l'Empire ottoman avant la R&#233;publique, et que l'on aurait peut-&#234;tre pu faire l'&#233;conomie du r&#233;gime autoritaire k&#233;maliste, qui a coup&#233; le pays de son histoire et de ses valeurs traditionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette relecture de l'histoire ottomano-turque dont les sous-entendus politiques sont &#224; peine voil&#233;s, survient au moment m&#234;me o&#249; l'Empire conna&#238;t un regain d'int&#233;r&#234;t et de sympathie populaires, qui se manifeste de multiples fa&#231;ons. On observe en particulier les efforts faits pour restaurer le patrimoine architectural ottoman dans la plupart des grandes villes turques. A Istanbul, l'une des r&#233;alisations marquantes des derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; le mus&#233;e panoramique &lt;i&gt;Istanbul 1453&lt;/i&gt;, qui exalte la prise de Constantinople, et draine quotidiennement un public nombreux d'origine modeste presqu'exclusivement turc. Des feuilletons t&#233;l&#233;vis&#233;s &#224; succ&#232;s ont d&#233;sormais pour cadre l'Empire ottoman, et traitent d'&#233;v&#233;nements historiques, sans pour autant s'interdire des allusions aux relations internationales contemporaines. D&#232;s la premi&#232;re semaine de sa sortie sur les &#233;crans, le film de Faruk &lt;i&gt;Aksoy, Fetih 1453&lt;/i&gt;, qui utilise les techniques de tournage et de montage des superproductions am&#233;ricaines pour raconter la chute de l'ancienne capitale byzantine, a enregistr&#233; plus de 2,5 millions d'entr&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &lt;i&gt;Ottomanomania&lt;/i&gt; v&#233;hicule aussi un nationalisme certain et souvent revendiqu&#233;. Au moment o&#249; la Turquie, s'appuyant sur une croissance &#233;conomique solide et un activisme diplomatique remarqu&#233;, devient une puissance r&#233;gionale aux ambitions internationales d&#233;clar&#233;es, les r&#233;alisations pr&#233;c&#233;demment cit&#233;es s'emploient &#224; r&#233;concilier les valeurs incontournables de la R&#233;publique avec celles de l'Empire multis&#233;culaire qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Tr&#232;s symptomatique est &#224; cet &#233;gard &#171; La R&#233;publique ottomane &#187;, un film comique r&#233;cent de fiction politique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb5-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Osmanli Cumhuriyeti (La R&#233;publique ottomane), film de &#350;ukru Av&#351;ar, 2008.' id='nh5-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, qui imagine ce qu'il serait advenu de la Turquie si Mustafa Kemal n'avait pas exist&#233;. Apr&#232;s de premiers d&#233;veloppements qui montrent un &#201;tat-croupion ottoman devenu, de nos jours, un protectorat am&#233;ricain, on s'attend &#224; ce que soit une fois de plus d&#233;clin&#233;e la vision p&#233;jorative r&#233;publicaine officielle de l'Empire, mais le sultan un peu balourd initialement mis en sc&#232;ne, prend finalement fait et cause pour la r&#233;sistance &#224; l'occupant yankee. Tandis que ce rebelle inattendu est destitu&#233; et banni, les ultimes images du film rappellent que cette histoire n'est qu'une fiction, tout en faisant r&#233;sonner les accents nationalistes d'un c&#233;l&#232;bre discours de Mustafa Kemal, qui clame haut et fort que le peuple turc uni ne sera jamais vaincu. Eu &#233;gard &#224; un tel engouement pour ce pass&#233; imp&#233;rial, on comprend que les responsables de l'&lt;i&gt;AKP&lt;/i&gt; ne manquent plus une occasion de lui rendre hommage. Ainsi, au d&#233;but du mois d'avril 2012, le Premier ministre s'est fait officiellement repr&#233;senter aux fun&#233;railles de la princesse Neslisah Osmano&#287;lu, derni&#232;re repr&#233;sentante de la famille ottomane r&#233;gnante avant la fondation de la R&#233;publique, en expliquant qu'il s'agissait l&#224; pour lui d'un &#171; devoir &#187; incontournable.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une politique &#233;trang&#232;re n&#233;o-ottomane ?&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement turc affecte pourtant moins volontiers cette posture ottomaniste en mati&#232;re de politique &#233;trang&#232;re, terrain o&#249; il redoute que ses voisins directs n'en prennent ombrage, et puissent y voir l'expression de vell&#233;it&#233;s n&#233;o-colonialistes. En d&#233;cembre 2010, une d&#233;claration d'Ahmet Davuto&#287;lu, &#233;voquant un &#171; espace ottoman &#187; au Moyen-Orient avait m&#233;content&#233; Bachar el-Assad, qui entretenait encore &#224; l'&#233;poque les meilleures relations avec Ankara. Le chef de la diplomatie turque s'&#233;tait alors empress&#233; de d&#233;mentir avoir tenu de tels propos, en renouvelant une position constante de la Turquie se d&#233;fendant de toute intention imp&#233;rialiste dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, la politique de bon voisinage, popularis&#233;e par le mot d'ordre &#171; z&#233;ro probl&#232;me avec nos voisins &#187;, n'a pourtant pas cess&#233; d'alimenter de telles supputations. Le spectaculaire rapprochement turco-syrien, le projet de zone de libre-&#233;change turco-arabe allant du Proche-Orient aux c&#244;tes marocaines, la place importante prise par Ankara aux c&#244;t&#233;s de Moscou au sein de la Zone &#233;conomique de la mer Noire, les multiples initiatives lanc&#233;es pour apporter des solutions &#224; des contentieux r&#233;gionaux (rapprochement isra&#233;lo-syrien, r&#233;tablissement des liens entre les factions palestiniennes, dossier nucl&#233;aire iranien, crises gouvernementales libanaise ou irakienne, r&#233;solutions des diff&#233;rends balkaniques), ont contribu&#233; &#224; accr&#233;diter l'id&#233;e de l'av&#232;nement d'une puissance &#233;mergente, renouant avec son glorieux pass&#233; imp&#233;rial.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut dire que le ton et le comportement des dirigeants turcs, pr&#233;conisant une solidarit&#233; r&#233;gionale pour limiter les interventions &#233;trang&#232;res au Moyen-Orient, n'a pas manqu&#233; de surprendre. Pr&#233;cisant sa vision de la politique &#233;trang&#232;re de la Turquie dans son environnement proche, Ahmet Davuto&#287;lu n'a cess&#233; de la poser, &#224; partir de 2009, en alternative aux solutions occidentales souvent malheureuses dans la r&#233;gion, et de la fonder sur l'exp&#233;rience unique que son pays aurait acquise, de par sa longue histoire, dans son aire de rayonnement g&#233;ographique. Le chef de la diplomatie turque a encore fait sensation, en ao&#251;t 2011, en passant l'A&#239;d el-Fitr &#224; Sarajevo, et en d&#233;clarant dans la Grande Mosqu&#233;e de cette ancienne cit&#233; ottomane : &#171; Nous avons &#233;t&#233; ici, nous sommes ici, et nous serons toujours ici. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n&#233;o-ottomanisme suppos&#233; a m&#234;me sembl&#233; se doubler d'une sorte de n&#233;o-tiers-mondisme, lorsque la Turquie a pris des positions qui ont paru franchement l'&#233;loigner de ses alli&#233;s occidentaux. Ainsi, en 2009, Recep Tayyip Erdo&#287;an, apr&#232;s avoir qualifi&#233; Mahmoud Ahmadinejad &#171; d'ami &#187;, a sign&#233; avec l'Iran et le Br&#233;sil un accord tripartite pr&#233;tendant r&#233;soudre le contentieux nucl&#233;aire de la R&#233;publique islamique, au grand dam des Etats-Unis. Cette initiative s'est accompagn&#233;e, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de critiques r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me international onusien, et d'une remise en cause des relations longtemps privil&#233;gi&#233;es et intenses qu'Ankara avait entretenues avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'analyse n&#233;o-ottomaniste et les mutations en cours de la Turquie contemporaine&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le concept de n&#233;o-ottomanisme, tr&#232;s en vogue pour analyser la Turquie dans les ann&#233;es 2009-2010, semble n&#233;anmoins s'&#234;tre quelque peu &#233;mouss&#233; &#224; l'&#233;preuve des &#233;volutions strat&#233;giques survenues au Moyen-Orient, et des mutations les plus r&#233;centes du syst&#232;me politique turc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que les printemps arabes, avec l'&#233;mergence du d&#233;bat autour du &#171; mod&#232;le turc &#187; ont paru accro&#238;tre encore le rayonnement r&#233;gional de la Turquie, mais ils ont aussi remis en cause les &#233;quilibres strat&#233;giques sur lesquels s'&#233;tait appuy&#233;e la politique de bon voisinage d'Ahmet Davuto&#287;lu. La crise libyenne, qui a vu Ankara refuser d'intervenir militairement, aux c&#244;t&#233;s de ses alli&#233;s occidentaux, en adoptant une attitude tr&#232;s anti-imp&#233;rialiste, a constitu&#233; une premi&#232;re &#233;preuve. La crise syrienne appara&#238;t comme un d&#233;fi encore plus redoutable. Non seulement la Turquie a du rompre avec le r&#233;gime de Bachar el-Assad, qu'elle avait choy&#233; au cours des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, mais elle se retrouve dans une position d'isolement r&#233;gional pr&#233;occupant, au moment o&#249; le soutien &#224; Damas de l'Iran, de la Russie et de la Chine s'amplifie. Plus g&#233;n&#233;ralement, alors que les v&#233;tos russes et chinois &#224; toute sanction contre la Syrie se suivent au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, c'est le spectre d'une v&#233;ritable Guerre froide au Moyen-Orient qui se profile, avec la constitution de deux camps dont les int&#233;r&#234;ts paraissent de moins en moins conciliables : celui de l'Iran, de la Syrie, du gouvernement irakien de Nouri al-Maliki et du Hezbollah libanais, soutenus par la Russie, d'un c&#244;t&#233; ; celui de la Turquie, des pays du Golfe et des Kurdes irakiens, soutenus par les Etats-Unis, de l'autre. Face &#224; cette nouvelle configuration strat&#233;gique, la Turquie s'est par ailleurs rapproch&#233;e de ses alli&#233;s occidentaux, en acceptant notamment le bouclier antimissile am&#233;ricain, et en mena&#231;ant la Syrie de faire jouer la clause de solidarit&#233; entre les membres de l'OTAN (art. 5 de la Charte de cette organisation), en cas de violations de sa fronti&#232;re par les troupes de Damas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;volutions internes de la Turquie laissent tout aussi perplexes, quant &#224; la pertinence de l'analyse n&#233;o-ottomaniste. Apr&#232;s deux l&#233;gislatures qui se sont sold&#233;es par une s&#233;rie de reculs de l'arm&#233;e, l'ouverture politique initiale semble s'essouffler, tandis que des signes &#233;vidents de rigidification et de concentration du pouvoir se manifestent. Les arrestations suspectes de journalistes se multiplient, les proc&#232;s pour complot s'&#233;ternisent et donnent trop souvent lieu &#224; des man&#339;uvres d'intimidation contre les milieux la&#239;ques, les espoirs de r&#232;glement politique de la question kurde s'&#233;vanouissent. Au train o&#249; vont les choses, c'est moins le lib&#233;ralisme ottoman que les p&#233;riodes autoritaires de l'Empire finissant que l'on invoquera pour caract&#233;riser les &#233;volutions politiques de la Turquie contemporaine, &#224; plus forte raison si la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle, qui doit avoir lieu au suffrage universel, devait permettre &#224; Recep Tayyip Erdo&#287;an d'acc&#233;der &#224; la magistrature supr&#234;me et transformait le r&#233;gime parlementaire turc actuel en r&#233;gime syst&#232;me semi-pr&#233;sidentiel. Mais, il est alors probable que le n&#233;o-ottomanisme trouverait une fois de plus l'occasion de s'illustrer en rendant compte de l'av&#232;nement d'un nouveau sultan !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Lire &#233;galement l'article de Jean Marcou publi&#233; sur le site Les cl&#233;s du Moyen-Orient :&lt;/strong&gt; &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/La-nouvelle-politique-etrangere-de.html' class='spip_in'&gt;La nouvelle politique &#233;trang&#232;re de la Turquie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-1' id='nb5-1' class='spip_note' title='Notes 5-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi &#8211; Parti de la justice et du d&#233;veloppement).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-2' id='nb5-2' class='spip_note' title='Notes 5-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Sine-i Millet Sergisi, Tanzimat'tan Cumhuriyet'e Se&#231;im&lt;/i&gt; (1840-1950), Istanbul &#8211; Taksim, 20 d&#233;cembre 2008 &#8211; 30 janvier 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-3' id='nb5-3' class='spip_note' title='Notes 5-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;P&#233;riode de r&#233;formes s'&#233;talant sous le r&#232;gne de trois sultans entre 1839 et 1877.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-4' id='nb5-4' class='spip_note' title='Notes 5-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Seconde monarchie constitutionnelle ottomane (&lt;i&gt;&#304;kinci Me&#351;rutiyet&lt;/i&gt;) qui intervint apr&#232;s la R&#233;volution jeune turque de 1908 et se poursuivit jusqu'en 1912, en donnant lieu &#224; la seule v&#233;ritable tentative de r&#233;gime parlementaire sous l'Empire ottoman et &#224; un d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des libert&#233;s politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-5' id='nb5-5' class='spip_note' title='Notes 5-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. notamment, H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, &lt;i&gt;Nicolas II, la transition interrompue&lt;/i&gt;, Fayard 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh5-6' id='nb5-6' class='spip_note' title='Notes 5-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Osmanli Cumhuriyeti&lt;/i&gt; (La R&#233;publique ottomane), film de &#350;ukru Av&#351;ar, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;tat abbasside (945-1258) : la reconfiguration du monde musulman. Deuxi&#232;me partie</title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
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		<description>La prise de Bagdad par les B&#251;yides en 945 correspond &#224; la fin du pouvoir temporel du califat abbasside, d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; ce clan de cavaliers venus d'Iran, qui va l'exercer pendant un peu plus d'un si&#232;cle. D&#232;s le Xe si&#232;cle, l'autorit&#233; religieuse de Bagdad elle-m&#234;me se trouve menac&#233;e par la mise en place de deux autres califats, qui contestent explicitement la l&#233;gitimit&#233; de la dynastie abbasside et remettent donc en cause l'int&#233;gralit&#233; de son pouvoir. Le XIe et le XIIe si&#232;cles quant &#224; eux voient l'installation sur (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La prise de Bagdad par les B&#251;yides en 945 correspond &#224; la fin du pouvoir temporel du califat abbasside, d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; ce clan de cavaliers venus d'Iran, qui va l'exercer pendant un peu plus d'un si&#232;cle. D&#232;s le Xe si&#232;cle, l'autorit&#233; religieuse de Bagdad elle-m&#234;me se trouve menac&#233;e par la mise en place de deux autres califats, qui contestent explicitement la l&#233;gitimit&#233; de la dynastie abbasside et remettent donc en cause l'int&#233;gralit&#233; de son pouvoir. Le XIe et le XIIe si&#232;cles quant &#224; eux voient l'installation sur le territoire imp&#233;rial de nouveaux pouvoirs, de type sultanien, qui sont de plus en plus puissants et menacent de fragmenter l'Empire. Toutefois, l'Empire abbasside n'est pas dissout, et conserve au moins th&#233;oriquement son int&#233;grit&#233; territoriale et son unit&#233; politique. Malgr&#233; l'opposition de deux califats rivaux, la dynastie abbasside parvient &#224; maintenir sur ce vaste territoire une certaine autorit&#233; califale, qui retrouve un sens profond &#224; la fin du XIe si&#232;cle face &#224; l'arriv&#233;e des premiers &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Les-croisades-temps-de-rencontre.html' class='spip_in'&gt;Crois&#233;s&lt;/a&gt; en Orient. Lorsque les Mongols, en 1258, mettent fin &#224; la dynastie en d&#233;truisant Bagdad, le pouvoir politique est d&#233;finitivement pass&#233; aux mains d'autres acteurs, et le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Califat-origine-role-et-evolution.html' class='spip_in'&gt;califat&lt;/a&gt; est devenu une instance spirituelle de r&#233;f&#233;rence, sens qu'il gardera dans la suite de l'Histoire d&#232;s lors qu'on posera la question de sa restauration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;De nouveaux pouvoirs : la mise en place de califats rivaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir du clan b&#251;yide en 945 va de pair avec l'affaiblissement g&#233;n&#233;ral du pouvoir central dans les provinces. Les luttes intestines entre &#233;mirs turcs de l'arm&#233;e et vizirs repr&#233;sentant l'administration imp&#233;riale ont d&#233;j&#224; largement &#233;branl&#233; le bon fonctionnement de l'&#201;tat, favorisant la cr&#233;ation de principaut&#233;s locales ainsi qu'une prise d'ind&#233;pendance des gouverneurs de province, qui s'organisent selon un principe dynastique. Des pouvoirs h&#233;r&#233;ditaires autonomes de facto se mettent donc en place aux fronti&#232;res de l'Empire, mais ils demeurent, au moins th&#233;oriquement, soumis au pouvoir de Bagdad, ce qui se concr&#233;tise la plupart du temps par le paiement d'une redevance &#8211; sur le mod&#232;le de l'accord pass&#233; entre H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d et Ibrahim ibn al-Aghlab, gouverneur de l'Ifrikiya, en 800.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, de v&#233;ritables pouvoirs d'opposition se dessinent dans le m&#234;me temps, tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur de l'Empire. Le premier est le califat umayyade de Cordoue, proclam&#233; en 929 par les descendants de la dynastie renvers&#233;e par les Abbassides en 750. L'&#233;mirat de Cordoue, fond&#233; en 756 par &#8216;Abd al-Rahm&#226;n, a toujours &#233;t&#233; ind&#233;pendant politiquement de l'Empire abbasside ; mais la proclamation d'un califat alternatif est une remise en cause explicite de la l&#233;gitimit&#233; du califat abbasside et de son autorit&#233; non seulement temporelle, mais surtout spirituelle sur la Communaut&#233; des Croyants &#8211; puisqu'il ne peut y avoir qu'un seul calife l&#233;gitime. Quarante ans plus tard, un troisi&#232;me califat appara&#238;t, chiite cette fois : c'est celui des Fatimides, qui s'emparent de l'&#201;gypte en 969 apr&#232;s avoir gouvern&#233; l'Ifrikiya pendant soixante ans. Issus de la branche chiite isma&#239;lienne, selon laquelle seuls les descendants de &#8216;Al&#238; peuvent pr&#233;tendre au califat, ils consid&#232;rent les Abbassides comme des usurpateurs et pr&#233;tendent r&#233;tablir le seul califat l&#233;gitime. La contestation, voire la menace que repr&#233;sentent ces deux califats rivaux de celui de Bagdad est d'autant plus forte que contrairement au calife abbasside, les Umayyades de Cordoue et les Fatimides du Caire allient encore pouvoir temporel et spirituel : ce sont eux qui exercent le pouvoir sur les territoires qu'ils contr&#244;lent. Leur autorit&#233; religieuse est donc renforc&#233;e par une autorit&#233; politique r&#233;elle &#8211; point d'autant plus important que l'un des r&#244;les principaux du calife est d'assurer la protection des musulmans, ce qui n'est possible que s'il dispose d'une certaine force politico-militaire. De Cordoue &#224; l'&#201;gypte, c'est donc l'ensemble de l'Occident m&#233;diterran&#233;en qui &#233;chappe &#224; l'autorit&#233; abbasside ; en 1057, les Fatimides sont en mesure de faire dire la pri&#232;re en leur nom dans tout l'Empire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'&#226;ge des sultanats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, le califat abbasside parvient &#224; se maintenir gr&#226;ce &#224; l'&#233;mergence d'un nouveau pouvoir : celui des Turcs Seldjoukides, dynastie sunnite arabis&#233;e qui se pr&#233;sente comme un rempart contre le chiisme des Fatimides. Elle est issue du clan des Turkm&#232;nes qui, men&#233; par Tughril Beg, conquiert l'Est de l'Empire et entre &#224; Bagdad en 1055. Tughril Beg d&#233;pose alors la dynastie b&#251;yide, vaincue, et monnaie son soutien au calife abbasside en &#233;change du titre de sultan Le mot sultan signifie en arabe &#171; pouvoir &#187;.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb6-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Utilis&#233; comme titre, il d&#233;signe celui qui d&#233;tient un pouvoir politique, par opposition au calife qui repr&#233;sente cens&#233;ment l'autorit&#233; religieuse supr&#234;me.' id='nh6-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les Seldjoukides parviennent &#224; unifier le Proche-Orient sous un pouvoir clanique, fond&#233; sur une base familiale ; la rupture entre le pouvoir politique et militaire, confi&#233; au sultan, et l'autorit&#233; spirituelle et religieuse, apanage du calife, est alors consomm&#233;e. La victoire remport&#233;e face &#224; l'Empire byzantin d'Alexis Comn&#232;ne, en 1075, permet la conqu&#234;te d'un territoire qui devient le sultanat du pays de R&#251;m&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb6-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le terme &#171; r&#251;m &#187; d&#233;signe les chr&#233;tiens orthodoxes, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Empire romain d'Orient dans lequel ils &#233;taient majoritaires. Le sultanat des R&#251;ms est d'ailleurs &#233;tabli sur un territoire pris aux Byzantins.' id='nh6-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Toutefois, l'unification op&#233;r&#233;e par les Seldjoukides dure peu, principalement en raison du syst&#232;me des atabegs : conform&#233;ment &#224; leur logique familiale, les Seldjoukides confient les diff&#233;rents gouvernorats &#224; des membres de leur clan, mais certains, trop jeunes pour gouverner, sont plac&#233;s sous la tutelle de r&#233;gents turcs ext&#233;rieurs (les atabegs), qui finissent souvent par se d&#233;barrasser de l'h&#233;ritier l&#233;gitime pour prendre le pouvoir &#224; sa place. Le plus c&#233;l&#232;bre d'entre eux est Zang&#238; (1087-1146), atabeg de Mossoul en 1127 et d'Alep en 1128 : r&#233;unissant les deux villes, il cherche &#224; unifier toute la Syrie musulmane afin de pouvoir coordonner les efforts contre les Francs, install&#233;s en Orient depuis la toute fin du XIe si&#232;cle &#224; la suite des croisades. Son fils et successeur N&#251;r al-D&#238;n (1117-1174) atteint cet objectif en 1154 avec la conqu&#234;te de Damas, qui lui permet de r&#233;unir sous son autorit&#233; l'ensemble de la Syrie musulmane. N&#251;r al-D&#238;n justifie ses volont&#233;s d'expansion territoriale par le d&#233;sir de lutter contre la pr&#233;sence franque : dans la reprise de la th&#233;orie du jih&#226;d, la guerre sainte, il utilise la r&#233;f&#233;rence au califat abbasside comme l&#233;gitimation de son action. &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Saladin.html' class='spip_in'&gt;Saladin&lt;/a&gt; (1138-1193), qui prend le pouvoir en &#201;gypte en 1169 &#224; la faveur d'une exp&#233;dition lanc&#233;e par N&#251;r al-D&#238;n, adopte la m&#234;me attitude : il l&#233;gitime son action militaire et politique contre le califat fatimide du Caire en se posant en d&#233;fenseur du calife abbasside, pour qui l'existence de ce califat rival est une insulte. Il le d&#233;truit effectivement en 1171. Durant tout son r&#232;gne, Saladin conserve cette position. Son combat contre les Francs, qui permet la reconqu&#234;te de J&#233;rusalem par les musulmans en 1187, est men&#233; au nom du calife de Bagdad, dont il cherche &#224; obtenir l'approbation et la b&#233;n&#233;diction. Cette r&#233;f&#233;rence au calife comme autorit&#233; religieuse supr&#234;me est donc r&#233;affirm&#233;e constamment par les dirigeants politiques et devient la v&#233;ritable dimension du califat, dans ce partage des pouvoirs qui s'effectue de fait entre autorit&#233; politique et religieuse : le calife est d&#233;sormais le gardien de la &#171; vraie foi &#187;, c'est-&#224;-dire l'orthodoxie sunnite, ce qui justifie sa position de chef supr&#234;me de la Communaut&#233; des Croyants. Il est donc &#233;galement la seule instance justifiant le &lt;i&gt;jih&#226;d&lt;/i&gt;, ce qui explique son r&#244;le &#8211; symbolique, mais r&#233;el &#8211; dans la politique du monde musulman m&#233;di&#233;val, m&#234;me lorsque le pouvoir temporel lui &#233;chappe d&#233;finitivement &#224; l'&#226;ge des sultanats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le choc mongol et l'h&#233;ritage abbasside&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce syst&#232;me s'effondre toutefois au milieu du XIIIe si&#232;cle, lorsque l'arriv&#233;e concomitante des Francs de la septi&#232;me croisade (men&#233;e par Saint Louis) et des Mongols modifie durablement la situation politique de l'Orient musulman m&#233;di&#233;val. L'attaque franque sur l'&#201;gypte, en 1250, intervient au moment pr&#233;cis de la mort du sultan ayyoubide&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb6-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Les Ayyoubides sont la dynastie fond&#233;e par Saladin, du nom de son p&#232;re, Ayy&#251;b.' id='nh6-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Malik al-S&#226;lih Ayy&#251;b, donnant aux Mamelouks l'occasion de prendre le pouvoir &#224; la suite de leur victoire contre les Crois&#233;s &#224; Mans&#251;ra&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb6-4' class='spip_note' rel='footnote' title='La ville fut nomm&#233;e ainsi par les Mamelouks apr&#232;s la bataille ; ce nom signifie &#171; la Victorieuse &#187;.' id='nh6-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En 1258, les Mongols men&#233;s par H&#252;leg&#252; prennent Bagdad et tuent le calife : c'est la fin de la dynastie abbasside. Toutefois, l'importance symbolique qui d&#233;finit d&#233;sormais le califat ne dispara&#238;t pas avec elle : les descendants des Abbassides seront amen&#233;s au Caire par les Mamelouks, apr&#232;s leur victoire sur les Mongols, et serviront de caution religieuse au pouvoir mamelouk. Mais le califat en tant qu'institution concr&#232;te &#8211; ce qu'il est rest&#233; jusqu'en 1258, m&#234;me si ses attributions ont chang&#233; &#8211; a bien disparu. Toutefois, il ne sera plus jamais question de restaurer un pouvoir califal semblable &#224; celui des premiers califes, ou m&#234;me des Umayyades. M&#234;me lorsqu'au XIXe si&#232;cle, dans l'Empire ottoman, certains revendiquent la restauration du califat, celui-ci demeure d&#233;fini comme une institution symbolique, d'autant que l'autorit&#233; religieuse, entre-temps, est pass&#233;e entre les mains des oul&#233;mas. &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Abdulhamid-II-sultan-ottoman-1876.html' class='spip_in'&gt;Abd&#252;lhamid II&lt;/a&gt; (1876-1909) utilise le titre de calife pour tenter de maintenir une sorte de tutelle spirituelle sur les territoires perdus par l'Empire ottoman. Le califat a donc bien chang&#233; de sens sous la dynastie abbasside : le pouvoir politique continue souvent &#224; se r&#233;clamer du religieux, en grande partie pour renforcer sa l&#233;gitimit&#233; qui, sinon, est surtout militaire &#8211; c'est le cas des Mamelouks ; mais jamais plus on ne verra de r&#233;union du spirituel et du temporel entre les mains d'un seul homme ou d'une seule dynastie, comme ce fut le cas dans les tout premiers temps de l'Islam. Cela, d'ailleurs, pourra donner lieu &#224; une nostalgie assez forte, qui contribue aussi &#224; la construction du mythe de l'&#226;ge d'or.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Amira K. Bennison, &lt;i&gt;The Great Caliphs : The Golden Age of the &#8216;Abbasid Empire&lt;/i&gt;, New Haven, Yale University Press, 2010, 244 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Anne-Marie Edd&#233;, &lt;i&gt;Saladin&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 2008, 761 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ren&#233; Grousset, &lt;i&gt;L'&#201;pop&#233;e des croisades&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Perrin, 1995, 321 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Albert Hourani, &lt;i&gt;Histoire des peuples arabes&lt;/i&gt;, Paris, collection Points Seuil, 1993, 732 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dominique Sourdel, &lt;i&gt;L'Islam m&#233;di&#233;val : Religion et civilisation&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 2005, 230 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#201;ric Vallet, &#171; Cours d'initiation &#224; l'histoire de l'Islam m&#233;di&#233;val &#187;, ENS Ulm, 2011-2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh6-1' id='nb6-1' class='spip_note' title='Notes 6-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Utilis&#233; comme titre, il d&#233;signe celui qui d&#233;tient un pouvoir politique, par opposition au calife qui repr&#233;sente cens&#233;ment l'autorit&#233; religieuse supr&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh6-2' id='nb6-2' class='spip_note' title='Notes 6-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le terme &#171; r&#251;m &#187; d&#233;signe les chr&#233;tiens orthodoxes, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Empire romain d'Orient dans lequel ils &#233;taient majoritaires. Le sultanat des R&#251;ms est d'ailleurs &#233;tabli sur un territoire pris aux Byzantins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh6-3' id='nb6-3' class='spip_note' title='Notes 6-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Les Ayyoubides sont la dynastie fond&#233;e par Saladin, du nom de son p&#232;re, Ayy&#251;b.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh6-4' id='nb6-4' class='spip_note' title='Notes 6-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La ville fut nomm&#233;e ainsi par les Mamelouks apr&#232;s la bataille ; ce nom signifie &#171; la Victorieuse &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>165. Ainhoa Tapia</title>
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		<dc:date>2012-05-01T16:30:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>



		<description>Ainhoa Tapia est &#233;tudiante en master d'histoire contemporaine &#224; l'Ecole doctorale de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Elle s'int&#233;resse &#224; l'histoire des Etats du Moyen-Orient au vingti&#232;me si&#232;cle, en particulier &#224; la cr&#233;ation des syst&#232;mes &#233;tatiques et aux relations diplomatiques que ces Etats entretiennent entre eux.

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/-Les-auteurs-.html" rel="directory"&gt;30. Les auteurs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ainhoa Tapia est &#233;tudiante en master d'histoire contemporaine &#224; l'Ecole doctorale de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Elle s'int&#233;resse &#224; l'histoire des Etats du Moyen-Orient au vingti&#232;me si&#232;cle, en particulier &#224; la cr&#233;ation des syst&#232;mes &#233;tatiques et aux relations diplomatiques que ces Etats entretiennent entre eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le r&#232;gne de Mohammad Reza Shah : l'Iran de la Seconde Guerre mondiale &#224; la r&#233;volution islamique </title>
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		<dc:date>2012-05-01T16:22:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>

		<description>Pendant la Seconde Guerre mondiale, malgr&#233; une neutralit&#233; proclam&#233;e officiellement, le rapprochement iranien avec l'Allemagne se conclut en 1941 par une occupation du pays par les forces anglo-russes, depuis toujours tr&#232;s pr&#233;sentes dans la r&#233;gion. Reza Shah est ainsi d&#233;pos&#233; &#224; l'&#233;t&#233; 1941 et son fils a&#238;n&#233;, Mohammad Reza Shah, &#226;g&#233; de vingt et un ans, lui succ&#232;de. Commence alors une nouvelle p&#233;riode durant laquelle le jeune monarque va en parall&#232;le poursuivre la d&#233;marche de son p&#232;re de tenter de se d&#233;faire de la (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Iran-+.html" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/arton1024-6b679.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='115' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:115px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Pendant la Seconde Guerre mondiale, malgr&#233; une neutralit&#233; proclam&#233;e officiellement, le rapprochement iranien avec l'Allemagne se conclut en 1941 par une occupation du pays par les forces anglo-russes, depuis toujours tr&#232;s pr&#233;sentes dans la r&#233;gion. &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/L-Iran-de-la-Revolution.html' class='spip_in'&gt;Reza Shah&lt;/a&gt; est ainsi d&#233;pos&#233; &#224; l'&#233;t&#233; 1941 et son fils a&#238;n&#233;, Mohammad Reza Shah, &#226;g&#233; de vingt et un ans, lui succ&#232;de. Commence alors une nouvelle p&#233;riode durant laquelle le jeune monarque va en parall&#232;le poursuivre la d&#233;marche de son p&#232;re de tenter de se d&#233;faire de la tutelle anglo-russe ; chercher dans les Etats-Unis le nouvel alli&#233; providentiel dont son pays a besoin ; poursuivre la modernisation de son pays avec l'aide de quelques personnalit&#233;s essentielles, telle le docteur Mossadegh. Cependant, la puissante volont&#233; de contr&#244;le du nouveau shah et le charisme trop important de certains de ses collaborateurs finissent par amener une &#232;re de plus en plus tyrannique, durant laquelle le shah finit par perdre tous ses appuis traditionnels et ne r&#233;pond plus aux attentes de son peuple, laissant la voie libre &#224; la r&#233;volution islamique port&#233;e par le m&#233;contentement populaire.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Se lib&#233;rer de l'influence anglo-russe : l'&#171; affaire d'Azerba&#239;djan &#187; et la nationalisation de l'Anglo-Iranian Oil Company&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s janvier 1942, l'Iran devient un alli&#233; des puissances de l'Alliance. Le pays sert de lieu de rencontre pour la premi&#232;re conf&#233;rence tripartite de T&#233;h&#233;ran en 1943. Cependant, la volont&#233; de se lib&#233;rer de l'influence anglo-russe est loin d'avoir disparue et le pays se rapproche des Etats-Unis qui l'aident &#224; moderniser son arm&#233;e, heureux de l'opportunit&#233; d'&#233;tablir des liens avec un pays d&#233;mocratique et non arabe dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En politique interieure, suivant les principes de la constitution de 1906, le shah l&#232;ve les mesures de censure permettant &#224; de nombreuses revues de se cr&#233;er, ainsi qu'&#224; d'anciennes personnalit&#233;s en exil de revenir au pays (M. Mossadegh, Seyyed Zia), entamant une p&#233;riode de pluralisme politique. Les chefs tribaux se repositionnent au niveau local et le clerg&#233;, &#233;cart&#233; sous le r&#232;gne de Reza Shah, retrouve une place importante dans la vie du pays. En 1941 est aussi cr&#233;&#233; un nouveau parti communiste iranien sous le patronage des Sovi&#233;tiques, le parti Toudeh (Masse). Il prend rapidement de l'ampleur et joue un r&#244;le essentiel dans la premi&#232;re crise que traverse le pays d&#232;s la fin de la guerre. En effet, si en d&#233;cembre 1945 les Am&#233;ricains quittent le sol iranien suivis par les Britanniques quatre mois plus tard, les Sovi&#233;tiques - malgr&#233; l'accord de 1942 - semblent bien d&#233;cid&#233;s &#224; rester et &#224; cr&#233;er des remous dans le nord du pays. Ils appuient pour ce faire sur le chef local du Toudeh, Jafar Pisheri, qui en septembre 1945 a d&#233;clar&#233; l'autonomie de la province d'Azerba&#239;djan sous le contr&#244;le du comit&#233; central du Parti d&#233;mocratique d'Azerba&#239;djan, ancienne cellule locale du Toudeh. Parall&#232;lement, au Kurdistan, le 22 janvier 1946, Mohammad Qazi, chef du Parti d&#233;mocratique du Kurdistan iranien (ancien parti Komala) d&#233;clare, avec l'appui des Sovi&#233;tiques, l'ind&#233;pendance de la R&#233;publique du Kurdistan plus connue sous le nom de &#171; R&#233;publique de Mahabad &#187; (du nom de la r&#233;gion sous son contr&#244;le). T&#233;h&#233;ran se tourne alors vers le conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU nouvellement cr&#233;&#233;, qui lui recommande le 30 janvier 1946 de mener des n&#233;gociations avec Moscou. Dans ce cadre, l'URSS exige la reconnaissance de l'ind&#233;pendance de l'Azerba&#239;djan et la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re mixte dont 51% des actions appartiendraient &#224; l'Union sovi&#233;tique. Le 4 avril, un accord est trouv&#233;, mais la cr&#233;ation de la soci&#233;t&#233; mixte doit &#234;tre soumise au vote du parlement. Or le 11 mars, les Majles (Parlement iranien) sont arriv&#233;s &#224; terme et selon une loi vot&#233;e pendant la guerre, aucune &#233;lection ne peut &#234;tre tenue tant que des troupes &#233;trang&#232;res sont encore stationn&#233;es dans le pays. Les troupes sovi&#233;tiques finissent par quitter le pays le 9 mai, et le 14 d&#233;cembre les troupes de T&#233;h&#233;ran rentrent en Azerba&#239;djan o&#249; elles reprennent sans difficult&#233; le contr&#244;le de la province. Pisheri fuit en URSS. Mohammad Qazi est moins chanceux car lorsque les troupes iraniennes entrent sans r&#233;sistance &#224; Mahabad le 17 d&#233;cembre, il est arr&#234;t&#233; et ex&#233;cut&#233;. La cr&#233;ation de la soci&#233;t&#233; mixte est refus&#233;e par tous les membres du parlement &#224; l'exclusion des deux voix communistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'influence sovi&#233;tique semble donc contr&#233;e en 1946. L'influence britannique quant &#224; elle est plus difficile &#224; supprimer car elle n'est pas tant territoriale qu'&#233;conomique &#224; travers le conseil d'administration de l'Anglo-Iranian Oil Company. Dans les ann&#233;es 1950, le pouvoir iranien a besoin d'argent pour moderniser le pays, or les redevances financi&#232;re sont tr&#232;s faibles car la livre sterling est au plus bas. L'id&#233;e de nationaliser l'Anglo-Iranian Oil Company s'impose alors. Dans ce contexte, le docteur Mossadegh cr&#233;e en 1951 le Front National, une alliance pour la nationalisation de l'industrie p&#233;troli&#232;re et d&#233;but mars 1951, sous la pression de l'opinion publique, le shah accepte la proposition de la commission dirig&#233;e par Mossadegh concernant la nationalisation. La loi est promulgu&#233;e le 1er mai, quant &#224; Mossadegh il est nomm&#233; Premier ministre le 28 avril. Les Britanniques s'opposent &#224; cette nationalisation et la compagnie demande un arbitrage international. Suite &#224; l'implication de la Cour Internationale de Justice, les installations sont imm&#233;diatement occup&#233;es par les travailleurs iraniens. Les Britanniques ripostent par un embargo maritime sur les produits iraniens passant par le golfe Persique. Ils proposent ensuite un partage &#233;gal des profits mais ils se heurtent &#224; un refus iranien. Ce sera la nationalisation ou rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le shah prend le pouvoir : l'entr&#233;e dans les alliances de guerre froide et la fin du pluralisme politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La prolongation de la crise prive le pays des revenus p&#233;troliers et l'&#233;conomie s'en ressent. Au printemps 1952, la Banque mondiale propose la reprise des exportations avec retenue d'une partie des profits mais Mossadegh, craignant de para&#238;tre faible devant l'opinion, refuse. A l'&#233;t&#233; 1952, il exige d'&#234;tre nomm&#233; &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la Guerre jusqu'alors privil&#232;ge du Shah. Ce dernier refuse et Mossadegh d&#233;missionne. Des manifestations &#233;clatent dans tout le pays et le shah le rappelle en lui offrant, en plus de son poste de Premier ministre, le minist&#232;re de la Guerre. Mossadegh le purge, allant m&#234;me jusqu'&#224; exiler certains membres de la famille imp&#233;riale, s'ali&#233;nant ainsi le clerg&#233; toujours attach&#233; &#224; cette derni&#232;re. Paradoxalement, il se rapproche du Toudeh, tr&#232;s actif bien qu'interdit depuis une tentative d'assassinat du shah en 1949, obtenant ainsi un soutien populaire. Ce soutien inqui&#232;te les Am&#233;ricains et ils seront oblig&#233;s, selon lui, d'augmenter leur aide. Cependant Eisenhower, r&#233;cemment &#233;lu en 1953, refuse de donner cette aide car il ne pense pas que Mossadegh soit un rempart suffisant contre le communiste. La CIA cherche m&#234;me &#224; le renverser au profit de son ancien ministre de l'Int&#233;rieur pass&#233; &#224; l'opposition, le g&#233;n&#233;ral Fazlollah Zahedi. Mossadegh est r&#233;voqu&#233; le 15 ao&#251;t et Zahedi lui succ&#232;de &#224; la fonction de Premier ministre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec le renversement de Mossadegh d&#233;bute une p&#233;riode durant laquelle le pouvoir personnel du shah augmente au d&#233;triment du pluralisme politique. Le gouvernement Zahedi stabilise la situation politique et r&#232;gle le contentieux p&#233;trolier avec la cr&#233;ation le 19 septembre 1954 de la National Iranian Oil Company, dont la production est confi&#233;e &#224; un consortium international domin&#233; par la British Petroleum Company qui poss&#232;de 40% des parts. Parall&#232;lement, en politique int&#233;rieure, les &#233;lections de 1954 sont contr&#244;l&#233;es, le Front National interdit et le Toudeh pourchass&#233;. En 1957 est cr&#233;&#233;e une nouvelle agence de renseignement et de s&#233;curit&#233;, la Savak (Sazman-e amniat va etelaat-e keshvar), qui d&#233;pend officiellement du Premier ministre mais ne r&#233;pond dans les faits qu'au shah. Elle fut un des instruments principaux de la r&#233;pression des personnalit&#233;s trop influentes dans les ann&#233;es qui suivirent. Quant &#224; la place de l'Iran sur le plan international, le choix d'une alliance avec les Etats-Unis est d&#233;montr&#233; lors de la signature du &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Pacte-de-Bagdad.html' class='spip_in'&gt;pacte de Bagdad&lt;/a&gt; en octobre 1955. Cependant en 1962, avec le contexte international de la d&#233;tente, l'Iran s'engage &#224; ne pas avoir de rampes de lancement am&#233;ricaines sur son sol et &#224; ne pas agresser l'URSS.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;D'une r&#233;volution &#224; l'autre : l'&#233;chec de la &#171; r&#233;volution du Shah et du peuple &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 5 juin 1963, le shah lance un r&#233;f&#233;rendum pour conna&#238;tre l'avis de la population concernant sa &#171; r&#233;volution blanche &#187;, plus connue sous le nom de &#171; r&#233;volution du Shah et du peuple &#187;. Il s'agit d'une r&#233;forme en profondeur de la soci&#233;t&#233; dont les six principes fondamentaux sont les suivants : la nationalisation des for&#234;ts et des p&#226;turages, l'octroi du droit de vote aux femmes, la privatisation des entreprises &#233;tatiques pour financer la r&#233;forme agraire, la participation des travailleurs aux b&#233;n&#233;fices de leur entreprise, la cr&#233;ation d'une &#171; arm&#233;e du savoir &#187; dans laquelle les conscrits dipl&#244;m&#233;s contribuent aux campagnes d'alphab&#233;tisation. Cependant, ces changements nuisent aux appuis traditionnels du shah : les grands propri&#233;taires terriens, les chefs tribaux et le clerg&#233;, qui s'estiment l&#233;s&#233;s par la r&#233;forme agraire. De plus, cette r&#233;forme provoque un fort exode rural sans obtenir en retour le soutien des populations agricoles. Au sein du clerg&#233;, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, peu connu &#224; l'&#233;poque, lance une agitation contre le r&#233;f&#233;rendum dans les &#233;coles religieuses, agitation rapidement suivie par les populations urbaines gonfl&#233;es par l'exode rural, les bazaris et m&#234;me les &#233;tudiants. Il est arr&#234;t&#233; le 5 juin, ce qui provoque des heurts violents dans plusieurs villes. La loi martiale est d&#233;cr&#233;t&#233;e mais Khomeiny n'est qu'assign&#233; &#224; r&#233;sidence avec interdiction de faire des d&#233;clarations politiques. Il est finalement expuls&#233; en 1964 et se rend dans la ville sainte chiite de Najaf en Irak. En outre, la nouvelle classe moyenne n&#233;e de la r&#233;volution blanche et des revenus du p&#233;trole est m&#233;contente de ne pas avoir acc&#232;s aux sph&#232;res politiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ann&#233;es 1960 voient ainsi une triple opposition au pouvoir se mettre en place (nationaliste, islamiste et marxiste), avec parfois de v&#233;ritables actions de gu&#233;rilla. En effet, le bipartisme de fa&#231;ade avec la cr&#233;ation en 1957 des partis Melliyoun (Nationaliste) et Mardom (Peuple) dirig&#233;s par deux amis personnels du shah, Manoutchehr Eqbal et Asadollah Alam, est loin de satisfaire le peuple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;but des ann&#233;es 1970 est marqu&#233; cependant par des succ&#232;s de l'Iran en politique ext&#233;rieure et en &#233;conomie avec la &#171; doctrine Nixon &#187; (les puissances r&#233;gionales sont amen&#233;es &#224; prendre davantage la s&#233;curit&#233; de la zone en main) et avec le choc p&#233;trolier de 1973. Cependant, &#224; partir de 1975, la baisse du dollar et les politiques de r&#233;duction des d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques des pays occidentaux se ressentent sur les exportations iraniennes. De plus, Riyad remplace T&#233;h&#233;ran comme alli&#233; strat&#233;gique des Etats-Unis, et l'&#233;lection du d&#233;mocrate Carter en 1977 et son int&#233;r&#234;t pour le respect des droits de l'homme inqui&#232;te, les intellectuels de gauche en Iran en profitant pour demander une plus grande d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 7 janvier 1978, le quotidien Etelaat publie un article contre Khomeyni, article consid&#233;r&#233; comme insultant par le clerg&#233;. Le lendemain, des &#233;meutes &#233;clatent dans la ville sainte de Qom. Elles sont violemment r&#233;prim&#233;es et les victimes sont consid&#233;r&#233;es comme des martyrs par le clerg&#233; chiite. La radicalisation se poursuit d&#233;but septembre lors du &#171; vendredi noir &#187;, place Jaleh &#224; T&#233;h&#233;ran, qui fait une centaine de morts. Les relations entre le shah et ses opposants sont d&#233;sormais coup&#233;es. Ainsi, le 26 d&#233;cembre, une gr&#232;ve de l'industrie p&#233;troli&#232;re paralyse le pays, et le 16 janvier 1979, le shah part en exil. Quant &#224; Khomeiny, il rentre triomphalement le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/La-revolution-iranienne-a-trente.html' class='spip_in'&gt;1er f&#233;vrier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jean-Pierre Digard, Bernard Hourcade et Yann Richard, &lt;i&gt;L'Iran au XX&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1996.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Thierry Kellner et Mohammed-Reza Djalili, &lt;i&gt;Histoire de l'Iran contemporain, Paris&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2010.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jean-Paul Roux, &lt;i&gt;Histoire de l'Iran et des Iraniens&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Revue Moyen-Orient, Avril-Juin 2012, Dossier sp&#233;cial &#171; G&#233;opolitique du Maroc &#187;</title>
		<link>http://lesclesdumoyenorient.fr/Revue-Moyen-Orient-Avril-Juin-2012.html</link>
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		<dc:date>2012-04-30T08:59:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>

		<description>Dans ce num&#233;ro d'avril-juin 2012, la revue Moyen-Orient a choisi comme th&#232;me de son dossier sp&#233;cial le Maroc. Le royaume alaouite est souvent pr&#233;sent&#233; comme une figure d'exception dans une r&#233;gion fortement d&#233;stabilis&#233;e par la vague de r&#233;volte qui a engendr&#233; la chute de plusieurs chefs d'Etat au cours de l'ann&#233;e 2011. En effet, le royaume semble, &#224; premi&#232;re vue, avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le &#171; printemps arabe &#187; et l'appel au soul&#232;vement du Mouvement du 20 f&#233;vrier n'a pas su mobiliser sa population, tr&#232;s fid&#232;le au (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L115xH150/arton1023-797a4.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='115' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:115px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Dans ce num&#233;ro d'avril-juin 2012, la revue Moyen-Orient a choisi comme th&#232;me de son dossier sp&#233;cial le Maroc. Le royaume alaouite est souvent pr&#233;sent&#233; comme une figure d'exception dans une r&#233;gion fortement d&#233;stabilis&#233;e par la vague de r&#233;volte qui a engendr&#233; la chute de plusieurs chefs d'Etat au cours de l'ann&#233;e 2011. En effet, le royaume semble, &#224; premi&#232;re vue, avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le &#171; printemps arabe &#187; et l'appel au soul&#232;vement du Mouvement du 20 f&#233;vrier n'a pas su mobiliser sa population, tr&#232;s fid&#232;le au souverain. Le roi Mohammed, sur le tr&#244;ne depuis 1999, incarne en tant que &#171; commandeur des croyants &#187; aussi bien le pouvoir temporel que spirituel. Il a su prendre les devants en accordant &#224; son peuple une s&#233;rie de r&#233;formes et en organisant des &#233;lections anticip&#233;es.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s avoir fait le point sur les principaux d&#233;fis du monde arabo-musulman aujourd'hui dans un entretien avec &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Hasni Abidi&lt;/strong&gt;, auteur de &lt;i&gt;O&#249; va le monde arabe ?&lt;/i&gt; (Editions Encre d'Orient, 2012), Moyen-Orient introduit ce dossier sp&#233;cial par des donn&#233;es chiffr&#233;es et par des cartes, puis les principales probl&#233;matiques auxquelles le pays doit faire face sont analys&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Baudouin Dupret et Jean-No&#235;l Ferri&#233;&lt;/strong&gt; rappellent, dans un premier article, que le Maroc n'&#233;chappe pas, comme ses voisins, aux nombreux d&#233;fis &#233;conomiques, politiques et sociaux. Les auteurs d&#233;crivent l'&#233;quilibre entre le pouvoir du roi et l'ensemble des fonctionnaires, les partis politiques et les groupes de client&#232;le. Ce consensus permet la stabilit&#233; du r&#233;gime mais tend &#233;galement &#224; ralentir l'efficacit&#233; r&#233;formatrice. Le mouvement contestataire marocain a finalement &#233;t&#233; utilis&#233; pour relancer les r&#233;formes qui permettent, pour le moment, d'assurer la survie du r&#233;gime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Haou&#232;s Seniguer&lt;/strong&gt; s'int&#233;resse, d'autre part, &#224; la formation islamiste PJD (Partie de la justice et du d&#233;veloppement) qui a remport&#233; pour la premi&#232;re fois de l'histoire du pays les &#233;lections l&#233;gislatives du 25 novembre 2011. Il apparait que cette formation ne rel&#232;ve pas d'une forme d'opposition mais se pose en d&#233;fenseur de la monarchie, affichant une volont&#233; de maintenir la stabilit&#233; en pr&#234;tant all&#233;geance au roi tout en tentant de se d&#233;marquer des autres partis politiques en perte de l&#233;gitimit&#233; dans la soci&#233;t&#233; marocaine. Cette formation appelle &#233;galement au changement en affirmant sa pr&#233;sence sur le terrain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;crivain marocain exil&#233; en France, &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Abdellah Ta&#239;a&lt;/strong&gt;, donne ensuite ses impressions dans un entretien r&#233;alis&#233; par &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Guillaume Fourmont&lt;/strong&gt; sur l'&#233;volution de son pays d'origine, sur le rapport des Marocains &#224; la langue arabe, sur l'impact du mouvement contestataire sur les &#233;crivains et les intellectuels, sur le devoir de les soutenir ainsi que sur ses espoirs d'un monde arabe nouveau vivant enfin dans ses droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux articles &#171; Rep&#232;res &#187; analysent ensuite la situation actuelle du Maroc dans les domaines religieux et &#233;conomiques. &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Mohammed-Sghir Janjar&lt;/strong&gt; explique le rapport entre la jeunesse marocaine, qui se place dor&#233;navant au c&#339;ur du d&#233;bat avec le &#171; printemps arabe &#187;, et la religion. Plusieurs &#233;tudes semblent en effet d&#233;montrer un retour du sacr&#233; dans le pays apr&#232;s des ann&#233;es d'effervescence gauchiste (1960-1970). Dans une soci&#233;t&#233; en pleine mutation sociale et culturelle, l'islam reste aujourd'hui tr&#232;s implant&#233; mais semble moins r&#233;gulier. Le rapport &#224; la religion est devenu plus personnel et le croyant a acc&#232;s &#224; des nouvelles sources d'information plus globales et complexes. Si bien que l'on observe aujourd'hui un certain d&#233;calage entre une augmentation des pratiques d'une part et une certaine ignorance religieuse d'autre part. Sur le plan &#233;conomique, &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Mouna Cherkaoui&lt;/strong&gt; fait remarquer que, malgr&#233; la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er plus d'emplois et de lutter contre la pauvret&#233; dans un contexte de crise internationale, la croissance &#233;conomique et les investissements augmentent depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. De nombreuses r&#233;formes financi&#232;res et juridiques, le d&#233;veloppement de certains secteurs, une lib&#233;ralisation &#233;conomique et commerciale, sont autant de politiques qui ont favoris&#233; l'augmentation des exportations et des investissements &#233;trangers et ont fait du Maroc un partenaire commercial privil&#233;gi&#233; de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, le litige territorial du Sahara occidental, en suspens depuis pr&#232;s de 40 ans, reste un enjeu de la politique marocaine. Le roi lui-m&#234;me, soutenu par la grande majorit&#233; des partis, se porte garant de l'unit&#233; de son royaume et interdit d'&#233;voquer cette r&#233;gion sans la rattacher au territoire marocain. &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Karine Bennafla&lt;/strong&gt; fait le point sur ce conflit et &#233;voque la politique op&#233;r&#233;e par le r&#233;gime pour y affirmer son administration et encourager les liens nationaux avec la zone revendiqu&#233;e (migration, modernisation&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Mehdi Alioua&lt;/strong&gt; d&#233;crit ensuite la gestion et la mani&#232;re dont le r&#233;gime marocain tire profit de la question migratoire dans le cadre des relations internationales. &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Pierre Vermeren&lt;/strong&gt; analyse, par ailleurs, les rapports entre Rabat et ses voisins. Il explique les tensions existantes entre l'Alg&#233;rie et le Maroc depuis les ann&#233;es 1960 et fait remarquer que les deux pays sont aujourd'hui autant menac&#233;s par le &#171; printemps arabe &#187;, une nouvelle conjonction qui pourrait les contraindre &#224; faire &#233;voluer leurs relations. Pierre Vermeren &#233;voque &#233;galement l'importance des relations entretenues avec l'Europe, et plus particuli&#232;rement avec la France, ainsi qu'avec les pays du Golfe qui investissent &#233;norm&#233;ment dans le pays. Le Maroc envisage, par ailleurs, d'affirmer sa pr&#233;sence sur la sc&#232;ne africaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce dossier sp&#233;cial g&#233;opolitique du Maroc s'ach&#232;ve par un article de &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bichara Khader&lt;/strong&gt; sur les relations entre Rabat et Washington. L'amiti&#233; entre les deux pays s'est r&#233;affirm&#233;e au cours de la guerre froide et ne s'est jamais d&#233;mentie depuis. Ils sont m&#234;me li&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es par un trait&#233; de libre-&#233;change. Sur le pan international, le Maroc peut compter sur l'appui des Etats-Unis qui voient dans le plan d'autonomie propos&#233; par Mohammed VI la meilleure solution pour r&#233;soudre le litige territorial du Sahara occidental. De plus, des accords d'ordre militaire sont en cours de n&#233;gociation. Le Maroc constitue ainsi un socle stable pour la diplomatie am&#233;ricaine dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce dossier sp&#233;cial Maroc est compl&#233;t&#233; par une chronologie des principaux &#233;v&#233;nements ainsi que par une note sur les diff&#233;rents mouvements et partis politiques, r&#233;dig&#233;es par &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Ilham Youn&#232;s&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On s'&#233;loigne alors du Maghreb pour s'int&#233;resser &#224; l'impact du mur de s&#233;paration, construit par Isra&#235;l depuis 2002 dans le but de garantir sa s&#233;curit&#233;.&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt; David Amsellem&lt;/strong&gt; explique les cons&#233;quences d'une telle mesure sur l'Etat h&#233;breu, sur les populations palestiniennes de Cisjordanie ainsi que sur l'&#233;tablissement d'un futur Etat palestinien ind&#233;pendant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un registre tr&#232;s diff&#233;rent, &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Kalthoum Sa&#226;fi Hamda&lt;/strong&gt; analyse l'influence sur les opinions arabes de la multiplication des &#233;missions de t&#233;l&#233;vision &#224; caract&#232;re religieux d&#233;velopp&#233;es par les Etats du Golfe (Arabie saoudite et Qatar notamment) et diffus&#233;es par satellite dans l'ensemble du monde arabe. Les pr&#233;dicateurs &#233;chappent ainsi au contr&#244;le et &#224; la censure nationale et apportent aux populations une vision plus rigoriste de l'islam wahhabite ou salafiste. Ces programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s pourraient alors justifier, en partie, les r&#233;sultats des &#233;lections organis&#233;es dans le cadre de la r&#233;volte du &#171; printemps arabe &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; point chaud &#187; de ce trimestre est en outre consacr&#233; au d&#233;troit d'Ormuz, par lequel transitent chaque jour 15,5 millions de barils, soit 40 % du trafic p&#233;trolier mondial. &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Frank T&#233;tart&lt;/strong&gt; &#233;voque les diff&#233;rents moyens de d&#233;tourner ce trafic dans le cas o&#249; l'Iran d&#233;ciderait de bloquer son acc&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le volet g&#233;o&#233;conomique du magazine est par ailleurs consacr&#233; au facteur foncier dans la guerre que connait l'Afghanistan depuis 1979. Apr&#232;s un rappel sur la complexit&#233; du conflit dans un pays dans lequel s'exerce le jeu des puissances &#233;trang&#232;res, &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Fariba Adelkhah&lt;/strong&gt; met en avant les strat&#233;gies &#233;labor&#233;es par diff&#233;rents protagonistes afin d'obtenir des terres, amplifiant ainsi davantage les litiges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Fabriche Balanche d&#233;crit&lt;/strong&gt;, pour sa part, l'importance strat&#233;gique de la ville de Damas au fil des si&#232;cles et plus particuli&#232;rement dans la politique de contr&#244;le du Baas. Il pr&#233;cise d'abord les diff&#233;rentes phases de la modernisation de la ville acc&#233;l&#233;r&#233;e depuis les Tanzimat (p&#233;riode de r&#233;forme de l'Empire ottoman au XIX&#232;me si&#232;cle) puis avec l'arriv&#233;e au pouvoir de Hafez al-Assad qui organise la ville en fonction d'un plan s&#233;curitaire bien pr&#233;cis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Nadia Radwan&lt;/strong&gt; et &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Aminata Temn&#233;ly&lt;/strong&gt; &#233;voquent les nouvelles formes d'expression artistique d&#233;velopp&#233;es par la vague de lib&#233;ration li&#233; au &#171; printemps arabe &#187;, qui utilisent la ville comme un nouvel espace de cr&#233;ation. Tunisiens, Egyptiens, Libanais, prolongent ainsi ces mouvements contestataires et ouvrent de mani&#232;re sans pr&#233;c&#233;dente le champ culturel dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>La question &#233;gyptienne, une lutte d'influence franco-britannique (1798-1882)</title>
		<link>http://lesclesdumoyenorient.fr/La-question-egyptienne-une-lutte-d.html</link>
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		<dc:date>2012-04-27T16:21:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>De l'exp&#233;dition fran&#231;aise de 1798 &#224; l'occupation britannique en 1882, l'Egypte occupe une place &#224; part dans les relations internationales : elle est d'une part le lieu d'une lutte d'influence entre la France et la Grande-Bretagne ; sa mont&#233;e en puissance d'autre part remet en cause sa place dans l'Empire ottoman. En outre, sa situation g&#233;ographique sur la route des Indes en fait un enjeu g&#233;ostrat&#233;gique majeur pour la Grande-Bretagne ainsi que pour la France qui vise &#224; freiner les ambitions imp&#233;rialistes (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;De l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Expedition-d-Egypte-1798-1801.html' class='spip_in'&gt;exp&#233;dition fran&#231;aise&lt;/a&gt; de 1798 &#224; l'occupation britannique en 1882, l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Egypte.html' class='spip_in'&gt;Egypte&lt;/a&gt; occupe une place &#224; part dans les relations internationales : elle est d'une part le lieu d'une lutte d'influence entre la France et la Grande-Bretagne ; sa mont&#233;e en puissance d'autre part remet en cause sa place dans l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Empire-ottoman,578.html' class='spip_in'&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;. En outre, sa situation g&#233;ographique sur la route des Indes en fait un enjeu g&#233;ostrat&#233;gique majeur pour la Grande-Bretagne ainsi que pour la France qui vise &#224; freiner les ambitions imp&#233;rialistes britanniques. Par ailleurs, les volont&#233;s d'ind&#233;pendance des dirigeants &#233;gyptiens tout au long du XIX&#232;me si&#232;cle, de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mehemet-Ali-le-fondateur-de-l.html' class='spip_in'&gt;M&#233;h&#233;met Ali&lt;/a&gt; &#224; Isma&#239;l Pacha, et les diff&#233;rentes guerres qui l'opposent &#224; l'Empire ottoman font que le statut de l'Egypte au sein de l'Empire est sans cesse remis en question. Les grandes puissances europ&#233;ennes interviennent, par des m&#233;diations, en tentant de maintenir l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'Empire ottoman face &#224; une Egypte de plus en plus autonome.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les d&#233;buts de la question &#233;gyptienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;dition fran&#231;aise en Egypte, qui d&#233;bute en 1798 et s'ach&#232;ve en 1801, marque le d&#233;but de la lutte d'influence entre la France et la Grande-Bretagne en Egypte. L'un des buts de l'exp&#233;dition d'Egypte est en effet de freiner l'expansion de la puissance britannique en M&#233;diterran&#233;e et au Proche-Orient ainsi que de lui couper la route des Indes. D'un point de vue militaire, il semble que ce soit un &#233;chec pour la France : elle ne parvient pas &#224; s'installer durablement en Egypte et &#224; contenir les ambitions britanniques. Bonaparte en revanche appara&#238;t comme le vainqueur de cette exp&#233;dition, b&#233;n&#233;ficiant d&#233;sormais de conditions favorables pour r&#233;aliser ses ambitions politiques. A la suite de cette premi&#232;re confrontation militaire entre la France et la Grande-Bretagne en Egypte, les luttes d'influence se poursuivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La prise de pouvoir de M&#233;h&#233;met Ali &#224; la suite de l'exp&#233;dition d'Egypte ouvre l'autre volet de la question &#233;gyptienne, &#224; savoir l'&#233;mancipation progressive de l'Egypte de la tutelle ottomane. Officiellement, l'Egypte est partie int&#233;grante de l'Empire ottoman. Cependant, avant l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais en Egypte, ce pouvoir &#233;tait concurrenc&#233; par celui des &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Sultanat-mamelouk.html' class='spip_in'&gt;mameluks&lt;/a&gt;. Lorsque M&#233;h&#233;met Ali prend le pouvoir, il met d&#233;finitivement fin au r&#232;gne des mameluks mais l'id&#233;e d'une Egypte plus autonome et plus ind&#233;pendante ne dispara&#238;t pas pour autant. M&#233;h&#233;met Ali m&#232;ne ainsi deux guerres contre l'Empire ottoman. La premi&#232;re se d&#233;roule entre 1831 et 1833 : Ibrahim Pacha, fils de M&#233;h&#233;met Ali, envahit la Syrie. Si cette campagne est une r&#233;ussite sur le plan militaire pour l'Egypte, c'est un &#233;chec sur le plan diplomatique. Les grandes puissances europ&#233;ennes, et plus particuli&#232;rement la France et la Grande-Bretagne, interviennent et le trait&#233; de Kutayah est sign&#233; le 14 mai 1833. La seconde confrontation entre l'Egypte et l'Empire ottoman a lieu entre 1839 et 1841. Une nouvelle fois, les grandes puissances interviennent : les troupes franco-britanniques d&#233;barquent en Egypte d&#232;s le d&#233;but des hostilit&#233;s. M&#233;h&#233;met Ali tente, pour obtenir gain de cause, de diviser l'alliance franco-britannique, d'autant plus que la France est, depuis son arriv&#233;e au pouvoir, sa principale alli&#233;e. Il ne parvient cependant pas &#224; rompre l'alliance entre les deux grandes puissances europ&#233;ennes : le maintien de l'Empire ottoman et de son int&#233;grit&#233; territoriale prend le pas sur les luttes d'influence franco-britanniques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les luttes d'influence entre la France et la Grande-Bretagne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de M&#233;h&#233;met Ali en 1849, la question de l'ind&#233;pendance de l'Egypte est &#233;clips&#233;e pour quelques d&#233;cennies et c'est principalement sur le terrain politique, culturel et &#233;conomique que se jouent les luttes d'influence entre la France et la Grande-Bretagne. L'influence culturelle de la France est tr&#232;s forte en Egypte, M&#233;h&#233;met Ali ayant notamment encourag&#233; l'&#233;lite &#233;gyptienne &#224; faire ses &#233;tudes en France. En 1854, Sa&#239;d Pacha, quatri&#232;me fils de M&#233;h&#233;met Ali, arrive au pouvoir. Comme son p&#232;re, il est un francophile convaincu. En novembre 1854, il accorde &#224; la France la concession des terres de l'isthme de Suez pour la construction d'un canal. La France jouira de cette concession pendant 99 ans, apr&#232;s quoi celle-ci reviendra &#224; l'Egypte. Le projet du percement du canal est confi&#233; &#224; un ami de Sa&#239;d Pacha, Ferdinand de Lesseps. D&#232;s lors, la lutte d'influence entre la France et la Grande-Bretagne se cristallise sur la construction du canal de Suez, qui devient un enjeu majeur. Les Britanniques craignent notamment que la construction de ce canal permette &#224; la France d'attaquer l'Inde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour financer la construction du &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Canal-de-Suez-genese-d-une-voie-de.html' class='spip_in'&gt;canal de Suez&lt;/a&gt;, Ferdinand de Lesseps fait appel &#224; des investisseurs fran&#231;ais, &#233;trangers et &#233;gyptiens. La Compagnie universelle du canal maritime de Suez est fond&#233;e et la souscription aux actions ouverte. Si la souscription est une r&#233;ussite en France, les investisseurs &#233;trangers sont plus r&#233;ticents, si bien que c'est finalement l'Egypte qui devient en grande partie actionnaire. Les travaux d&#233;butent en avril 1859 pour une p&#233;riode de 10 ans : le canal est inaugur&#233; le 17 novembre 1869. Sur le plan de la politique int&#233;rieure, Isma&#239;l Pacha est d&#233;sormais &#224; la t&#234;te de l'Egypte. Il obtient &#233;galement du Sultan une autonomie plus grande pour l'Egypte : il obtient le titre de kh&#233;dive en 1867 et la transmission h&#233;r&#233;ditaire du titre. De plus, il peut d&#233;sormais contracter des pr&#234;ts sans obtenir l'accord pr&#233;alable du Sultan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La pr&#233;sence britannique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les Britanniques n'ont pu emp&#234;cher la construction du canal de Suez, les difficult&#233;s &#233;conomiques que rencontre l'Egypte &#224; partir des ann&#233;es 1860 leur permettent de renforcer leur influence, par l'interm&#233;diaire du domaine financier. La guerre de S&#233;cession aux Etats-Unis ayant provoqu&#233; une hausse importante du prix de coton, l'Egypte devient le premier pays exportateur de coton en Europe depuis le grand port d'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Alexandrie-au-XIXeme-siecle.html' class='spip_in'&gt;Alexandrie&lt;/a&gt;. Cependant avec la fin de la guerre (1865), le prix du coton baisse et les difficult&#233;s financi&#232;res de l'Egypte s'aggravent. Isma&#239;l Pacha tente de r&#233;soudre la situation par la mise en &#339;uvre de mesures fiscales impopulaires telles que la Muqabala en 1871, qui permet aux propri&#233;taires terriens de payer leurs imp&#244;ts en avance, en &#233;change d'une r&#233;duction des charges fiscales. Ces mesures ne permettent pas pour autant &#224; l'Egypte de retrouver une sant&#233; financi&#232;re et en novembre 1875, Isma&#239;l Pacha est contraint de vendre toutes les actions de la Compagnie du canal de Suez &#224; la Grande-Bretagne pour 100 millions de francs. La Compagnie devient alors franco-britannique, les deux pays en &#233;tant actionnaires majoritaires. Suite &#224; la vente des actions, la Grande-Bretagne envoie en Egypte Stephen Cave, membre du Parlement, afin d'&#233;valuer la situation financi&#232;re de l'Egypte. La conclusion de Cave, &#224; son retour en avril 1876, est que le pays est dans une impasse financi&#232;re. En mai 1876, Isma&#239;l Pacha cr&#233;e la Caisse de la Dette Publique, compos&#233;e de repr&#233;sentants fran&#231;ais, britanniques mais &#233;galement italiens et austro-hongrois. En 1878, ses pr&#233;rogatives sont renforc&#233;es avec la nomination au gouvernement &#233;gyptien de deux ministres europ&#233;ens, l'un aux Finances et l'autre aux Travaux publics. A cette mesure s'ajoute la mise en place d'un syst&#232;me de contr&#244;le franco-britannique de 1876 &#224; 1882. Deux contr&#244;leurs, l'un fran&#231;ais et l'autre britannique, officient au sein d'un cabinet europ&#233;en. En mars 1879, une &#233;meute d'officiers &#233;gyptiens, dont la paie a &#233;t&#233; divis&#233;e de moiti&#233;, renverse le cabinet europ&#233;en, qui est remplac&#233; par un cabinet &#233;gyptien. Cependant, la France et la Grande-Bretagne soup&#231;onnent Isma&#239;l Pacha d'avoir organis&#233; cette &#233;meute et en juin 1879, &#224; la demande des diplomates europ&#233;ens pr&#233;sents &#224; Constantinople, il est d&#233;pos&#233; par le Sultan et remplac&#233; par son fils, Tawfiq Pacha. Le comit&#233; europ&#233;en est r&#233;tabli avec de nouveaux contr&#244;leurs : le Britannique Sir Evelyn Baring et le Fran&#231;ais Ernest de Bligni&#232;res. Le contr&#244;le franco-britannique sur l'Egypte est &#224; son apog&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette situation p&#232;se sur la population &#233;gyptienne et l'on assiste &#224; la mont&#233;e en puissance d'un mouvement nationaliste &#233;gyptien men&#233; par un colonel, Ahmad Arabi. En 1882, il s'empare du pouvoir et prend le contr&#244;le de l'arm&#233;e. Ces &#233;v&#233;nements inqui&#232;tent la France et la Grande-Bretagne qui cherchent avant tout &#224; prot&#233;ger leurs int&#233;r&#234;ts en Egypte. Les deux puissances font part de leur m&#233;contentement dans une note de janvier 1882. Cependant, la situation empire, notamment &#224; Alexandrie o&#249; des &#233;meutes &#233;clatent en juin 1882, poussant les populations &#233;trang&#232;res, notamment fran&#231;aise et britannique, &#224; fuir la ville. Les grandes puissances menacent Arabi d'utiliser la force si celui-ci ne renonce pas. En ao&#251;t 1882, les Britanniques d&#233;barquent &#224; Alexandrie sans les Fran&#231;ais, alors en proie &#224; une crise minist&#233;rielle. Les nationalistes &#233;gyptiens sont d&#233;faits &#224; Tel el-Kebir le 13 septembre 1882 et le 14, les troupes britanniques entrent au Caire : Arabi se rend. Jug&#233;, il est tout d'abord condamn&#233; &#224; mort avant d'&#234;tre exil&#233; &#224; Ceylan et les Anglais r&#233;tablissent Tawfiq Pacha au pouvoir. L'occupation britannique devait &#234;tre temporaire, elle dure en r&#233;alit&#233; jusqu'en 1922.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1798 &#224; 1882, la question &#233;gyptienne semble &#234;tre avant tout celle d'une lutte de pouvoir entre la France et la Grande-Bretagne dans le but d'&#233;tendre leur influence en Egypte, haut lieu g&#233;ostrat&#233;gique. Cette rivalit&#233; s'est cependant att&#233;nu&#233;e quand il a &#233;t&#233; n&#233;cessaire de d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts communs : emp&#234;cher l'Egypte de devenir une puissance ind&#233;pendante et conserver celle-ci au sein de l'Empire ottoman. La derni&#232;re intervention des deux grandes puissances en Egypte date de 1956, lorsque Nasser prend la d&#233;cision de nationaliser le canal de Suez. Cependant, l'&#233;chec diplomatique de cette intervention montre que, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, le temps du contr&#244;le franco-britannique de l'Egypte est r&#233;volu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; J. Carpentier et F. Lebrun, &lt;i&gt;Histoire de la M&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt;, Seuil, 2001, 619 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Arthur Goldschmidt Jr. ; Robert Johnston, &lt;i&gt;Historical dictionary of Egypt&lt;/i&gt;, Third Edition, Scarecrow Press, 2003, 510 P.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Henry Laurens, &lt;i&gt;L'Orient arabe : arabisme et islamisme de 1798 &#224; 1945&lt;/i&gt;, Armand Colin, 2002, 336 p. &#8232;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sous la direction de Robert Mantran, &lt;i&gt;Histoire de l'Empire ottoman&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1994, 810 p.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Timothy Mitchell, &lt;i&gt;Colonising Egypt&lt;/i&gt;, University of California Press, 1988, 218 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;tat abbasside (750-945) : l'Empire de l'Islam &#224; son apog&#233;e ? Premi&#232;re partie </title>
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		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>

		<description>L'historiographie islamique a toujours encourag&#233; l'id&#233;e selon laquelle la p&#233;riode abbasside &#8211; et tout particuli&#232;rement le r&#232;gne du calife H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d (786-809) magnifi&#233; dans les Mille et une nuits &#8211; aurait repr&#233;sent&#233; l'apog&#233;e de l'Islam, aussi bien sur le plan politique qu'&#233;conomique, religieux ou culturel. Si l'&#233;poque abbasside est en effet un temps de relative prosp&#233;rit&#233;, sous l'&#233;gide d'un &#201;tat centralis&#233; organis&#233; autour de la personne du calife, il est certain qu'elle n'est pas cet &#226;ge d'or qui sera pour (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'historiographie islamique a toujours encourag&#233; l'id&#233;e selon laquelle la p&#233;riode abbasside &#8211; et tout particuli&#232;rement le r&#232;gne du calife H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d (786-809) magnifi&#233; dans les &lt;i&gt;Mille et une nuits&lt;/i&gt; &#8211; aurait repr&#233;sent&#233; l'apog&#233;e de l'Islam, aussi bien sur le plan politique qu'&#233;conomique, religieux ou culturel. Si l'&#233;poque abbasside est en effet un temps de relative prosp&#233;rit&#233;, sous l'&#233;gide d'un &#201;tat centralis&#233; organis&#233; autour de la personne du calife, il est certain qu'elle n'est pas cet &#226;ge d'or qui sera pour les si&#232;cles &#224; venir une r&#233;f&#233;rence incontournable dans le monde islamique. De plus, si &#226;ge d'or il y a, il se cantonne aux deux premiers si&#232;cles d'existence de la dynastie abbasside, jusqu'&#224; la d&#233;l&#233;gation du pouvoir califal au clan turc des B&#251;yides en 945. Il faut donc s'interroger sur les r&#233;alit&#233;s de ce pouvoir du VIIIe au Xe si&#232;cle, et sur la construction du mythe auquel il a donn&#233; lieu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;volution abbasside&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&#192; la veille de la prise de pouvoir abbasside, dans les ann&#233;es 740, la faiblesse de l'&#201;tat umayyade est sensible. Au pouvoir depuis 661, lorsque Mu&#8216;&#226;wiya s'&#233;tait impos&#233; au terme de la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Grande-Discorde-al-fitna-al-kubra.html' class='spip_in'&gt;Grande Discorde&lt;/a&gt;, les Umayyades ont b&#226;ti un v&#233;ritable empire &#224; partir de l'arriv&#233;e au pouvoir de &#8216;Abd al-Malik : son r&#232;gne, de 685 &#224; 705, a &#233;t&#233; l'occasion d'une centralisation imp&#233;riale, d'une r&#233;forme fiscale et d'une uniformisation des provinces par l'&#233;tablissement d'une monnaie standardis&#233;e et l'adoption de l'arabe comme langue unique de l'administration. Le but avou&#233; de &#8216;Abd al-Malik, dont l'&#339;uvre est poursuivie par ses successeurs, est de relancer l'expansion territoriale de l'empire : gr&#226;ce &#224; une arm&#233;e professionnalis&#233;e, il conquiert une nouvelle province au sud de l'Espagne (al-Andalus), lance des exp&#233;ditions en Gaule et &#233;tend la fronti&#232;re orientale de l'Empire jusqu'au fleuve Indus. Mais la victoire de Charles Martel &#224; Poitiers en 732 et la d&#233;faite d'Akro&#239;non face aux Byzantins en 740 donnent un coup d'arr&#234;t brutal aux conqu&#234;tes, entra&#238;nant une rar&#233;faction du butin qui provoque elle-m&#234;me des mouvements de r&#233;volte, &#224; partir de 744, notamment dans l'arm&#233;e. Ces diff&#233;rents mouvements sont mis &#224; profit par Ab&#251; al-&#8216;Abb&#226;s, un Persan converti &#224; l'islam venu du Khur&#226;s&#226;n, qui rassemble les m&#233;contents et l&#233;gitime la contestation en pr&#233;tendant vouloir restaurer la dynastie alide, c'est-&#224;-dire rendre le califat aux descendants du gendre du Proph&#232;te. La bataille de K&#251;fa, en 750, voit les troupes umayyades &#233;cras&#233;es par celles de al-&#8216;Abb&#226;s. Celui-ci se fait alors proclamer calife, sous le nom de as-Saff&#226;h, et massacre les princes umayyades au terme d'un &#171; banquet de r&#233;conciliation &#187; organis&#233; dans ce but, afin d'&#233;liminer tout pr&#233;tendant &#171; l&#233;gitime &#187; au califat. Le seul prince umayyade rescap&#233; fuit en &#201;gypte, puis en al-Andalus o&#249; il fonde l'&#233;mirat de Cordoue, transform&#233; en califat en 929 par Abd al-Rahm&#226;n. Quant au nouveau calife Ab&#251; al-&#8216;Abb&#226;s al-Saff&#226;h, reprenant la tradition en vigueur depuis Mu&#8216;&#226;wiya, il fonde la dynastie des Abbassides. Ces derniers, l&#233;gitim&#233;s par leur parent&#233; avec le Proph&#232;te, se pr&#233;sentent comme une dynastie pieuse et juste qui souhaite avant tout restaurer l'autorit&#233; religieuse du califat, &#233;touff&#233;e sous les Umayyades par l'importance des fonctions politiques. La dynastie abbasside r&#232;gnera sur l'Empire de l'Islam jusqu'&#224; la prise de Bagdad par les Mongols en 1258.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Entre centralisation et fragilit&#233; du pouvoir&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Il n'y a pas de rupture v&#233;ritable entre Umayyades et Abbassides dans l'exercice du pouvoir ; toutefois, la centralisation de l'&#201;tat imp&#233;rial est encore renforc&#233;e, particuli&#232;rement sur le plan fiscal et administratif. Les administrateurs locaux, plac&#233;s sous l'autorit&#233; de vizirs, sont responsables devant le calife ind&#233;pendamment des gouverneurs. De plus, les Abbassides, afin d'&#233;viter le sort des Umayyades, s'assurent la fid&#233;lit&#233; de l'arm&#233;e qu'ils recomposent autour des troupes du Khur&#226;s&#226;n. Cette centralisation autour de la personne du calife est repr&#233;sent&#233;e dans le plan m&#234;me de la ville de Bagdad, fond&#233;e en 762 par le calife al-Mans&#251;r qui lui donne le nom de &lt;i&gt;mad&#238;nat al-salam&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire &#171; ville de la paix &#187; : parfaitement ronde et centr&#233;e sur le palais califal, elle symbolise un pouvoir parfait, monarchique, imp&#233;rial et centralis&#233;. Le choix d'une nouvelle capitale marque &#233;galement la volont&#233; abbasside de se distinguer des Umayyades, qui &#233;taient install&#233;s &#224; Damas. De plus, la position de Bagdad (en Irak, non loin de l'ancienne capitale sassanide, Ct&#233;siphon) permet de r&#233;cup&#233;rer l'h&#233;ritage sassanide pour mieux asseoir le pouvoir musulman sur cette partie du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, l'&#233;tendue de l'Empire &#8211; qui couvre les territoires allant de l'Afrique du Nord &#224; la Transoxiane, et de l'oc&#233;an Indien &#224; l'Arm&#233;nie comprise &#8211; rend difficile l'exercice d'un pouvoir unique depuis Bagdad, quoique la ville ait &#233;t&#233; choisie entre autres pour sa position centrale. Les gouverneurs de province repr&#233;sentent une menace permanente, d'autant qu'ils disposent d'arm&#233;es provinciales qui &#233;chappent pour la plupart au pouvoir califal. Enfin, les Umayyades de Cordoue et les kh&#226;rijites au sein m&#234;me de l'Empire s'opposent directement au califat, dont ils contestent la l&#233;gitimit&#233;. Le pouvoir abbasside est donc b&#226;ti sur un &#233;quilibre fragile, menac&#233; aussi bien de l'ext&#233;rieur que de l'int&#233;rieur m&#234;me de la dynastie, puisque l'absence de r&#232;gle de succession claire fait planer la menace de guerres de successions fratricides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet &#233;quilibre se maintient peu ou prou jusqu'&#224; la mort du calife H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d en 809, qui donne lieu &#224; une premi&#232;re guerre civile dans l'&#201;tat abbasside. Son second fils, al-Ma&#8216;m&#251;n, nomm&#233; par son p&#232;re gouverneur du Khur&#226;s&#226;n alors que son a&#238;n&#233; al-Am&#238;n &#233;tait d&#233;sign&#233; comme h&#233;ritier du calife &#224; la t&#234;te de l'Empire, conteste la succession pourtant clairement &#233;tablie par H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d et marche sur Bagdad en 813 : il finit par emporter la victoire. Cet &#233;v&#233;nement montre &#224; quel point le probl&#232;me de l'arm&#233;e est important : en tant que gouverneur du Khur&#226;s&#226;n, al-Ma&#8216;m&#251;n parvient &#224; rassembler des troupes suffisantes pour vaincre son fr&#232;re, pourtant calife l&#233;gitime. En r&#233;alit&#233;, la fid&#233;lit&#233; des soldats de l'arm&#233;e califale commence &#224; &#234;tre mise en cause, au point qu'en 833 le calife al-Mu&#8216;tasim d&#233;cide de refonder une nouvelle arm&#233;e personnelle, form&#233;e d'esclaves qu'il fait venir des grandes steppes turques : c'est le d&#233;but du syst&#232;me des mamelouks. Mais cette entreprise se retourne rapidement contre lui. Ayant fond&#233;, pour h&#233;berger ces nouveaux soldats, une nouvelle capitale &#224; Samarra, au nord de Bagdad, le calife s'y retrouve enferm&#233; dans une prison dor&#233;e, otage des &#233;mirs turcs qui prennent le contr&#244;le de l'arm&#233;e. &#192; partir de cette date, le calife n'a plus qu'un pouvoir th&#233;orique, et le pouvoir r&#233;el se divise entre les vizirs &#8211; c'est-&#224;-dire l'administration &#8211; et les &#233;mirs &#8211; qui repr&#233;sentent l'arm&#233;e. Cette situation ne change pas lorsque le califat revient &#224; Bagdad, en 892, et la faiblesse du pouvoir califal est consacr&#233;e en 945 lorsque le clan de cavaliers perses des B&#251;yides occupe Bagdad et se voit d&#233;l&#233;guer officiellement le pouvoir sur l'Empire abbasside. Le calife (al-Mustakf&#238; &#224; cette &#233;poque) ne conserve d&#232;s lors qu'une autorit&#233; religieuse sur les sunnites de l'Empire &#8211; les B&#251;yides &#233;tant une dynastie chiite. Ils exerceront la r&#233;alit&#233; du pouvoir jusqu'&#224; leur d&#233;position par les Seldjoukides en 1055.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mythe et r&#233;alit&#233;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les premiers temps de l'&#201;tat imp&#233;rial abbasside apparaissent donc bien comme une p&#233;riode de relative stabilit&#233;, o&#249; les califes successifs parviennent &#224; maintenir les fronti&#232;res &#233;tablies par les Umayyades et &#224; conserver un pouvoir r&#233;el sur l'ensemble de l'Empire, du moins jusqu'&#224; ce que le pouvoir passe aux mains des &#233;mirs turcs. M&#234;me alors, l'Empire conserve son int&#233;grit&#233; territoriale et le pouvoir demeure centr&#233; &#224; Samarra, puis &#224; Bagdad. De plus, l'efficacit&#233; administrative &#8211; particuli&#232;rement pour le pr&#233;l&#232;vement de l'imp&#244;t &#8211; et le d&#233;veloppement d'une &#233;conomie agraire performante permettent la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique et financi&#232;re de l'Empire. Toutefois, l'id&#233;e &#8211; courante au XIXe si&#232;cle &#8211; que l'existence d'un califat arabe est la condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; de la grandeur de l'Islam ne se fonde sur aucun &#233;l&#233;ment historique : en effet, &#224; partir de 833, le pouvoir est de facto exerc&#233; par des Turcs ou des Perses sans que l'Empire s'en trouve affaibli, sinon sur le plan symbolique. M&#234;me le r&#232;gne de H&#226;r&#251;n al-Rash&#238;d (786-809), magnifi&#233; gr&#226;ce aux &lt;i&gt;Mille et une nuits&lt;/i&gt; et constituant la r&#233;f&#233;rence ultime en termes d'apog&#233;e musulmane, est en r&#233;alit&#233; une p&#233;riode de troubles importants, qui voit notamment la prise d'autonomie de la province de Tanger sous la dynastie naissante des Idr&#238;ssides, et la reconnaissance par le calife d'une autonomie h&#233;r&#233;ditaire &#224; Ibrahim ibn al-Aghlab, gouverneur de l'Ifrikiya (actuelle Tunisie). Le processus d'autonomisation des provinces et d'affaiblissement du pouvoir central est donc d&#233;j&#224; enclench&#233;, d&#232;s le tournant du IXe si&#232;cle &#8211; rappelons que la dynastie ne fut fond&#233;e qu'un demi-si&#232;cle plus t&#244;t. Deux points se d&#233;gagent donc, qui portent atteinte &#224; la vision traditionnelle de l'&#226;ge abbasside dans l'historiographie tant arabe qu'europ&#233;enne : d'abord, il n'y a pas de corr&#233;lation entre la d&#233;tention du pouvoir par une dynastie arabe et la prosp&#233;rit&#233; du monde islamique ; ensuite, l'&#233;poque abbasside ne peut pas &#234;tre divis&#233;e entre une p&#233;riode d'apog&#233;e et une p&#233;riode de d&#233;clin : il s'agit plut&#244;t d'une &#233;volution continue, sur le long terme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais si la p&#233;riode des premiers Abbassides est rest&#233;e dans la tradition musulmane comme un &#226;ge d'or, c'est surtout parce qu'il s'agit d'une &#233;poque florissante sur le plan culturel, litt&#233;raire et artistique. Bagdad, la ville abbasside par excellence, se d&#233;veloppe tr&#232;s rapidement et devient un centre culturel et &#233;conomique de premier plan d&#232;s la fin du VIIIe si&#232;cle (rappelons qu'elle est fond&#233;e en 762) ; c'est &#233;galement une ville tr&#232;s cosmopolite, &#224; l'image de l'Empire abbasside lui-m&#234;me qui brasse de nombreuses cultures tr&#232;s diverses. La circulation des id&#233;es et des personnes est favoris&#233;e par la centralisation du pouvoir, qui entra&#238;ne un d&#233;veloppement des routes et des moyens de communication (entre autres, la poste imp&#233;riale, &#224; cheval) dans l'ensemble du territoire. Dans le domaine intellectuel, le troisi&#232;me calife abbasside, al-Mahd&#238; (775-785), initie une grande entreprise de traduction des textes de la sagesse grecque antique en arabe, via le syriaque : c'est le d&#233;but de ce qu'on appelle la civilisation islamique classique, marqu&#233;e notamment par l'influence aristot&#233;licienne. Son r&#232;gne voit &#233;galement la g&#233;n&#233;ralisation de l'usage du papier, moins cher que le parchemin et le payprus, et un commerce de livres se d&#233;veloppe qui favorise la diffusion des textes arabes et &#233;trangers. La reconnaissance du mu&#8216;tazilisme comme doctrine officielle de l'Empire par le calife al-Ma&#8216;m&#251;n en 827 encourage &#233;galement la r&#233;f&#233;rence aux Grecs, puisqu'elle cherche &#224; concilier la logique et le rationalisme avec la doctrine musulmane. Au Xe si&#232;cle, Ab&#251; al-Hasan al-Ash&#8216;ar&#238; fonde la doctrine asharite, qui r&#233;cuse la th&#232;se mu&#8216;tazilite du libre arbitre pour lui pr&#233;f&#233;rer celle de la pr&#233;destination et s'oppose &#233;galement aux mu&#8216;tazilites sur la question du Coran, que ces derniers consid&#232;rent comme cr&#233;&#233; et contingent par rapport &#224; Dieu. Ces d&#233;bats nourriront la philosophie et la th&#233;ologie islamique pendant encore plusieurs si&#232;cles. La traduction en arabe des trait&#233;s antiques portant sur la physique, les math&#233;matiques, l'astronomie ou la m&#233;decine favorisent &#233;galement un essor scientifique in&#233;dit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette culture classique arabe, qui se forme bien sous les Abbassides, est d'autant plus riche que l'Empire a une v&#233;ritable situation de carrefour, ce qui m&#234;le aux apports grecs et aux doctrines musulmanes des influences persanes, indiennes, et m&#234;me chinoises. Robert Mantran parle de cette civilisation m&#233;di&#233;vale comme d'une &#171; fusion heureuse d'&#233;l&#233;ments composites &#187;, ce qu'il explique &#233;galement par le mouvement de conversion qui traverse le monde musulman &#224; partir de la prise de pouvoir des Abbassides : pour des raisons diverses (souvent fiscales), les habitants des territoires conquis dans les premiers temps de l'Islam se convertissent massivement &#224; la religion musulmane, ce qui permet leur int&#233;gration compl&#232;te dans la civilisation de l'&#233;poque et avec eux, celle d'id&#233;es et de savoir-faire tr&#232;s divers. Parall&#232;lement, les deux premiers si&#232;cles de l'&#232;re abbasside sont &#233;galement un temps o&#249; continue &#224; s'&#233;laborer la religion musulmane : outre les d&#233;bats th&#233;ologico-philosophiques d&#233;j&#224; mentionn&#233;s, les recueils canoniques de &lt;i&gt;had&#238;th&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb7-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Paroles cens&#233;ment prononc&#233;es par le Proph&#232;te pendant sa vie. Les had&#238;th constituent la Sunna du Proph&#232;te, un mod&#232;le de vie &#224; suivre.' id='nh7-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; du Proph&#232;te, notamment, datent des VIIIe, IXe ou Xe si&#232;cles. Enfin, sur le plan litt&#233;raire, on trouve de grands po&#232;tes comme Ibn al-R&#251;mi (836-896) ou Mans&#251;r al-Hallaj (857-922), mystique soufi auteur d'une &#339;uvre po&#233;tique abondante qu'il concevait comme un moyen de renouer avec l'essence verbale du Coran et donc, la puret&#233; des premi&#232;res formes de l'islam. C'est du Xe si&#232;cle &#233;galement que date la premi&#232;re r&#233;daction connue des &lt;i&gt;Mille et une nuits&lt;/i&gt;, monument embl&#233;matique de la litt&#233;rature islamique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les premiers temps de l'&#226;ge abbasside, du VIIIe au Xe si&#232;cle, sont donc ind&#233;niablement une &#233;poque de stabilit&#233; dans l'histoire islamique, marqu&#233;e aussi par une certaine grandeur &#8211; ne serait-ce que sur le plan territorial ; mais il ne s'agit pas d'une p&#233;riode faste, et des nuances doivent &#234;tre apport&#233;es. La prosp&#233;rit&#233; culturelle, qui marqua si durablement les esprits, se poursuit dans les si&#232;cles suivants o&#249;, pourtant, la r&#233;alit&#233; du pouvoir &#233;chappe totalement au califat arabe abbasside ; quant au d&#233;clin si souvent mentionn&#233;, il s'agit plut&#244;t de la continuation d'un processus d'affaiblissement du pouvoir central au profit de provinces qui tendent &#224; s'autonomiser que d'une d&#233;cadence succ&#233;dant &#224; un &#226;ge d'or.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Amira K. Bennison, &lt;i&gt;The Great Caliphs : The Golden Age of the &#8216;Abbasid Empire&lt;/i&gt;, New Haven, Yale University Press, 2010, 244 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dimitri Gutas, &lt;i&gt;Pens&#233;e grecque, culture arabe : Le mouvement de traduction gr&#233;co-arabe &#224; Bagdad et la soci&#233;t&#233; abbasside primitive (IIe-IVe/VIIIe-Xe si&#232;cles)&lt;/i&gt;, Londres, 1998, traduit de l'anglais par Abdesselam Cheddadi aux &#233;ditions Aubier, 2005, 340 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Albert Hourani, &lt;i&gt;Histoire des peuples arabes&lt;/i&gt;, Paris, collection Points Seuil, 1993, 732 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Robert Mantran, &lt;i&gt;L'Expansion musulmane, VIIe-XIe si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1995 (6e &#233;dition), 352 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dominique Sourdel, &lt;i&gt;L'&#201;tat imp&#233;rial des califes abbassides : VIIIe-Xe si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1999, 272 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#201;ric Vallet, &#171; Cours d'initiation &#224; l'histoire de l'Islam m&#233;di&#233;val &#187;, ENS Ulm, 2011-2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh7-1' id='nb7-1' class='spip_note' title='Notes 7-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paroles cens&#233;ment prononc&#233;es par le Proph&#232;te pendant sa vie. Les had&#238;th constituent la Sunna du Proph&#232;te, un mod&#232;le de vie &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>J&#233;rusalem au XIX &#232;me si&#232;cle</title>
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		<description>Ville trois fois sainte, ottomane depuis quatre si&#232;cles et musulmane depuis plus longtemps encore, l'histoire de J&#233;rusalem au XIX&#232;me si&#232;cle est particuli&#232;re. Contrairement aux autres villes de l'Empire ottoman qui connaissent &#224; cette &#233;poque l&#224; une renaissance, &#224; l'instar de Constantinople, Alexandrie ou m&#234;me Beyrouth, J&#233;rusalem n'est pas situ&#233;e sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en mais &#224; l'int&#233;rieur des terres. De ce fait, sa croissance n'est pas due aux &#233;changes, au commerce ou m&#234;me &#224; une industrialisation mais &#224; son (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Ville trois fois sainte, ottomane depuis quatre si&#232;cles et musulmane depuis plus longtemps encore, l'histoire de J&#233;rusalem au XIX&#232;me si&#232;cle est particuli&#232;re. Contrairement aux autres villes de l'Empire ottoman qui connaissent &#224; cette &#233;poque l&#224; une renaissance, &#224; l'instar de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Constantinople-au-XIXeme-siecle.html' class='spip_in'&gt;Constantinople&lt;/a&gt;, &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Alexandrie-au-XIXeme-siecle.html' class='spip_in'&gt;Alexandrie&lt;/a&gt; ou m&#234;me Beyrouth, J&#233;rusalem n'est pas situ&#233;e sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en mais &#224; l'int&#233;rieur des terres. De ce fait, sa croissance n'est pas due aux &#233;changes, au commerce ou m&#234;me &#224; une industrialisation mais &#224; son statut de ville religieuse qui en fait &#224; la fois un enjeu de pouvoir local et international. Nombre des r&#233;formes mises en place &#224; J&#233;rusalem par les autorit&#233;s ottomanes visent &#224; freiner les ambitions des puissances europ&#233;ennes en ce qui concerne la ville. Tout au long du XIX&#232;me si&#232;cle, J&#233;rusalem demeure une ville au statut contest&#233;. Dans le m&#234;me temps, elle conna&#238;t une croissance importante et s'impose peu &#224; peu comme capitale d'une r&#233;gion, la Palestine, qui commence &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une entit&#233; politique sp&#233;cifique par sa population et les grandes puissances europ&#233;ennes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;rusalem, enjeu politique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Au XIX&#232;me si&#232;cle, J&#233;rusalem devient un enjeu politique aussi bien entre les grandes puissances europ&#233;ennes qu'entre celles-ci et l'Empire ottoman. Entre les grandes puissances europ&#233;ennes tout d'abord, la question qui se pose est celle du statut de la ville et de la protection des lieux saints. Le partage de l'Empire ottoman &#233;tant &#224; cette &#233;poque contraire aux souhaits des grandes puissances, et notamment de la Grande-Bretagne, les luttes de pouvoir se font en terme d'influence. La France d&#233;tient ainsi depuis le XVIII&#232;me si&#232;cle l'exclusivit&#233; de la protection des religieux envoy&#233;s dans l'Empire ottoman, protection qui s'est &#233;largie et englobe de fait l'ensemble des communaut&#233;s catholiques de l'Empire ottoman. Elle a obtenu, en 1831, de nombreux droits pour les catholiques orientaux : celui de poss&#233;der des lieux de culte sp&#233;cifiques et d'avoir un repr&#233;sentant direct aupr&#232;s du Sultan. On compte &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle pr&#232;s de 120 000 catholiques dans l'Empire ottoman ainsi que 32 000 maronites et en 1900, deux tiers des missionnaires pr&#233;sents au Proche-Orient sont fran&#231;ais. Ce contexte lui laisse penser qu'elle peut &#234;tre reconnue comme la protectrice des lieux saints. Mais ce souhait n'est pas concr&#233;tis&#233;, en raison notamment des rivalit&#233;s qui l'opposent &#224; la Russie, cette derni&#232;re souhaitant &#233;galement &#233;tendre son influence &#224; J&#233;rusalem. En effet, la Russie a sign&#233; avec la sublime Porte en 1774 le trait&#233; de K&#252;tch&#252;k-Kaynardja, lui octroyant un droit de protection sur les orthodoxes r&#233;sidant &#224; Constantinople. La Russie a, elle aussi, &#233;tendu ce droit &#224; l'ensemble des communaut&#233;s orthodoxes des grandes villes ottomanes, dont J&#233;rusalem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre 1830 et 1840, lorsque la r&#233;gion et J&#233;rusalem sont gouvern&#233;es par l'Egypte, se pose la &#171; question de J&#233;rusalem &#187; : diff&#233;rents plans sont &#233;labor&#233;s par les grandes puissances europ&#233;ennes afin de mieux d&#233;finir le statut de la ville. Parmi ceux-ci, le plan prussien de janvier 1841 vise &#224; faire de J&#233;rusalem une ville internationale o&#249; les chr&#233;tiens seraient divis&#233;s en trois grandes communaut&#233;s : catholique, russe et protestante. Les lieux saints seraient quant eux la propri&#233;t&#233; des cinq grandes puissances europ&#233;ennes. Face &#224; ces diff&#233;rents plans, dont tous pr&#233;voyaient une extension de l'influence europ&#233;enne sur la ville, la sublime Porte r&#233;agit : un gouverneur est nomm&#233; par un firman de juin 1841, dont les pouvoirs sp&#233;cifiques lui permettent de r&#233;gler lui-m&#234;me les conflits intercommunautaires, &#244;tant ainsi aux puissances europ&#233;ennes leur r&#244;le de m&#233;diation. De la m&#234;me fa&#231;on, la ville acquiert tr&#232;s t&#244;t un conseil municipal qui va beaucoup &#339;uvrer &#224; sa modernisation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;rusalem, capitale administrative de la Palestine&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Durant la d&#233;cennie 1830, l'administration &#233;gyptienne en Palestine a permis &#224; celle-ci de s'internationaliser et les Ottomans, revenus au pouvoir en 1841, n'ont d'autre choix que de maintenir cette politique d'ouverture. Elle se traduit par l'installation de consulats &#233;trangers &#224; J&#233;rusalem, dont le premier, celui de Grande-Bretagne, s'installe en 1838. De la m&#234;me fa&#231;on, les p&#232;lerins, dont le nombre est en augmentation, sont autoris&#233;s &#224; s&#233;journer plus longtemps dans la ville sainte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;cennies 1850 et 1860 marquent v&#233;ritablement un tournant dans l'histoire de J&#233;rusalem. Celle-ci devient en effet une capitale administrative, &#244;tant &#224; St Jean d'Acre ce r&#244;le qu'elle occupait jusqu'alors. Les causes de ce changement proviennent de la volont&#233; du pouvoir ottoman de r&#233;duire l'influence europ&#233;enne sur la ville. Ainsi en 1874, le sandjak de J&#233;rusalem devient &#171; ind&#233;pendant &#187;, &#233;tant d&#233;sormais administr&#233; par un gouverneur plac&#233; sous l'autorit&#233; directe de la sublime Porte et directement responsable devant elle. Plusieurs conseils sont &#233;galement &#233;tablis : un conseil municipal, un conseil administratif et un conseil g&#233;n&#233;ral du sandjak. De ces trois institutions, le conseil municipal, compos&#233; de six musulmans, deux chr&#233;tiens et deux juifs, est celui qui &#339;uvre le plus en faveur de la ville. A son initiative, les rues sont pav&#233;es et un dispositif d'&#233;gouts est mis en place en 1870, ainsi qu'un syst&#232;me d'&#233;clairage au k&#233;ros&#232;ne. A la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale, il est pr&#233;vu d'installer l'&#233;lectricit&#233;, un syst&#232;me t&#233;l&#233;phonique et de construire des lignes de tramway. En 1886, une police municipale est instaur&#233;e et des b&#226;timents municipaux sont construits, dont en 1891 un h&#244;pital. Jusqu'alors, les h&#244;pitaux &#233;taient l'&#339;uvre d'initiatives priv&#233;es et plus particuli&#232;rement des congr&#233;gations religieuses. Le conseil municipal met &#233;galement en place des institutions culturelles, avec la cr&#233;ation d'un mus&#233;e d'antiquit&#233;s et l'ouverture d'un th&#233;&#226;tre en 1901. Concernant le conseil administratif et le conseil g&#233;n&#233;ral du sandjak, leurs r&#244;les s'&#233;tendent &#224; l'ensemble du sandjak, dans le domaine de la finance et des taxes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont donc en partie les r&#233;formes administratives ottomanes qui ont permis &#224; J&#233;rusalem de s'imposer comme la capitale administrative de la Palestine.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une croissance sp&#233;cifique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La croissance de J&#233;rusalem au XIX&#232;me si&#232;cle est sp&#233;cifique : alors que les autres grandes villes de l'Empire ottoman se d&#233;veloppent gr&#226;ce au commerce et &#224; l'industrie, celle de J&#233;rusalem est au contraire &#233;troitement li&#233;e &#224; son statut de ville &#171; trois fois sainte &#187; et par l'importance qu'elle occupe dans l'imaginaire europ&#233;en.
&lt;br /&gt;Sur le plan d&#233;mographique, de 1800 &#224; 1910, la population passe de 8 750 habitants &#224; plus de 70 000&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb8-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Y. Ben Arieh, &#171; The growth of Jerusalem in the Nineteenth Century &#187; in Annals of the Association of American Geographers, num&#233;ro 65, 1975, p. 262.' id='nh8-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Dans les d&#233;cennies 1840 et 1850, une importante communaut&#233; protestante, compos&#233;e principalement d'Anglais et d'Allemands, s'&#233;tablit dans la ville et participe &#224; la construction de nouveaux &#233;difices, comme celle d'une cath&#233;drale protestante en 1849.
&lt;br /&gt;Dans le domaine architectural, la ville conna&#238;t &#224; la suite &#224; la guerre de Crim&#233;e (1853-1856), un v&#233;ritable essor de la construction immobili&#232;re et des infrastructures. Des &#233;difices religieux sont b&#226;tis (&#233;glises, monast&#232;res, synagogues mosqu&#233;es), mais &#233;galement des &#233;coles, des h&#244;pitaux, des h&#244;tels etc. En 1860, le missionnaire allemand Schneller fait b&#226;tir un orphelinat syrien pour les gar&#231;ons et en 1881 est cr&#233;&#233;e l'&#233;cole de l'Alliance isra&#233;lite universelle. Au nord-ouest de la ville se construit un quartier r&#233;sidentiel juif, tandis qu'au sud et au nord de nouveaux quartiers arabes apparaissent. La construction de la route entre Jaffa et J&#233;rusalem permet d'importer plus ais&#233;ment les mat&#233;riaux destin&#233;s &#224; la construction et, &#224; c&#244;t&#233; de la ville historique de J&#233;rusalem, une ville europ&#233;enne prend forme. Dans les villes et villages entourant J&#233;rusalem, une sp&#233;cialisation dans le b&#226;timent cr&#233;e ainsi que de nombreux emplois.
&lt;br /&gt;L'&#233;conomie de J&#233;rusalem d&#233;pend fortement de son statut de ville sainte. Des institutions sont notamment mises en place pour prot&#233;ger les lieux saints, accueillir les p&#232;lerins et les visiteurs. En revanche, peu d'industries r&#233;ussissent &#224; s'installer &#224; J&#233;rusalem. L'industrie du savon, pr&#233;sente durant le premier XIX&#232;me si&#232;cle, conna&#238;t un fort d&#233;clin d&#232;s les ann&#233;es 1850. Une tentative est faite pour implanter une industrie de la soie aux alentours de 1840 mais le projet est abandonn&#233; d&#232;s 1860.
&lt;br /&gt;Des initiatives sont &#233;galement prises pour moderniser la ville, le syst&#232;me de communication et les r&#233;seaux de transport sont notamment am&#233;lior&#233;s : en 1865, J&#233;rusalem est reli&#233;e au t&#233;l&#233;graphe, c'est-&#224;-dire &#224; des villes comme Constantinople ou le Caire ; en 1867, une route pav&#233;e est construite entre J&#233;rusalem et Jaffa, puis en 1892 une ligne de chemin de fer est construite par une compagnie fran&#231;aise. Cette am&#233;lioration du r&#233;seau de transport permet une augmentation significative du nombre de p&#232;lerins europ&#233;ens, qui passe de 10 000 (1870) &#224; 40 000 (1910).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire de J&#233;rusalem au XIX&#232;me si&#232;cle diff&#232;re consid&#233;rablement de celle des autres grandes villes ottomanes. Sa particularit&#233; historique fait d'elle une ville convoit&#233;e mais aussi un lieu important de p&#232;lerinage, et &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle un lieu d'immigration avec l'arriv&#233;e des premiers sionistes. Dans son article sur J&#233;rusalem au XIX&#232;me si&#232;cle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb8-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Alexander Shl&#246;ch, &#171; Jerusalemn in the 19th Century (1831-1917) &#187;, in Jerusalem in History, Scorpion Publishing Ltd, 1989, 295 pages.' id='nh8-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, Alexander Sch&#246;lch estime que l'on peut consid&#233;rer 1882 comme une ann&#233;e essentielle dans l'histoire de J&#233;rusalem. Celle-ci marque en effet le d&#233;but de l'occupation britannique en Egypte ainsi que le d&#233;but des premi&#232;res vagues d'immigration juive en Terre sainte. La conjonction de ces deux tendances, celle de l'imp&#233;rialisme britannique et celle du sionisme, s'op&#232;re durant la Premi&#232;re Guerre mondiale, avec d'une part la d&#233;claration Balfour le 2 novembre 1917 et d'autre part l'entr&#233;e du g&#233;n&#233;ral Allenby dans J&#233;rusalem le 11 d&#233;cembre 1917, influen&#231;ant en partie le destin de J&#233;rusalem au XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dir. Kamil Asali, &lt;i&gt;Jerusalem in History&lt;/i&gt;, Scorpion Publishing Ltd, 1989, 295 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Jacques Lafont, &lt;i&gt;J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, Paris, Montchrestien, 1998, 158 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dir. Catherine Nicault, &lt;i&gt;J&#233;rusalem 1850-1948 : des Ottomans aux Anglais : entre coexistance spirituelle et d&#233;chirure politique&lt;/i&gt;, Paris, Autrement, 1999, 229 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh8-1' id='nb8-1' class='spip_note' title='Notes 8-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Y. Ben Arieh, &#171; The growth of Jerusalem in the Nineteenth Century &#187; &lt;i&gt;in Annals of the Association of American Geographers&lt;/i&gt;, num&#233;ro 65, 1975, p. 262.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh8-2' id='nb8-2' class='spip_note' title='Notes 8-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Alexander Shl&#246;ch, &#171; Jerusalemn in the 19th Century (1831-1917) &#187;, in Jerusalem in History, Scorpion Publishing Ltd, 1989, 295 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nahda : renaissance culturelle et religieuse, &#233;veil politique dans le monde arabe au XIX &#232;me si&#232;cle</title>
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		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

		<description>Le terme arabe &#171; nahda [1] &#187; d&#233;signe cette p&#233;riode de l'histoire o&#249;, au XIXe si&#232;cle, le monde arabe conna&#238;t une &#171; renaissance &#187; culturelle et religieuse ainsi qu'un premier &#233;veil politique. D&#233;sign&#233;e aussi par Albert Hourani sous le nom de &#171; liberal age &#187;, cette &#233;poque voit la reconfiguration de la pens&#233;e arabe sur des sujets aussi essentiels que la pratique de la religion, la place de l'islam en politique, la conception du pouvoir ou les questions socio-&#233;conomiques. On prend souvent comme point de d&#233;part de (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Culture,36-+.html" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le terme arabe &#171; &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb9-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le mot &#171; nahda &#187; provient du verbe &#171; ianhoudou &#187;, qui signifie &#171; se lever &#187;. ' id='nh9-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; &#187; d&#233;signe cette p&#233;riode de l'histoire o&#249;, au XIXe si&#232;cle, le monde arabe conna&#238;t une &#171; renaissance &#187; culturelle et religieuse ainsi qu'un premier &#233;veil politique. D&#233;sign&#233;e aussi par Albert Hourani sous le nom de &#171; &lt;i&gt;liberal age&lt;/i&gt; &#187;, cette &#233;poque voit la reconfiguration de la pens&#233;e arabe sur des sujets aussi essentiels que la pratique de la religion, la place de l'islam en politique, la conception du pouvoir ou les questions socio-&#233;conomiques. On prend souvent comme point de d&#233;part de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Expedition-d-Egypte-1798-1801.html' class='spip_in'&gt;exp&#233;dition d'&#201;gypte&lt;/a&gt; de Napol&#233;on Bonaparte, en 1798 : le contexte de la nahda est bien, en effet, cette p&#233;riode o&#249; l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Empire-ottoman,578.html' class='spip_in'&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt; se trouve tr&#232;s affaibli, jusqu'&#224; voir contester son int&#233;grit&#233; par les grandes puissances &#233;trang&#232;res, et o&#249; l'influence europ&#233;enne se fait de plus en plus forte en Orient. Deux tendances principales se dessinent dans le mouvement g&#233;n&#233;ral qu'on appelle &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; : d'abord le r&#233;formisme islamique, avec de grands noms comme ceux de Jam&#226;l al-D&#238;n al-Afgh&#226;ni ou de Muhammad &#8216;Abduh ; et d'autre part l'&#233;veil politique du monde arabe, pour lequel l'&#201;gypte joue un r&#244;le d&#233;terminant puisqu'elle est le premier pays arabe &#224; conceptualiser l'&#201;tat-nation comme un v&#233;ritable devenir politique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Causes et contexte : l'affaiblissement du pouvoir ottoman et l'irruption de la modernit&#233; europ&#233;enne&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;C'est dans un Empire en mutation, marqu&#233; par l'influence de plus en plus pr&#233;gnante de l'Europe, que se d&#233;roule la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;. L'exp&#233;dition de Bonaparte en &#201;gypte, m&#234;me si elle est finalement un &#233;chec militaire, fait peser pendant quatre ans une menace importante sur l'Empire ottoman &#8211; dont l'&#201;gypte est partie int&#233;grante. Dans le cadre de l'affrontement entre la France r&#233;volutionnaire et la Grande-Bretagne, elle inaugure de plus une tradition durable, celle d'un &#171; Grand Jeu &#187; des puissances europ&#233;ennes au Moyen-Orient, qui est d&#233;sormais l'un de leurs principaux terrains d'affrontement. En r&#233;sulte un fort affaiblissement du pouvoir ottoman sur ses propres territoires, aggrav&#233; par la mise en place de potentats locaux tr&#232;s puissants : l'&#201;gypte de &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mehemet-Ali-le-fondateur-de-l.html' class='spip_in'&gt;Muhammad &#8216;Al&#238;&lt;/a&gt; (&#224; partir de 1805) en est l'exemple le plus probant, mais on pense &#233;galement &#224; la dynastie des beys de Tunis, autonomes &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; depuis le XVIIIe si&#232;cle, ou au pouvoir important de l'&#233;mir Bash&#238;r II dans le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mont-Liban-1840-1860.html' class='spip_in'&gt;mont Liban&lt;/a&gt; de la premi&#232;re moiti&#233; du XIXe. Cet affaiblissement du pouvoir &#233;tatique va de pair avec l'ing&#233;rence des puissances europ&#233;ennes dans les affaires de l'Empire : on pense notamment au soutien apport&#233; &#224; Muhammad &#8216;Al&#238;, &#224; l'intervention fran&#231;aise au &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Massacres-de-1860-au-Liban.html' class='spip_in'&gt;Liban en 1860&lt;/a&gt; et, plus important encore, &#224; la prise de contr&#244;le franco-britannique des finances &#233;gyptiennes &#224; partir de 1875. Dans ce contexte d'incertitude politique grandissante, la domination ottomane appara&#238;t comme r&#233;versible, favorisant la r&#233;flexion sur de nouveaux mod&#232;les politiques possibles. Les &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Tanzimat.html' class='spip_in'&gt;Tanz&#238;m&#226;t&lt;/a&gt;, ces r&#233;formes lanc&#233;es en 1839 qui visent &#224; r&#233;organiser l'Empire ottoman, contribuent &#224; montrer que des r&#233;formes sont non seulement possibles, mais peut-&#234;tre m&#234;me n&#233;cessaires. Le contexte favorise donc une r&#233;flexion politique et sociale in&#233;dite chez les penseurs arabes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment d&#233;terminant pour la compr&#233;hension de ce qu'a &#233;t&#233; la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; est l'influence europ&#233;enne, non seulement sur le plan politique ou &#233;conomique mais aussi dans le champ culturel, scientifique et intellectuel. L'exp&#233;dition d'&#201;gypte de Bonaparte, &#224; ce titre &#233;galement, marque un tournant, avec la fondation de l'Institut d'&#201;gypte qui a pour objectif de diffuser les Lumi&#232;res europ&#233;ennes en &#201;gypte ; reform&#233; en 1836 sous le nom de Soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne par des savants fran&#231;ais, anglais et allemands, il est un exemple de l'implantation des sciences europ&#233;ennes au Moyen-Orient. Au XIXe si&#232;cle, de nombreuses &#233;coles sont fond&#233;es, notamment en Syrie, par des missionnaires europ&#233;ens qui y enseignent les &#171; id&#233;es nouvelles &#187;. Sous Muhammad &#8216;Al&#238; et dans le cadre des Tanz&#238;m&#226;t, de nombreux scientifiques et ing&#233;nieurs europ&#233;ens arrivent &#233;galement en Orient pour diriger les nouvelles &#233;coles militaires ou techniques, enseigner et aider &#224; la conception des infrastructures. Une vaste entreprise de traduction permet la diffusion des textes philosophiques des Lumi&#232;res. L'existence ancienne et la cr&#233;ation nouvelle de missions d'&#233;change &#233;tudiantes facilitent aussi les contacts entre le Moyen-Orient et l'Europe : la plupart des penseurs arabes de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; ont d'ailleurs fait un s&#233;jour en Europe, souvent &#224; Paris. Les id&#233;es europ&#233;ennes &#8211; notamment issues des Lumi&#232;res &#8211; se diffusent donc de plus en plus en Orient, amenant les lettr&#233;s, qu'ils soient intellectuels, chefs religieux ou leaders politiques, &#224; reconfigurer leur conception de la religion, du politique, de la soci&#233;t&#233; en int&#233;grant ces nouvelles donn&#233;es. Outre les Lumi&#232;res, le positivisme d'Auguste Comte se diffuse &#233;galement largement. Le mod&#232;le politique europ&#233;en de l'&#201;tat-nation, mieux connu, fait r&#233;fl&#233;chir ; le socialisme, &#224; la fin du si&#232;cle, se diffuse &#233;galement dans le monde arabe. L'influence occidentale ne se limite pas &#224; l'Europe &#8211; le Syrian Protestant College est fond&#233; &#224; Beyrouth en 1866 sur une initiative protestante am&#233;ricaine. Ainsi, l'irruption des id&#233;es modernes venues d'Europe au Moyen-Orient favorise et, dans une certaine mesure, rend n&#233;cessaire la r&#233;flexion des penseurs de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;formisme islamique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;L'un des courants de pens&#233;e principaux de cette renaissance arabe est le r&#233;formisme islamique, qui se d&#233;cline de mani&#232;res multiples. Le r&#233;formisme musulman, d'abord, s'inscrit dans une tradition &#233;tablie par un had&#238;th du Proph&#232;te selon lequel chaque si&#232;cle verrait un nouveau &lt;i&gt;ihy&#226;&lt;/i&gt;, un &#171; revivificateur &#187; de l'islam : il s'agit donc de r&#233;former l'islam lui-m&#234;me. Des penseurs comme Rifa&#8216;a al-Taht&#226;w&#238; (1801-1873), Jam&#226;l al-D&#238;n al-Afgh&#226;ni (1839-1897) ou Muhammad &#8216;Abduh (1849-1905) pr&#244;nent en effet une &#171; purification &#187; de l'islam par le retour non pas &#224; la lettre, mais &#224; l'esprit des textes fondamentaux, &#224; savoir le Coran et la Sunna. Il s'agit de se d&#233;barrasser des gloses des oul&#233;mas traditionnels &#8211; ceux de la mosqu&#233;e al-Azhar au Caire, entre autres &#8211; pour retrouver le sens originel du message coranique et &#234;tre capable de l'adapter aux temps modernes. Rifa&#8216;a al-Taht&#226;w&#238; enjoint ainsi les oul&#233;mas &#224; adapter la charia aux circonstances : c'est donc une certaine souplesse qui est mise en avant. Muhammad &#8216;Abduh, qui enseigne &#224; al-Azhar &#224; partir de 1877, pr&#244;ne quant &#224; lui l'&lt;i&gt;ijtih&#226;d&lt;/i&gt; individuel : ceux qui ont un certain savoir doivent moderniser l'interpr&#233;tation du Coran afin de r&#233;pondre aux questions sur lesquelles les textes sont trop vagues. Les r&#233;formistes musulmans, dans leur diversit&#233;, entendent ainsi affirmer la compatibilit&#233; de l'islam et de la modernit&#233;. Il ne s'agit donc aucunement de renier la tradition musulmane pour importer des id&#233;es et institutions &#233;trang&#232;res, mais bien de r&#233;fl&#233;chir sur la mani&#232;re dont l'islam &#8211; fondement de la soci&#233;t&#233; ottomane &#8211; peut se r&#233;former &#224; la lumi&#232;re de ces id&#233;es nouvelles. Cet id&#233;al r&#233;formateur a, dans le monde musulman, une connotation toujours positive : le mot isl&#226;h, qui signifie &#171; r&#233;forme &#187;, est le corollaire du progr&#232;s, de l'avanc&#233;e non seulement sociale, mais aussi religieuse et morale. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, une entreprise de r&#233;forme linguistique est lanc&#233;e : il s'agit de moderniser la langue arabe en la simplifiant, pour la rendre plus ais&#233;e &#224; manier ; il s'agit &#233;galement de l'enrichir par la cr&#233;ation de n&#233;ologismes permettant de d&#233;signer des &#233;l&#233;ments de la vie moderne, comme le terme de &lt;i&gt;ishtir&#226;q&#238;yya&lt;/i&gt;, forg&#233; en 1879 par Ahmad F&#226;ris al-Shidy&#226;q pour traduire &#171; socialisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le r&#233;formisme de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; est souvent musulman, on assiste &#233;galement &#224; une r&#233;flexion de plus en plus importante sur la question de la la&#239;cit&#233;. Import&#233; d'Europe, le concept de la&#239;cit&#233; est tout nouveau dans un monde &#224; la fois structur&#233; en profondeur par l'islam et marqu&#233; par le multi-culturalisme, institutionnalis&#233; dans l'Empire ottoman &#224; travers le syst&#232;me des &lt;i&gt;millet&lt;/i&gt;. Les chr&#233;tiens libanais occupent une place importante sur cette question, mais des musulmans y r&#233;fl&#233;chissent &#233;galement &#8211; par exemple Qas&#238;m Am&#238;n (1863-1908) ou Lutfi al-Sayyid (1872-1963). Le d&#233;bat sur la la&#239;cit&#233; prend ses racines dans le conflit entre science et religion, lui-m&#234;me tributaire de l'influence du positivisme, puisqu'Auguste Comte pensait que la civilisation devait se fonder sur la science. Pour Shibli Shumayyil (1850-1917), un chr&#233;tien libanais form&#233; au Syrian Protestant College avant de devenir journaliste au Caire et de s'engager en politique, la religion est justement un facteur de division sociale, &#224; cause du pouvoir des chefs religieux ; c'est la science qui serait le fondement de la justice et de la libert&#233;. Farah Ant&#251;n (1874-1922), souvent pr&#233;sent&#233; comme le chantre la&#239;c de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;, quant &#224; lui, propose une s&#233;paration nette entre le champ de la religion et le champ de la science : pour lui, c'est &#224; l'intellect (qui fonctionne selon l'observation et l'exp&#233;rience) de g&#233;rer l'ici-bas ; le c&#339;ur, duquel rel&#232;ve la foi, doit r&#233;gir le domaine de l'au-del&#224;. On voit bien par ces deux exemples que la la&#239;cit&#233; telle qu'elle est con&#231;ue par les penseurs de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; n'est en aucun cas un rejet de la religion, mais une nouvelle conception de la politique qui peut d&#233;sormais &#234;tre ind&#233;pendante du pouvoir religieux. Il s'agit donc bien, non pas d'une r&#233;volution, mais d'une r&#233;forme &#224; mener pour adapter la civilisation islamique aux temps modernes &#8211; ce qui est le leitmotiv du r&#233;formisme de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#233;veil politique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; se d&#233;cline aussi en politique : l&#224; encore, l'influence europ&#233;enne joue un r&#244;le d&#233;terminant, avec notamment la diffusion des concepts d'&#201;tat-nation, de d&#233;mocratie, de parlementarisme. Trois courants majeurs se dessinent : d'abord intellectuels, ils deviennent ensuite de v&#233;ritables projets politiques. Ils ne sont pas pour autant incompatibles, et sont souvent exprim&#233;s par les m&#234;mes acteurs. Le panislamisme est l'un de ces projets politiques, qui se construit d'abord contre l'imp&#233;rialisme europ&#233;en. Jam&#226;l al-D&#238;n al-Afgh&#226;ni, penseur persan, le th&#233;orise comme un moyen de r&#233;sister &#224; la domination britannique dans les Indes, d&#233;j&#224; &#233;tablie &#224; travers la Compagnie anglaise des Indes orientales puis sous administration directe du gouvernement britannique &#224; partir de 1858, et qui tend &#224; s'&#233;tendre, mena&#231;ant ainsi l'ensemble de l'Orient musulman. Dans &lt;i&gt;Le Lien indissoluble&lt;/i&gt;, p&#233;riodique fond&#233; en 1884 et rapidement interdit en &#201;gypte par les Britanniques, al-Afgh&#226;ni et &#8216;Abduh pr&#244;nent l'unit&#233; islamique &#8211; celle de l'Umma &#8211; comme moyen de r&#233;sister aux ambitions imp&#233;rialistes europ&#233;ennes. C'est dans ce sens &#233;galement que va la r&#233;flexion de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; sur le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Califat-origine-role-et-evolution.html' class='spip_in'&gt;califat&lt;/a&gt;, moyen d'ailleurs utilis&#233; par le sultan &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Abdulhamid-II-sultan-ottoman-1876.html' class='spip_in'&gt;Abd&#252;lhamid II&lt;/a&gt; qui prend ce titre pour affirmer une domination spirituelle ottomane sur les musulmans du monde entier. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le panislamisme appara&#238;t comme un moyen de renforcer l'&#201;tat tout en conservant l'islam comme structure sociale de base, puisque les musulmans se sentent de toute fa&#231;on unis au sein de l'Umma ; il va de pair avec l'id&#233;e r&#233;formiste d'adapter l'islam au monde moderne. Rash&#238;d Rid&#226; en est partisan : il participe ainsi aux conf&#233;rences islamiques de La Mecque en 1926, et de J&#233;rusalem en 1931. Toutefois, le panislamisme est rapidement d&#233;pass&#233; par la mont&#233;e des nationalismes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Nationalisme-arabe-les-origines.html' class='spip_in'&gt;nationalisme arabe&lt;/a&gt; est un autre &#233;l&#233;ment majeur de la &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt;. Il est li&#233; au mouvement r&#233;formiste musulman dans la mesure o&#249; dans la seconde moiti&#233; du si&#232;cle, de nombreux penseurs d&#233;veloppent l'id&#233;e que la d&#233;cadence de l'islam s'explique par l'&#233;viction des Arabes et la prise du pouvoir (politique aussi bien que religieux) par les Turcs Ottomans. &#8216;Abd al-Rahman al-Kaw&#226;kib&#238;, dans son livre &lt;i&gt;Umm al-Qura&lt;/i&gt; (La M&#232;re des Cit&#233;s), d&#233;crit un congr&#232;s islamique fictif &#224; La Mecque o&#249; il pr&#244;ne l'&#233;tablissement d'un califat arabe, au pouvoir spirituel. Toutefois, le nationalisme arabe correspond davantage, au XIXe si&#232;cle, &#224; une conscience ethnique diffuse et &#224; une th&#233;orie qu'&#224; un v&#233;ritable projet politique &#8211; ce qu'il ne deviendra v&#233;ritablement qu'avec &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Nasser-Gamal-Abdel.html' class='spip_in'&gt;Nasser&lt;/a&gt;, dans les ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, se d&#233;veloppent &#233;galement ce qu'Anne-Laure Dupont appelle les &#171; nationalismes de terroir &#187;. Il s'agit de ces nationalismes locaux qui correspondent, peu ou prou, au concept europ&#233;en d'&#201;tat-nation. Les plus importants sont le nationalisme syrien, qui s'exprime notamment dans les ann&#233;es 1860 &#224; travers des affiches placard&#233;es dans les grandes villes de Syrie et critiquant violemment le pouvoir ottoman, et surtout le nationalisme &#233;gyptien, qui constitue la v&#233;ritable gen&#232;se de l'&#201;tat-nation arabe. L'&#201;gyptien Rifa&#8216;a al-Taht&#226;w&#238;, d&#232;s la premi&#232;re moiti&#233; du si&#232;cle, promouvait l'&#171; amour de la patrie &#187;, id&#233;e import&#233;e d'Europe. En tant qu'&#233;ditorialiste au Caire au d&#233;but des ann&#233;es 1880, Muhammad &#8216;Abduh s'engage nettement dans la promotion de l'opposition nationale &#224; la domination britannique. Ce sont d'ailleurs des disciples de &#8216;Abduh qui fonderont en 1907 le Parti de l'Umma (c'est-&#224;-dire du Peuple, ou de la Nation) en &#201;gypte, qui d&#233;fend une conception volontariste de la nation : ce n'est pas l'appartenance ethnique, la langue, ni la religion qui font la nation, mais avant tout le fait de se sentir et de se d&#233;finir comme &#201;gyptien. Ce nationalisme &#233;gyptien aura pour cons&#233;quence de faire de l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Egypte.html' class='spip_in'&gt;&#201;gypte&lt;/a&gt; le premier &#201;tat-nation arabe, qui obtient son ind&#233;pendance en 1922.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;i&gt;nahda&lt;/i&gt; est donc bien un moment d&#233;terminant dans la formation du monde arabe contemporain ; p&#233;riode florissante sur le plan culturel, elle est aussi l'&#233;poque o&#249; se reconfigure le champ de la pens&#233;e au Moyen-Orient, et o&#249; se mettent en place des r&#233;f&#233;rences et des sch&#233;mas de r&#233;flexion nouveaux qui permettent de comprendre la formation de ces &#201;tats ainsi que certains des d&#233;bats qui agitent encore les pays arabes d'aujourd'hui, comme par exemple le d&#233;bat sur la la&#239;cit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Anne-Laure Dupont, &#171; Nahda, la renaissance arabe &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, ao&#251;t 2009.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Albert Hourani, &lt;i&gt;La Pens&#233;e arabe et l'Occident&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions Naufal, 1991, 415 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Henry Laurens, &lt;i&gt;L'Orient arabe : Arabisme et islamisme de 1798 &#224; 1945&lt;/i&gt;, Armand Colin, Paris, 2000.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Nadine Picaudou et Aude Signoles, &#171; Proche et Moyen-Orient contemporain &#187;, Encyclop&#233;die Universalis.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Cours de Samy Dorlian, &#171; Histoire des id&#233;es politiques dans le monde arabe contemporain &#187;, ENS Ulm, 2011-2012.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Cours d'Anne-Laure Dupont, &#171; L'&#233;mergence du monde arabe contemporain &#187;, Universit&#233; Paris-Sorbonne, 2011-2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh9-1' id='nb9-1' class='spip_note' title='Notes 9-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le mot &#171; nahda &#187; provient du verbe &#171; ianhoudou &#187;, qui signifie &#171; se lever &#187;. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Situation en Syrie le 18 avril</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>diplomatie</dc:subject>

		<description>Alors que les violences se poursuivent en Syrie, les n&#233;gociations diplomatiques continuent. Le 20 mars, la Russie a annonc&#233; qu'elle soutiendrait une d&#233;claration du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU appuyant la mission du Kofi Annan en Syrie et a appel&#233; en outre la Syrie &#224; accepter &#171; imm&#233;diatement &#187; une tr&#234;ve humanitaire. Le 21 mars, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, dont la Chine et la Russie, a vot&#233; une d&#233;claration de soutien au plan de paix propos&#233; par Kofi Annan lors de son s&#233;jour &#224; Damas, demandant au (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les violences se poursuivent en Syrie, les n&#233;gociations diplomatiques continuent. Le 20 mars, la Russie a annonc&#233; qu'elle soutiendrait une d&#233;claration du Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU appuyant la mission du Kofi Annan en Syrie et a appel&#233; en outre la Syrie &#224; accepter &#171; imm&#233;diatement &#187; une tr&#234;ve humanitaire. Le 21 mars, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, dont la Chine et la Russie, a vot&#233; une d&#233;claration de soutien au plan de paix propos&#233; par Kofi Annan lors de son s&#233;jour &#224; Damas, demandant au pr&#233;sident syrien ainsi qu'&#224; l'opposition syrienne d'&#171; appliquer totalement et imm&#233;diatement &#187; ce plan. Celui-ci pr&#233;voit notamment l'arr&#234;t imm&#233;diat des violences, l'acheminement de l'aide humanitaire en Syrie et la lib&#233;ration des d&#233;tenus.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le 26 mars, la Turquie a ferm&#233; son ambassade en Syrie pour des raisons de s&#233;curit&#233;, de m&#234;me que la Norv&#232;ge.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le 27 mars, la Syrie a annonc&#233; accepter le plan de paix de Kofi Annan. Cette nouvelle a cependant &#233;t&#233; accueillie avec prudence par l'opposition syrienne et par les diplomaties occidentales. Le 28 mars, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhort&#233; le pr&#233;sident syrien &#224; mettre en &#339;uvre ce plan &#171; imm&#233;diatement &#187;. Kofi Annan a &#233;galement d&#233;clar&#233; le 30 mars que le r&#233;gime syrien devait appliquer ce plan &#171; maintenant &#187;. En d&#233;pit de l'acceptation du plan par Damas, les violences se poursuivent cependant.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le 2 avril, Kofi Annan a demand&#233; au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU de fixer le 10 avril comme date butoir pour la mise en application de son plan de paix par la Syrie : les principales op&#233;rations militaires doivent cesser dans le pays, dans les 48 heures suivant le 10 avril. Le 8 avril, le minist&#232;re syrien des Affaires &#233;trang&#232;res a annonc&#233; que les forces arm&#233;es syriennes se retireront des villes syriennes si l'opposition syrienne donne des &#171; garanties &#233;crites &#187; sur &#171; l'acceptation par les groupes terroristes arm&#233;s de l'arr&#234;t de toute forme de violences &#187;. Le 11 avril, la Syrie a annonc&#233; mettre fin &#224; ses op&#233;rations militaires le 12 avril au matin.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le 14 avril, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU a adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; la r&#233;solution 2024 autorisant le d&#233;ploiement d'une mission d'observateurs en Syrie afin de surveiller le fragile cessez-le-feu. Le 15 avril, six observateurs de l'ONU sont arriv&#233;s en Syrie. Depuis l'entr&#233;e en vigueur du cessez-le-feu le 12 avril, une quarantaine de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La France et le Levant (1860-1920)</title>
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		<dc:date>2012-04-17T15:01:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>L'implantation de la France au Proche-Orient, et plus particuli&#232;rement au Levant, n'est pas r&#233;cente : au XVIII&#232;me si&#232;cle, elle obtient du Saint-Si&#232;ge l'exclusivit&#233; de la protection consulaire des religieux envoy&#233;s dans l'Empire ottoman. Ce n'est cependant qu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, et surtout apr&#232;s l'exp&#233;dition fran&#231;aise &#224; Beyrouth en 1860, que la France se met &#224; exercer une v&#233;ritable influence au Levant et qu'elle manifeste des ambitions territoriales dans la r&#233;gion. La Premi&#232;re Guerre mondiale et le partage (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Histoire-+.html" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'implantation de la France au Proche-Orient, et plus particuli&#232;rement au Levant, n'est pas r&#233;cente : au XVIII&#232;me si&#232;cle, elle obtient du Saint-Si&#232;ge l'exclusivit&#233; de la protection consulaire des religieux envoy&#233;s dans l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Empire-ottoman,578.html' class='spip_in'&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;. Ce n'est cependant qu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle, et surtout apr&#232;s l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Massacres-de-1860-au-Liban.html' class='spip_in'&gt;exp&#233;dition fran&#231;aise&lt;/a&gt; &#224; Beyrouth en 1860, que la France se met &#224; exercer une v&#233;ritable influence au Levant et qu'elle manifeste des ambitions territoriales dans la r&#233;gion. La &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Premiere-Guerre-mondiale-et-chute.html' class='spip_in'&gt;Premi&#232;re Guerre mondiale&lt;/a&gt; et le partage de l'Empire ottoman lui permettent de r&#233;aliser en partie ces ambitions, contrari&#233;es d'une part par les ambitions rivales de la Grande-Bretagne et d'autre part par la mont&#233;e en puissance du &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Nationalisme-dans-l-entre-deux.html' class='spip_in'&gt;nationalisme arabe&lt;/a&gt;.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;L'implantation de la France au Levant et l'expansion de son influence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La protection consulaire accord&#233;e par le Saint-Si&#232;ge &#224; la France au XVIII&#232;me si&#232;cle s'est peu &#224; peu &#233;tendue &#224; l'ensemble des catholiques pr&#233;sents au Proche-Orient et parmi ceux-ci les &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Maronites.html' class='spip_in'&gt;maronites&lt;/a&gt; du &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mont-Liban-1840-1860.html' class='spip_in'&gt;Mont-Liban&lt;/a&gt;. Lorsque les massacres des druzes &#224; l'encontre des maronites d&#233;butent en 1860, la France de Napol&#233;on III d&#233;cide d'intervenir. Les vis&#233;es de cette intervention ne sont pas seulement de mettre un terme aux massacres et de prot&#233;ger les catholiques mais &#233;galement d'&#233;tendre le pouvoir et l'influence de la France dans la r&#233;gion en diminuant ceux de la Grande-Bretagne : si le statut autonome accord&#233; au Mont-Liban par l'Empire ottoman en 1861 ne permet pas &#224; la France d'obtenir une assise territoriale sur la r&#233;gion, celle-ci &#233;tend n&#233;anmoins son influence. Elle a en effet un droit de regard sur le choix du gouverneur du Mont-Liban, bien que celui-ci ne soit pas un chr&#233;tien maronite, ainsi que sur les conseillers &#233;lus dans le cadre du syst&#232;me de repr&#233;sentativit&#233; mis en place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'influence de la France au Levant passe &#233;galement par les liens &#233;troits, &#224; la fois &#233;conomiques et culturels, qu'elle noue avec l'Empire ottoman dans les derni&#232;res d&#233;cennies du XIX&#232;me si&#232;cle. Ces liens sont tout d'abord &#233;conomiques : la France poss&#232;de de nombreuses entreprises, dans le domaine des communications notamment. Nominalement ottomanes, elles sont en r&#233;alit&#233; contr&#244;l&#233;es par les capitaux fran&#231;ais. La France, &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle est la premi&#232;re cr&#233;anci&#232;re de la Sublime Porte et en 1914, les capitaux fran&#231;ais repr&#233;sentent deux tiers des capitaux plac&#233;s en fonds publics ottomans. A ces liens &#233;conomiques s'ajoutent des liens culturels. La France contr&#244;le dans l'ensemble de l'Empire ottoman un r&#233;seau d'&#233;coles et d'&#233;tablissements de charit&#233;, notamment dans les grandes villes de l'Empire ottoman comme Constantinople ou Salonique mais aussi Beyrouth et J&#233;rusalem. Elle scolarise pr&#232;s de 90 000 enfants ottomans par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la politique de la France vise &#224; conserver l'int&#233;grit&#233; territoriale de l'Empire ottoman mais un effondrement &#233;ventuel de celui-ci est envisag&#233;. Si il venait &#224; dispara&#238;tre, la France souhaiterait revendiquer des zones d'influence sur les r&#233;gions syriennes, &#224; savoir le Mont-Liban, les &lt;i&gt;vilayet&lt;/i&gt; de Beyrouth, Damas et Alep et le &lt;i&gt;sandjak&lt;/i&gt; d'Alexandrette. Elle ne cherche pas &#224; occuper la Syrie mais refuse toutes vis&#233;e territoriale des autres puissances europ&#233;ennes &#8211; et notamment la Grande-Bretagne &#8211; sur la r&#233;gion. De ce fait, plusieurs accords sont pass&#233;s. En 1912, un accord naval entre la France et la Grande-Bretagne est sign&#233;, la Grande-Bretagne acceptant de confier la d&#233;fense de ses possessions en m&#233;diterran&#233;e orientale &#224; la flotte fran&#231;aise en &#233;change d'une protection des c&#244;tes fran&#231;aises par ses navires. Un second accord, en f&#233;vrier 1914, est pass&#233; entre l'Allemagne et la France. Cet accord ferroviaire donne &#224; la France l'exclusivit&#233; des droits d'exploitation en Syrie et en Palestine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les bouleversements de la Premi&#232;re Guerre mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le 9 septembre 1914, l'Empire ottoman abolit les &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Capitulations.html' class='spip_in'&gt;Capitulations&lt;/a&gt; qui permettaient jusque-l&#224; aux puissances europ&#233;ennes de le contr&#244;ler en grande partie. En novembre 1914, la guerre est d&#233;clar&#233;e &#224; l'Empire ottoman par la Triple Entente &#224; la suite de plusieurs actions militaires turco-allemandes. A son tour, l'Empire ottoman entre en guerre au c&#244;t&#233; de l'Allemagne, c'est-&#224;-dire contre les puissances qui garantissaient jusque-l&#224; son int&#233;grit&#233; territoriale, et posant la question du d&#233;membrement de celui-ci dans le cas d'une victoire des Alli&#233;s. Les premiers &#171; accords &#187; entre les grandes puissances concernant le futur partage de l'Empire ottoman se d&#233;roulent d&#232;s l'ann&#233;e 1915. En mars 1915, une r&#233;union est organis&#233;e &#224; Petrograd, capitale de la Russie, entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Cette derni&#232;re, dans la continuit&#233; de sa politique orientale qui a pr&#233;valu tout au long du XIX&#232;me si&#232;cle, souhaite la pleine possession des d&#233;troits, de Constantinople et de la Thrace orientale. La Grande-Bretagne a des vues sur la M&#233;sopotamie, la Perse et le Golfe Persique, en raison notamment des ressources p&#233;troli&#232;res qui s'y trouvent. Quant &#224; la France, elle cherche &#224; &#233;tendre son influence au Levant et souhaite obtenir la Cilicie, la Syrie et la Palestine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s vite cependant, la situation se complique et les ambitions de la France au Levant sont frein&#233;es. En effet, le ch&#233;rif de la Mecque, &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Hussein-et-la-famille-Hachemite.html' class='spip_in'&gt;Hussein&lt;/a&gt;, s'allie &#224; la Grande-Bretagne et lui propose, en &#233;change de son soutien pour la constitution d'un vaste Etat arabe, de fomenter une insurrection arabe. Une correspondance &#233;chang&#233;e entre les Britanniques et le ch&#233;rif de La Mecque, la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Correspondance-Hussein-MacMahon.html' class='spip_in'&gt;Correspondance Hussein-MacMahon&lt;/a&gt;, d&#233;cide ainsi de la composition territoriale du futur Etat arabe. Mais ces accords concurrencent directement la France : en effet, l'Etat arabe ainsi constitu&#233; s'&#233;tendrait sur la Syrie. La France et la Grande-Bretagne engagent alors de nouvelles n&#233;gociations &#224; l'&#233;t&#233; 1915 qui aboutissent, le 4 janvier 1916, &#224; la signature des &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Accords-Sykes-Picot.html' class='spip_in'&gt;accords Sykes-Picot&lt;/a&gt;. L'accord Grey-Cambon du 9 mai 1916 ent&#233;rine, apr&#232;s n&#233;gociations avec la Russie, le m&#233;morandum Sykes-Picot. Ceci ne sonne pas pour autant la fin des n&#233;gociations. Les victoires militaires des Britanniques dans la r&#233;gion remettent en effet en cause, d&#232;s octobre 1918, les accords Sykes-Picot : le 24 octobre 1918, l'Etat-major britannique proc&#232;de au partage territorial de la r&#233;gion du Levant, partage qui se substitue aux accords Sykes-Picot. M&#234;me si la France obtient l'administration de la zone nord, c'est-&#224;-dire de la Syrie littorale, l'autorit&#233; fran&#231;aise se trouve subordonn&#233;e &#224; celle du g&#233;n&#233;ral Allenby.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les n&#233;gociations de paix et l'installation progressive de la France au Levant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, en d&#233;pit de la pr&#233;sence et de l'administration britanniques au Levant, des d&#233;cisions sont prises par les responsables politiques fran&#231;ais et britannique. Le pr&#233;sident du Conseil fran&#231;ais Clemenceau et le Premier ministre britannique Lloyd George entament des n&#233;gociations, afin de pr&#233;parer le d&#233;part des troupes britanniques de Syrie et d'asseoir la pr&#233;sence fran&#231;aise en Syrie. Ce retrait britannique s'inscrit dans le cadre des difficult&#233;s que la Grande-Bretagne conna&#238;t dans son Empire (troubles et agitation en Inde, Egypte, Irlande). Le 1er novembre 1919, conform&#233;ment aux d&#233;cisions franco-britanniques, les troupes fran&#231;aises commencent &#224; relever les troupes britanniques et sur le plan politique, le &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Le-general-Gouraud-et-la-naissance.html' class='spip_in'&gt;g&#233;n&#233;ral Henri Gouraud&lt;/a&gt; est nomm&#233; haut-commissaire de France en Syrie par Clemenceau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Conference-de-la-paix.html' class='spip_in'&gt;conf&#233;rence de la paix&lt;/a&gt; s'ouvre &#224; Paris le 12 janvier 1919. Plusieurs trait&#233;s fixent le nouveau statut de l'Europe, des anciens Empires et des colonies allemandes. Concernant les anciennes provinces arabes de l'Empire ottoman, la France et la Grande-Bretagne s'entendent pour leur partage : la France souhaite obtenir la Syrie et le Liban ; la Grande-Bretagne la M&#233;sopotamie et la Palestine. Des d&#233;l&#233;gations syrienne et libanaise se rendent &#233;galement &#224; la conf&#233;rence afin de faire entendre leurs aspirations : le fils du ch&#233;rif de La Mecque, &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Faysal-roi-d-Irak-1921-1933.html' class='spip_in'&gt;Fay&#231;al&lt;/a&gt;, qui a conduit la r&#233;volte arabe, souhaite r&#233;aliser l'unit&#233; arabe sous un gouvernement ch&#233;rifien ; la d&#233;l&#233;gation libanaise du Mont Liban r&#233;clame quant &#224; elle la formation d'un grand Liban. Dans le m&#234;me temps, la diplomatie am&#233;ricaine pr&#244;ne la fin de l'imp&#233;rialisme, et le pr&#233;sident Wilson d&#233;clare ne pas &#234;tre associ&#233; aux volont&#233;s de partage des alli&#233;s. En ce sens, le 20 mars 1919, Wilson propose d'envoyer une commission d'enqu&#234;te au Levant, afin de d&#233;terminer ce que souhaitent les populations : la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Commission-King-Crane.html' class='spip_in'&gt;commission King-Crane&lt;/a&gt; se rend ainsi en Syrie, au Liban et en Palestine &#224; partir de mai 1919. Les conclusions de la commission d'enqu&#234;te font appara&#238;tre qu'un mandat de la France ne serait pas accept&#233; sauf au Liban, et qu'un mandat accord&#233; aux Etats-Unis et confi&#233; &#224; l'&#233;mir Fay&#231;al serait accept&#233; par la population.
&lt;br /&gt;Cependant, les aspirations des populations ne sont pas suivies, et la France et la Grande-Bretagne se partagent la r&#233;gion. Seule la d&#233;l&#233;gation libanaise obtiendra satisfaction avec la cr&#233;ation par la France d'un grand Liban le 20 septembre 1920.
&lt;br /&gt;Une s&#233;rie de d&#233;cisions est alors prise par la France et par la Grande-Bretagne. La conf&#233;rence de Londres de mars-avril 1920 attribue &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Mossoul.html' class='spip_in'&gt;Mossoul&lt;/a&gt; et la Palestine aux Britanniques ; la conf&#233;rence de San Remo d'avril 1920 attribue &#224; la France le mandat sur la Syrie et le Liban et &#224; la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine et la M&#233;sopotamie. Sur le plan juridique, cette &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Societe-des-Nations-et-nouvelle.html' class='spip_in'&gt;nouvelle notion de mandat&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre &#224; l'initiative de Wilson. Celui-ci d&#233;cide de cr&#233;er la Soci&#233;t&#233; des Nations (SDN) lors de la conf&#233;rence de la paix, le 28 avril 1919. Son but est de maintenir la paix et d'&#233;viter une nouvelle guerre. L'article 22 de la SDN fixe notamment le statut des anciennes provinces arabes de l'Empire ottoman et introduit la notion de mandat : &#171; certaines communaut&#233;s qui appartenaient autrefois &#224; l'Empire ottoman ont atteint un degr&#233; de d&#233;veloppement tel que leur existence comme nations ind&#233;pendantes peut &#234;tre reconnue provisoirement, &#224; la condition que les conseils et l'aide d'un mandataire guident leur administration jusqu'au moment o&#249; elles seront capables de se conduire seules &#187;. C'est ainsi que le 24 juin 1922, la charte du mandat est sign&#233;e &#224; Londres, pr&#233;cisant les conditions dans lesquelles la France va exercer son mandat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre 1860 et 1920, la pr&#233;sence fran&#231;aise au Levant passe d'une influence informelle &#224; une pr&#233;sence territoriale effective. La principale cause de ce changement est la Premi&#232;re Guerre mondiale et l'effondrement de l'Empire ottoman qui en a r&#233;sult&#233;. Cependant, l'implantation fran&#231;aise au Levant n'a pas &#233;t&#233; ais&#233;e et a &#233;t&#233; l'objet de nombreuses n&#233;gociations, notamment avec la Grande-Bretagne, et de nombreux compromis. A partir de 1920 et jusqu'en 1945, la France exerce au Levant deux mandats, l'un en Syrie et l'autre au Liban, et cherche &#224; conserver son influence dans cette r&#233;gion malgr&#233; la mont&#233;e en puissance des diff&#233;rents nationalismes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Anne-Lucie Chaigne-Oudin, &lt;i&gt;La France et les rivalit&#233;s occidentales au Levant, Syrie Liban 1918-1939&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2006, 328 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vincent Cloarec, Henry Laurens, &lt;i&gt;Le Moyen-Orient au 20e si&#232;cle&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 2005.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Pierre Fourni&#233; et Jean-Louis Riccioli,&lt;i&gt; La France et le Proche-Orient, 1916-1946&lt;/i&gt;, Tournai, Casterman, 1996, 285 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Henry Laurens, &lt;i&gt;L'Orient arabe : arabisme et islamisme de 1798 &#224; 1945&lt;/i&gt;, Armand Colin, 2002.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; G&#233;rard D. Khoury, &lt;i&gt;La France et l'Orient arabe, naissance du Liban moderne, 1914-1920&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Exposition &#171; Le Cr&#233;puscule des Pharaons &#187; au Mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; &#224; Paris, 23 mars-23 juillet 2012</title>
		<link>http://lesclesdumoyenorient.fr/Exposition-Le-Crepuscule-des.html</link>
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		<dc:date>2012-04-16T17:07:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>Le Mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; de Paris d&#233;voile, du 23 mars au 23 juillet 2012, les tr&#233;sors trop souvent oubli&#233;s du dernier mill&#233;naire de l'histoire pharaonique. Cette p&#233;riode de l'Egypte tardive, allant de 1069 &#224; la conqu&#234;te romaine en 30 avant J&#233;sus-Christ, est fortement troubl&#233;e par des difficult&#233;s d'ordre politique et militaire. On tend trop souvent &#224; n&#233;gliger le talent et la cr&#233;ativit&#233; artistique qui ne cesse pourtant de se d&#233;velopper au m&#234;me moment dans le royaume. Si l'Egypte passe successivement sous (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L132xH150/arton1016-59b3e.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='132' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:132px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le Mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; de Paris d&#233;voile, du 23 mars au 23 juillet 2012, les tr&#233;sors trop souvent oubli&#233;s du dernier mill&#233;naire de l'histoire pharaonique. Cette p&#233;riode de l'Egypte tardive, allant de 1069 &#224; la conqu&#234;te romaine en 30 avant J&#233;sus-Christ, est fortement troubl&#233;e par des difficult&#233;s d'ordre politique et militaire. On tend trop souvent &#224; n&#233;gliger le talent et la cr&#233;ativit&#233; artistique qui ne cesse pourtant de se d&#233;velopper au m&#234;me moment dans le royaume. Si l'Egypte passe successivement sous domination libyenne, nubienne ou encore perse, sa culture r&#233;ussit &#224; se pr&#233;server et m&#234;me &#224; s'enrichir. Partant de cette r&#233;flexion, le mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; a d&#233;cid&#233; d'offrir aux visiteurs le plaisir de d&#233;couvrir cette incroyable civilisation qui continua de fasciner le monde, m&#234;me dans ses heures les plus sombres. Plus d'une centaine de chefs d'&#339;uvre, d&#233;couverts dans les tombeaux et les temples, et pr&#234;t&#233;s par plusieurs mus&#233;es (le Louvre &#224; Paris, l'&#196;gyptisches Museum de Berlin, British Museum &#224; Londres, Metropolitan Museum de New York, Museum of Fine Arts de Boston, Kunsthistorisches Museum de Vienne&#8230; ) sont expos&#233;s au public autour du th&#232;me de la repr&#233;sentation des hommes, des pharaons et des dieux, sujets qui ont longuement mobilis&#233; le travail des artisans.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_233 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/IMG/jpg/17_-_statue_agenouillee_dun_roi_kouchite_offrant_deux_pots-2.jpg&quot; title='JPEG - 13.2 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L99xH150/17_-_statue_agenouillee_dun_roi_kouchite_offrant_deux_pots-2-89d6c-39671.jpg' width='99' height='150' alt='JPEG - 13.2 ko' style='height:150px;width:99px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-233 spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Statue agenouill&#233;e d'un roi kouchite offrant deux pots Attribu&#233; &#224; la XXVe dynastie (722-655 avant notre &#232;re)&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-233 spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, &#196;gyptisches Museum und Papyrussammlung
22,5 cm (H) (20,5 cm sans les tenons) Bronze
J&#252;rgen Liepe
&#169; SMB &#196;gyptisches Museum und Papyrussammlung
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;En p&#233;n&#233;trant dans l'h&#244;tel particulier construit par le collectionneur fran&#231;ais Edouard Andr&#233; en 1875, on d&#233;couvre aussit&#244;t, en guise d'introduction, deux petits sarcophages en bronze de la Basse &#233;poque, un de musaraigne et un de serpent, momifi&#233;s, ainsi que plusieurs masques royaux. Au milieu des &#339;uvres du mus&#233;e, on est ensuite accueilli dans le Grand salon dans lequel sont expos&#233;es trois grandes statues agenouill&#233;es de Nakhthorheb, un important pr&#234;tre et administrateur du palais du pharaon Psamm&#233;tique II. La grande ressemblance entre ces trois statues laisse penser qu'elles proviennent du m&#234;me atelier, m&#234;me si elles ont &#233;t&#233; retrouv&#233;es dans diff&#233;rents temples. Puis l'exposition d&#233;bute v&#233;ritablement au premier &#233;tage, apr&#232;s avoir travers&#233; le salon de musique et emprunt&#233; les magnifiques escaliers de la demeure. Une carte de l'Egypte ancienne ainsi qu'une chronologie permettent alors de mieux situer le contexte de l'exposition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;La premi&#232;re salle expose des statues de formes et de mat&#233;riaux vari&#233;s provenant, pour la plupart, de temples.&lt;/strong&gt; En mettant son effigie dans un sanctuaire, l'homme esp&#232;re b&#233;n&#233;ficier de la protection du dieu dans l'au-del&#224; et m&#234;me d'une partie de sa nourriture offerte en offrande. On voit alors trois statues-cubes montrant son propri&#233;taire assis, les genoux pli&#233;s encercl&#233;s par ses bras, grav&#233;s de hi&#233;roglyphes et de repr&#233;sentations divines. Ce mod&#232;le s'inspire notamment des sculptures de l'Ancien Empire. On trouve &#233;galement plusieurs statues debout naophore, portant dans un naos des figures divines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le renouveau artistique de cette p&#233;riode se refl&#232;te particuli&#232;rement dans l'attention accord&#233;e aux d&#233;tails du visage. &lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Une deuxi&#232;me salle abrite une quinzaine de bustes masculins, au cr&#226;ne ras&#233; ou coiff&#233; d'une perruque, et de deux bustes f&#233;minins.&lt;/strong&gt; Certains semblent fortement id&#233;alis&#233;s, avec des traits lisses et sym&#233;triques, alors que d'autres comme la &#171; t&#234;te verte de Berlin &#187; (de la couleur de la pierre utilis&#233;e) illustre un v&#233;ritable souci des artisans de respecter la r&#233;alit&#233; et de singulariser les portraits. Son visage est ainsi marqu&#233; par l'&#226;ge, et on peut &#233;tudier des petites rides au niveau des yeux et de la bouche. La forme travaill&#233;e du cr&#226;ne est aussi particuli&#232;rement saisissante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;On quitte ensuite le monde des vivants pour appr&#233;hender le &#171; Royaume des morts &#187; auquel sont consacr&#233;es trois salles.&lt;/strong&gt; La premi&#232;re, d&#233;di&#233;e au &#171; plus beau pour l'alimentation du d&#233;funt &#187;, propose quelques objets fun&#233;raires. On observe notamment diff&#233;rentes st&#232;les fun&#233;raires en calcaire minutieusement grav&#233;es, ou en bois stuqu&#233; et peint provenant de diff&#233;rentes &#233;poques. La pi&#232;ce principale semble par ailleurs &#234;tre une magnifique table d'offrande d'Horir&#226;a datant de la seconde moiti&#233; de la XXVIe dynastie, sur laquelle ont &#233;t&#233; soigneusement dessin&#233;s des vivres pour l'approvisionnement du d&#233;funt.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_236 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/IMG/jpg/10_-_grand_masque_funeraire.jpg&quot; title='JPEG - 19.5 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/10_-_grand_masque_funeraire-066cf-cbd52.jpg' width='113' height='150' alt='JPEG - 19.5 ko' style='height:150px;width:113px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-236 spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Masque fun&#233;raire d'&#194;nkhemma&#226;t IVe si&#232;cle avant notre &#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-236 spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;Collection priv&#233;e
36 cm (H) x 21,5 cm (L) x 29 cm (P) N&#233;cropole tardive d'H&#233;racl&#233;opolis Magna (Abousir el-Melek), Cartonnage stuqu&#233;, peint et dor&#233;
Paul Louis
&#169; D.R.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me salle, on contemple ensuite diverses pi&#232;ces fun&#233;raires destin&#233;es &#224; &#234;tre dispos&#233;es autour du corps momifi&#233; afin de le prot&#233;ger. Parmi ces amulettes, on note la pr&#233;sence de deux scarab&#233;es de c&#339;ur en serpentine qui se placent sur la poitrine du d&#233;funt. On remarque &#233;galement quatre vases en alb&#226;tre datant de la XXVIe dynastie (664-525 avant J-C) referm&#233;s par des bouchons en forme de babouin, de faucon, de chien et de t&#234;te d'homme, symboles des quatre fils du dieu Horus. Ils servent &#224; conserver le foie, les poumons, l'estomac et les intestins, retir&#233;s durant l'embaumement du corps. On trouve &#224; c&#244;t&#233; plusieurs s&#233;ries d'&lt;i&gt;ouchebti&lt;/i&gt;, des petites statuettes repr&#233;sentant des serviteurs fun&#233;raires, en &#171; fa&#239;ence &#187; verte ou bleue ainsi qu'un magnifique papyrus peint avec des dessins et des formules facilitant le voyage du d&#233;funt dans l'au-del&#224;. &lt;br /&gt;Dans l'ultime salle est expos&#233; le mobilier fun&#233;raire de l'&#233;poque ptol&#233;ma&#239;que (332-30) appartenant &#224; un riche pr&#234;tre d'H&#233;racl&#233;opolis. Un masque fun&#233;raire dor&#233; avec une perruque peinte en bleue, une parure de momie en cartonnage stuqu&#233; et dor&#233;, un coffret &#224; visc&#232;res, ainsi que le couvercle de son cercueil en bois le repr&#233;sentant, enveloppent le corps de ce dernier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Changeant de registre, on s'int&#233;resse ensuite &#224; la figure f&#233;minine durant les derni&#232;res dynasties &#233;gyptiennes.&lt;/strong&gt; Les statuettes expos&#233;es refl&#232;tent l'image id&#233;alis&#233;e de la femme par l'artisan, qui met en valeur diff&#233;rentes parties du corps suivant le si&#232;cle et les modes du moment. On admire une figurine nue en ivoire aux larges cuisses, &#224; la taille fine et &#224; la poitrine prononc&#233;e, provenant de la tombe d'une jeune fille de quinze ans, datant de la XXVe dynastie (722-655 av. J.C), ou encore celle d'une reine v&#234;tue d'une robe moulante datant de l'&#233;poque ptol&#233;ma&#239;que.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_235 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/IMG/jpg/19_-_statue_fragmentaire_damon.jpg&quot; title='JPEG - 8.9 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L103xH150/19_-_statue_fragmentaire_damon-a0a74-cb850.jpg' width='103' height='150' alt='JPEG - 8.9 ko' style='height:150px;width:103px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-235 spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Statue fragmentaire d'Amon &#201;poque libyenne, vers 800 avant notre &#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-235 spip_doc_descriptif' style='width:120px;'&gt;New York, Metropolitan Museum of Art, Purchase, Edward S. Harkness Gift, 1926
17,5 cm (H), 4,7 cm (L), 5,8 cm (P) Origine inconnue, Or
MMA
&#169; The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Par ailleurs, la figuration du souverain est repr&#233;sent&#233;e sur une part importante de la production artistique de l'Egypte tardive.&lt;/strong&gt; Qu'il soit &#233;gyptien ou d'origine &#233;trang&#232;re, chaque monarque reste fid&#232;le &#224; l'image traditionnelle du pharaon et se met en sc&#232;ne aupr&#232;s des divinit&#233;s. Certains sont donc prostern&#233;s, agenouill&#233;s, en mouvement, en train d'accomplir une offrande&#8230; Le style des bustes et l'expression des regards &#233;voluent au fil des si&#232;cles. L'appartenance dynastique de tel ou tel pharaon peut ainsi &#234;tre d&#233;termin&#233;e gr&#226;ce &#224; leurs diff&#233;rentes coiffes. On remarque, cependant, une t&#234;te-mod&#232;le de souverain ach&#233;m&#233;nide, le premier Empire perse &#224; r&#233;gner sur l'ensemble du Moyen-Orient et sur l'Egypte entre 525-404 avant notre &#232;re, qui se d&#233;marque en affichant une barbe et une coiffure typique de l'iconographie perse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'univers des nombreuses divinit&#233;s de l'Egypte ancienne est explor&#233; et fait l'objet de nombreuses &#233;vocations artistiques. On rep&#232;re, par exemple, une statue d'Osiris mesurant pr&#232;s d'un m&#232;tre de haut et des repr&#233;sentations de dieux comme Amon, le &#171; Roi des dieux &#187; depuis le Nouvel Empire et dont le culte est tr&#232;s populaire, ou encore Neith ou Ptah, le dieu des artisans et des architectes. Certains sont reproduits sous forme animale comme le dieu lunaire et patron des scribes Thot que l'on retrouve en ibis ou en babouin. On peut par ailleurs admirer une magnifique statue en bronze incrust&#233; d'argent et orn&#233; d'anneau en or de Bastet sous forme de chatte provenant du British Museum de Londres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Comme un clin d'&#339;il &#224; l'amour que portait l'artiste Nelie Jacquemart pour la civilisation &#233;gyptienne, le mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; permet, pour la premi&#232;re fois, de rassembler autant de belles pi&#232;ces et de r&#233;habiliter les derniers temps du monde des pharaons avec cette exposition tr&#232;s vari&#233;e et enrichissante. Le m&#233;lange de culture et la finesse des sculptures ne manqueront alors pas de surprendre le visiteur.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Exposition au Mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233;, &#171; Le cr&#233;puscule des pharaons &#187;
&lt;br /&gt;158 boulevard Haussmann
&lt;br /&gt;75008 Paris
&lt;br /&gt;t&#233;l : 01 45 62 11 59
&lt;br /&gt;Ouverture du mus&#233;e : tous les jours de 10 h &#224; 18h. Nocturnes les lundis et samedis jusqu'&#224; 21h en p&#233;riode d'exposition.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Les cl&#233;s du Moyen-Orient remercie le Mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; pour les visuels de l'exposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soliman Ier (1494-1566)</title>
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		<dc:date>2012-04-13T17:42:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>anne-lucie oudin</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Empire ottoman</dc:subject>

		<description>Soliman (ou Suleyman) Ier, dit Soliman le Magnifique en Occident et le L&#233;gislateur [1] en Orient, est sans conteste le plus c&#233;l&#232;bre sultan de l'histoire ottomane. Son r&#232;gne (1520-1566) est consid&#233;r&#233; comme l'apog&#233;e de l'Empire ottoman. En effet, tant &#224; l'ext&#233;rieur, par ses conqu&#234;tes et son rayonnement diplomatique, qu'&#224; l'int&#233;rieur, par la r&#233;organisation administrative de l'Empire et le contr&#244;le de l'&#233;conomie et des finances, Soliman fait de l'Empire ottoman une grande puissance m&#233;diterran&#233;enne et orientale, (...)

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/-Personnages-historiques-.html" rel="directory"&gt;Personnages historiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lesclesdumoyenorient.fr/+-Empire-ottoman-+.html" rel="tag"&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L150xH119/arton1015-9652f.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='119' class='spip_logos' style='height:119px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Soliman (ou Suleyman) Ier, dit Soliman le Magnifique en Occident et le L&#233;gislateur&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb10-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Kanun&#299; en turc.' id='nh10-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; en Orient, est sans conteste le plus c&#233;l&#232;bre sultan de l'histoire ottomane. Son r&#232;gne (1520-1566) est consid&#233;r&#233; comme l'apog&#233;e de l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Empire-ottoman,578.html' class='spip_in'&gt;Empire ottoman&lt;/a&gt;. En effet, tant &#224; l'ext&#233;rieur, par ses conqu&#234;tes et son rayonnement diplomatique, qu'&#224; l'int&#233;rieur, par la r&#233;organisation administrative de l'Empire et le contr&#244;le de l'&#233;conomie et des finances, Soliman fait de l'Empire ottoman une grande puissance m&#233;diterran&#233;enne et orientale, mena&#231;ant jusqu'aux &#201;tats europ&#233;ens. Si son h&#233;ritage ne demeure pas intact apr&#232;s sa mort, il laisse une trace durable dans l'histoire et la m&#233;moire ottomanes, permettant ainsi de mieux comprendre l'histoire de l'Empire jusqu'au XXe si&#232;cle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Soliman le Magnifique : l'Empire ottoman &#224; son apog&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est sous le r&#232;gne de Soliman, dixi&#232;me sultan ottoman, que l'Empire atteint sa plus grande extension territoriale. Fils de S&#233;lim Ier, le conqu&#233;rant de la &lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Syrie.html' class='spip_in'&gt;Syrie&lt;/a&gt; (1516) et de l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Egypte.html' class='spip_in'&gt;&#201;gypte&lt;/a&gt; (1517), Soliman poursuit l'&#339;uvre de son p&#232;re en prenant tour &#224; tour Belgrade (1521) ; l'&#238;le de Rhodes, fief des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-J&#233;rusalem qui s'y &#233;taient install&#233;s apr&#232;s les croisades (1522) ; la majeure partie de la Hongrie apr&#232;s sa victoire contre les Autrichiens et les Magyars &#224; Moh&#225;cs (1526) ; l'Azerbaidjan (1533-1534) ; Bagdad et l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Irak.html' class='spip_in'&gt;Irak&lt;/a&gt; (1534) ; le Y&#233;men et Aden (1538). Moins de vingt ans apr&#232;s le d&#233;but de son r&#232;gne, tous les territoires arabes du Proche-Orient sont donc pass&#233;s sous domination ottomane. Dans le m&#234;me temps, il consolide les conqu&#234;tes paternelles en r&#233;primant vigoureusement les r&#233;voltes de Syrie (1520-1521) et d'&#201;gypte (1523-1524). Il asseoit &#233;galement le pouvoir ottoman sur l'Iran avec la paix de 1555, apr&#232;s une exp&#233;dition contre le shah Tahmasp. De plus, l'activit&#233; des corsaires turcs et l'efficacit&#233; de la flotte ottomane permettent &#233;galement de chasser les V&#233;nitiens de la M&#233;diterran&#233;e et de placer la Tripolitaine, l'Alg&#233;rie et une partie de la Tunisie sous suzerainet&#233; ottomane. Lorsqu'en 1574, apr&#232;s la bataille de Tunis, ces pays seront d&#233;finitivement occup&#233;s par l'Empire, tout le monde arabo-musulman se trouvera sous domination ottomane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'instar de nombreux dirigeants musulmans, le sultan se con&#231;oit comme un &#171; guerrier de la foi &#187; (gazi), qui s'oppose n&#233;cessairement au grand empereur chr&#233;tien qu'est Charles Quint ; c'est pourquoi, contrairement &#224; son p&#232;re S&#233;lim, il regarde davantage vers l'Europe que vers l'Asie. Non content de s'attaquer aux Balkans, Soliman m&#232;ne son arm&#233;e jusqu'au c&#339;ur de l'Europe, &#224; Vienne, capitale de l'Empire autrichien avec qui il est en conflit sur la question de la Hongrie : le grand si&#232;ge de 1529 fait trembler l'Europe enti&#232;re. Toutefois, la difficult&#233; du si&#232;ge &#8211; qui dure environ un mois &#8211; a raison de l'immense arm&#233;e rassembl&#233;e par le sultan ottoman (plus de cent mille hommes), qui bat en retraite &#224; la mi-octobre. Mais l'Empire de Soliman n'en conserve pas moins en Europe une puissance diplomatique remarquable, fond&#233;e sur une force militaire d'autant plus impressionnante que l'arm&#233;e immense de Soliman est, au contraire des arm&#233;es occidentales, extr&#234;mement disciplin&#233;e et performante. L'exemple le plus probant de cette influence diplomatique est l'alliance qui l'unit &#224; Fran&#231;ois Ier contre l'empereur du Saint Empire romain germanique, archiduc d'Autriche et prince des Espagnes, Charles Quint. Le roi de France est en effet tr&#232;s hostile au d&#233;sir de Charles Quint de reconstituer un grand empire qui prendrait la t&#234;te de la Chr&#233;tient&#233;, l'unifiant ainsi face &#224; la pouss&#233;e du monde musulman en M&#233;diterran&#233;e et dans les Balkans. L'accord entre le sultan ottoman et le roi de France est mat&#233;rialis&#233; par la signature du trait&#233; de 1536, posant les bases d'une alliance qui durera deux si&#232;cles et demi (jusqu'&#224; l'&lt;a href='http://lesclesdumoyenorient.fr/Expedition-d-Egypte-1798-1801.html' class='spip_in'&gt;exp&#233;dition d'&#201;gypte de Bonaparte&lt;/a&gt;), et affirmant la place importante qu'occupe d&#233;sormais le sultan ottoman dans les affaires europ&#233;ennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le domaine culturel &#233;galement, le r&#232;gne de Soliman marque l'apog&#233;e de l'Empire. Le sultan s'attache le talentueux architecte Mim&#226;r Sin&#226;n, qui cr&#233;e un nouveau type de mosqu&#233;e inspir&#233; de la basilique byzantine Sainte-Sophie : la mosqu&#233;e de Soliman, celle de R&#252;stem Pacha ou celle de Shehzad&#233; &#224; Constantinople, celle de S&#233;lim &#224; Andrinople comptent parmi ses plus belles r&#233;alisations. La c&#233;ramique conna&#238;t &#233;galement un renouveau important, notamment &#224; Nic&#233;e, et d&#233;core les int&#233;rieurs des palais et des mosqu&#233;es. Malgr&#233; la position ambigu&#235; de l'islam quant &#224; la peinture&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb10-2' class='spip_note' rel='footnote' title='L'interdiction de repr&#233;senter des &#234;tres anim&#233;s se fonde sur deux passages du Coran qui condamnent formellement les idoles, mais non toute repr&#233;sentation, et sur un autre qui dit que Dieu est le seul &#171; musavir &#187;, mot qui signifie &#224; la fois &#171; cr&#233;ateur &#187; et &#171; peintre &#187; en arabe et en turc. Elle est reprise par des had&#238;th (paroles cens&#233;ment prononc&#233;es par le Proph&#232;te et ses premiers compagnons), mais son fondement th&#233;ologique est donc incertain et a fait l'objet d'une immense ex&#233;g&#232;se.' id='nh10-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, de grands peintres repr&#233;sentent des sc&#232;nes de cour ou de chasse sur un mode tr&#232;s r&#233;aliste, m&#234;me si l'influence de la peinture iranienne &#8211; qui id&#233;alise davantage ses personnages &#8211; se fait sentir. Enfin, une v&#233;ritable constellation de po&#232;tes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb10-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Andr&#233; Clot, Soliman le Magnifique, p. 353.' id='nh10-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; gravite autour du sultan et des &#171; grands &#187; de l'Empire, qui les prot&#232;gent. Avec de grands noms, comme ceux de Fuzul&#238; ou de Bak&#238;, et une multiplication de cercles litt&#233;raires &#224; travers tout l'Empire, le si&#232;cle de Soliman est v&#233;ritablement l'&#226;ge d'or de la litt&#233;rature ottomane.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Soliman le L&#233;gislateur : la gestion de l'Empire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur m&#234;me de l'Empire, Soliman Ier entreprend une grande r&#233;organisation administrative, rendue n&#233;cessaire par l'extension des territoires et la conqu&#234;te de nouvelles provinces. Un tr&#232;s grand nombre de r&#232;glements, publi&#233;s pendant son r&#232;gne, permettent d'am&#233;liorer la gestion des provinces &#8211; chose d'autant plus n&#233;cessaire que Bagdad, par exemple, est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de Constantinople, sans parler des territoires d'Afrique du Nord &#8211; et de renforcer l'Empire par une centralisation pouss&#233;e. L'int&#233;grit&#233; de l'Empire ottoman est &#233;galement assur&#233;e par le contr&#244;le serr&#233; des fonctionnaires et des dignitaires qui relaient l'autorit&#233; du sultan, qui permet d'&#233;viter la mise en place de potentats locaux pouvant mettre en cause le pouvoir imp&#233;rial. L'action int&#233;rieure de Soliman est particuli&#232;rement forte dans le domaine de l'&#233;conomie et des finances, organis&#233;es par un gouvernement que Fernand Braudel qualifie de &#171; m&#233;ticuleux, autoritaire et dirigiste &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb10-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; dans Andr&#233; Clot, Soliman le Magnifique, p. 284.' id='nh10-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Par exemple, les grands importateurs de bl&#233; et de viande, produits qui constituent la base de l'alimentation turque, sont &#233;troitement surveill&#233;s par le pouvoir, qui compte ainsi emp&#234;cher la hausse artificielle des prix. Les consommateurs comme les commer&#231;ants sont donc efficacement prot&#233;g&#233;s, sous l'autorit&#233; imp&#233;riale. Les finances de l'&#201;tat sont prosp&#232;res, notamment gr&#226;ce au commerce de la soie et des &#233;pices, sur lequel des taxes sont pr&#233;lev&#233;es &#224; chaque point de passage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sultan m&#232;ne &#233;galement une politique de relative tol&#233;rance religieuse, l&#224; encore tr&#232;s pragmatique dans un Empire qui compte plus de trente millions d'habitants d'origines et de confessions tr&#232;s diverses. Selon le syst&#232;me des millet, les non-musulmans sont organis&#233;s par confession, reconnaissent la protection ottomane par le biais d'un imp&#244;t et conservent toute libert&#233; religieuse et professionnelle. Soliman agit conform&#233;ment au vieux principe &#233;nonc&#233; dans le Livre de conseils au prince : &#171; Pas de pouvoirs sans soldats, pas de soldats sans argent, pas d'argent sans le bien-&#234;tre des sujets, pas de sujets sans justice &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb10-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; dans Andr&#233; Clot, Soliman le Magnifique, p. 290.' id='nh10-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; l'Empire ottoman est donc bien tenu d'assurer la s&#233;curit&#233; et le bien-&#234;tre de ses sujets, sans exceptions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;H&#233;ritage et mythe de l'&#226;ge d'or&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#232;gne de Soliman Ier marque durablement l'histoire de l'Empire ottoman, d'abord sur la question des fronti&#232;res, qui ne sont presque pas modifi&#233;es jusqu'en 1683. De plus, l'alliance franco-ottomane de 1536 inaugure le syst&#232;me des capitulations, ces &#171; droits de pavillon &#187; commerciaux conc&#233;d&#233;s par le sultan &#224; certaines puissances &#233;trang&#232;res, qui seront l'un des principaux instruments de la p&#233;n&#233;tration europ&#233;enne dans l'Empire au XIXe si&#232;cle. En revanche, si les conqu&#234;tes de Soliman demeurent pour la plupart des territoires ottomans, la p&#233;riode glorieuse des victoires successives est bien termin&#233;e : en 1571, la bataille de L&#233;pante voit la destruction de la flotte turque par une arm&#233;e coalis&#233;e men&#233;e par Philippe II d'Espagne ; plus important encore, il semble que les limites de la conqu&#234;te soient atteintes, du c&#244;t&#233; de l'Europe comme de la Perse. Andr&#233; Clot voit dans &#171; l'esprit de conqu&#234;te &#187; la force vive de l'Empire ottoman sous les dix premiers sultans de la dynastie ; il est incontestable que la fin des succ&#232;s apr&#232;s la mort de Soliman l&#233;gitime clairement, pour les historiens ottomans, l'id&#233;e d'un &#171; d&#233;clin &#187; oppos&#233; &#224; &#171; l'&#226;ge d'or &#187; des conqu&#234;tes. Toutefois, si le r&#232;gne de Soliman fut indiscutablement une p&#233;riode florissante pour l'Empire ottoman, il faut souligner que c'est justement l'historiographie imp&#233;riale elle-m&#234;me qui lui a conf&#233;r&#233;, presque imm&#233;diatement, la dimension quasi mythique qu'il a encore aujourd'hui : Soliman lui-m&#234;me avait connu des &#233;checs, comme celui du si&#232;ge de Malte en 1565, ou du si&#232;ge de Vienne. Enfin, des &#233;l&#233;ments conjoncturels sont &#233;galement &#224; prendre en compte : la fin du XVIe si&#232;cle marque dans toute l'Europe et le monde m&#233;diterran&#233;en le d&#233;but d'une p&#233;riode de crise, avec la mise en place de nouvelles conditions &#233;conomiques &#8211; notamment la r&#233;volution des prix, et l'afflux d'or et d'argent venus du Nouveau Monde, qui entra&#238;nent l'inflation. Dans cette situation, la stabilit&#233; &#233;conomique maintenue par Soliman pendant son r&#232;gne n'est plus tenable d&#232;s lors que de nouvelles richesses &#8211; issues du butin des conqu&#234;tes &#8211; n'affluent pas dans l'Empire, d'autant plus que les guerres contre l'Autriche co&#251;tent extr&#234;mement cher. L'&#233;quilibre s'effondre avec le recours &#224; la ferme fiscale, c'est-&#224;-dire la vente au plus offrant du droit de percevoir l'imp&#244;t, qui ouvre la voie aux abus. D&#232;s la fin du XVIe si&#232;cle, l'&#201;tat ottoman se trouve donc en situation de d&#233;ficit. Face &#224; cette situation difficile, il n'est pas &#233;tonnant que le r&#232;gne de Soliman apparaisse comme un v&#233;ritable &#226;ge d'or, marqu&#233; par la prosp&#233;rit&#233;, la stabilit&#233; et le rayonnement politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Le r&#232;gne de Soliman Ier est donc bien une p&#233;riode d&#233;cisive de l'histoire de l'Empire ottoman, dont elle marque un v&#233;ritable tournant : Soliman est le dernier sultan &#224; faire rayonner ainsi l'Empire, sur tous les plans. Il se rapproche en ce sens de plusieurs de ses contemporains, comme Fran&#231;ois Ier en France, ou Charles Quint en Espagne. Toutefois, si la p&#233;riode suivante peut appara&#238;tre comme une phase de d&#233;clin par rapport &#224; un &#226;ge d'or mythifi&#233;, l'Empire ottoman reste jusqu'au d&#233;but du XXe si&#232;cle une grande puissance &#224; l'&#233;chelle mondiale, vaste, peupl&#233;e et influente. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong class=&quot;caractencadre-spip spip&quot;&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Fernand Braudel, &lt;i&gt;La M&#233;diterran&#233;e et le monde m&#233;diterran&#233;en &#224; l'&#233;poque de Philippe II&lt;/i&gt;, Paris, 1949, r&#233;&#233;d. 1993, Le Livre de Poche, 533 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Andr&#233; Clot, &lt;i&gt;Soliman le Magnifique&lt;/i&gt;, Fayard, 1983, 469 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vincent Gourdon, &#171; Soliman le Magnifique (sultan ottoman) &#187;, Encyclop&#233;die Universalis.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Robert Mantran dir., &lt;i&gt;Histoire de l'Empire ottoman&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 2003, 810 pages.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://lesclesdumoyenorient.fr/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Robert Mantran, &#171; Soliman le Magnifique ou Sulayman &#187;, Encyclop&#233;die Universalis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh10-1' id='nb10-1' class='spip_note' title='Notes 10-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Kanun&#299;&lt;/i&gt; en turc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh10-2' id='nb10-2' class='spip_note' title='Notes 10-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'interdiction de repr&#233;senter des &#234;tres anim&#233;s se fonde sur deux passages du Coran qui condamnent formellement les idoles, mais non toute repr&#233;sentation, et sur un autre qui dit que Dieu est le seul &#171; &lt;i&gt;musavir&lt;/i&gt; &#187;, mot qui signifie &#224; la fois &#171; cr&#233;ateur &#187; et &#171; peintre &#187; en arabe et en turc. Elle est reprise par des &lt;i&gt;had&#238;th&lt;/i&gt; (paroles cens&#233;ment prononc&#233;es par le Proph&#232;te et ses premiers compagnons), mais son fondement th&#233;ologique est donc incertain et a fait l'objet d'une immense ex&#233;g&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh10-3' id='nb10-3' class='spip_note' title='Notes 10-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Andr&#233; Clot, &lt;i&gt;Soliman le Magnifique&lt;/i&gt;, p. 353.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh10-4' id='nb10-4' class='spip_note' title='Notes 10-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cit&#233; dans Andr&#233; Clot, &lt;i&gt;Soliman le Magnifique&lt;/i&gt;, p. 284.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh10-5' id='nb10-5' class='spip_note' title='Notes 10-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cit&#233; dans Andr&#233; Clot, &lt;i&gt;Soliman le Magnifique&lt;/i&gt;, p. 290.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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