La constitution mise en place en 1926 au Liban sous mandat français est calquée sur celle de la IIIème République française. Mais elle confère au président de la République libanaise un pouvoir encore plus fort. A l’automne 1943, le président de la République Bécharra el-Khoury, qui est maronite et le président du Conseil Riad es-Solh, qui est sunnite, prennent l’initiative de réfléchir à l’intégration des différentes forces communautaires du pays. De leur réflexion nait le Pacte National, qui n’a jamais été rédigé par écrit, et qui repose sur trois principes. Le premier rappelle que le Liban est un Etat indépendant, aussi bien à l’égard des autres Etats arabes que des Etats étrangers. Cette indépendance implique ainsi la nécessité pour les chrétiens de ne pas chercher l’appui d’une autre puissance étrangère, dont la France, et pour les musulmans à ne pas rechercher l’unité syrienne ni arabe. Le deuxième principe affirme l’égalité de tous les Libanais, avec une répartition des emplois publics réalisée en fonction de l’importance numérique de chaque communauté. Le troisième principe réaffirme l’arabité du Liban ainsi que sa coopération avec les Etats arabes de la région, dans la mesure où son indépendance est respectée.
Ces décisions se traduisent par une répartition des différentes communautés libanaises aux fonctions politiques et administratives, répartition établie sur la base du recensement de 1932. Ainsi, le président de la République est maronite, le président du Conseil est sunnite et le président de la Chambre est chiite. La Chambre des députés, qui élit le président de la République, est constituée de 5 députés musulmans et druzes pour 6 députés chrétiens.
Ce pacte, fondateur pour l’histoire du Liban, n’est pas remis en cause jusqu’à la guerre du Liban en 1975.
Bibliographie
Edmond RABBATH, La formation historique du Liban politique et constitutionnel, Librairie orientale, Beyrouth, 1973, 586 pages.
Pierre Agate (ouvrage collectif), Les régimes politiques arabes, PUF, Paris, 1991, 578 pages.

